Pika - l'éclair d'Hiroshima - Actualité manga

Pika - l'éclair d'Hiroshima

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 15 May 2014

"Ce sont les êtres humains qui sont responsables de cette atrocité, pas la fatalité."

En Japonais, "Pika" est l'onomatopée désignant l'éclair. Celui qui frappa Hiroshima le 6 août 1945 fut le plus violent de tous, emportant tout sur son passage, surtout des innocents. Des innocents comme Petite Mi, fillette de 7 ans. Grandissant en période de guerre, elle est en train de manger des grains de riz rosi avec son père et sa mère, quand l'éclair se fait entendre, strident, assourdissant. S'en suit une lumière aveuglante, puis une chaleur insupportable en même temps que des tremblements balayant la maison. Alors que l'incendie se propage, la mère de Petite Mi a pu protéger tant bien que mal sa fille. Le père, lui, est dans les flammes.
Du haut de ses 7 années d'existence innocente, Petite Mi n'a pas le temps de bien comprendre ce qui se passe, que s amère l'emmène : il leur faut partir, s'échapper loin d'ici. Mais dehors, c'est le chaos : la ville n'est plus qu'une vaste pleine en feu, la chaleur et le feux sont partout, les morts, les blessés et les corps boursouflés inondent chacun des pas de la fillette. Au bout de son échappée dans cet enfer créé par l'homme, Petite Mi ne grandira plus jamais.

Prix international de la Paix et de la Culture en 1952 et nommée au Prix Nobel de la Paix en 1986, Toshi Maruki, peintre décédée en 2000, a lutté pendant des décennies pour les désarmement nucléaire, enchaînant manifestations et expositions de ses peintures contre les bombe atomique. C'est pendant l'une de ces expositions qu'elle croise la route d'une femme qui, en 1985, lui inspire la création de Pika - l'éclair d'Hiroshima, album d'une quarantaine de pages nous faisant revivre la première bombe atomique de l'histoire, celle d' Hiroshima, de l'intérieur, et sans la moindre concession textuelle : évocation permanente du chaos, des morts innombrables, des corps mutilés, boursouflés et craquelés, de la chaleur étouffante, du feu qui jonchent la fuite inutile d'une fillette qui n'a pas l'âge de comprendre ce qui se passe.
Les peintures illustrant les textes sont moins claires dans les descriptions, sont un peu plus équivoques mais sont tout aussi choquantes, pénétrantes, incisives dans leur utilisation des corps déformés et des couleurs, grisâtres ou rougeoyantes, évoquant toujours un parfum de danger et de mort suffocant et mettant mal à l'aise.

En une quarantaine de pages, l'artiste croque un album marquant, cherchant la prise de conscience collective tout en achevant son oeuvre en plaçant un espoir sur les générations futures.

"Puissent les enfants à venir empêcher que pareille horreur ne se renouvelle."
  

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15 20
Note de la rédaction






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