Jojo's bizarre adventure - Saison 8 - Jojolion Vol.1 - Actualité manga

Jojo's bizarre adventure - Saison 8 - Jojolion Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Jeudi, 24 Novembre 2016

Critique 3



L’autre soir, un vaste tremblement de terre ébranla l’archipel nippon : il emmena avec lui son lot de disparus et de laissés pour morts. Si cela n’eut point suffit, la commune de Morio est désormais scindée en deux, depuis son nord jusqu’en son sud : affublée d’un étrange rempart naturel de huit mètres en largeur et pour trois mètres de sa hauteur. Ces curieux reliefs agrémentés de surprenants orifices sont appelés, par les enfants du coin, « les murs qui voient »... Ils auraient émergé durant cette nuit de tsunami afin de protéger la ville de ce qui put provenir depuis la mer. Quelque part, aux pieds de ces colossaux massifs de terre, la jeune et joliment gracieuse Yasuho fit la découverte d’un mystérieux jeune homme enseveli pour moitié sous le sol. Il perdait connaissance. Elle se démena tant bien que mal pour l’extraire de cette sorte de sables mouvants... il est entièrement nu, bachi a rayures sur la tête, du genre beau gosse avec deux paires de testicules... Elle est un peu sous le choc. A-t-il bien un quatuor de couilles ? Manifestement… Oui. Néanmoins, et alors qu’il ne se souviendra de rien – ni même de son prénom et moins encore d’où il pourrait venir – les deux âmes soeurs s’entendent à merveille. Hélas, très vite, la situation s’envenime, les évènements les dépassent ; les gens ne sont point toujours ceux que l’on pourrait croire ; la mort est à leur porte : était-ce bonne chose que de venir en aide a ce garçon ?

Au revoir les éperons napolitains ;… Par ici les mystères de Morio…

Après les vapeurs western du rutilant « Steel Ball Run », voici donc que s’en vient amarrer, en nos vertes contrées, les atmosphères sibyllines de l’élégant « Jojolion », huitième saison de la saga à succès Jojo No Kimyo Na Boken : les secrets de la rotation ont été substitués par les troubles de l’amnésie, le cadavre-saint troqué par les « murs qui voient » et la musique des chevaux au galop remplacée par le silence de l’après-catastrophe. En bon auteur, et afin de ne jamais manquer a capturer son lectorat, Araki a toujours alterné les ambiances et variés les genres : les saisons intrépides furent séparées par des parties davantages intimistes : chacun se souviendra du tranche-de-vie « Diamond is unbreakable » et du carcéral « Stone Ocean ». Jojolion s’inscrit dans ce creuset. Au fil des pages, les interrogations s’accumulent et les indices s’entremêlent : une délicieuse confusion s’invite parmi les méninges, elle enrobera le lecteur d’une agréable fatigue. Egalement, l’érudit en la matière n’aura point été insensible aux marques de la saga – « ora », étoile sur l’épaule et une échoppe dénommée « SBR »,… –, mais aussi à quelques empreintes de la partie quatre – un certain Kira, une passion pour les mains et les calmes ruelles de Morio –.

Au-delà de l’espoir d’une mémoire retrouvée, un passé qui n’apporte que le tourment


Il pourrait être considéré, un peu vulgairement, que le présent tome serait divisé en deux parties : le calme avant la tempête, puis la tempête en elle-même, pour ainsi dire... Dans un premier temps, donc, l’auteur déploie un climat regorgeant de mystères è l’aune de la présentation de ses protagonistes principaux : Yasuho et le mâle inconnu apprennent a se découvrir, à s’apprécier… et parfois avec une certaine légèreté : l’humour se veut d’ailleurs assez présent. Comme à l’habitude, Araki sait esquisser des personnages à la fois très singuliers et particulièrement charismatiques. De fil en aiguille, les deux tourtereaux parviennent à remonter la piste qui mènerait, ni plus ni moins, à ce qui serait l’appartement du garçon amnésique. Puis, dans un temps second, la lumière d’espoir, cristallisée par ledit appartement, se transformera en maison des horreurs... la situation dégénère intégralement : une personne semble y être séquestrée, un psychopathe sert de voisin du dessus, Yasuho prend la fuite et Monsieur l’amnésique se débattra tant qu’il pourra dans ce qui deviendra un bourbier... l’auteur fait littéralement monter la tension dramatique et la crème chantilly en maelstrom !

Huitième saison : énième montée en puissance

Nouvelle partie de Jojo est synonyme d’évolutions. Premièrement, le dessin est ici a minima de la trempe des quelques derniers pavés de « Steel Ball Run », avec ces plans serrés sur visages ultra-détaillés portés par un trait fin, ces corps mi-androgynes aux allures de mannequins endimanchés et des planches hautement chargées, mais propres : de l’art au sens strict du terme : attention les mirettes. Puis, d’une certaine manière, l’oeuvre monte un brin en maturité : après la violence de « Stone Ocean », et pour suite à la trame davantage sophistiquée de « Steel Ball Run », ici, ne serait-ce que de par l’intrigue en elle-même, l’auteur semble donner davantage de place à ses personnages, notamment avec ce jeu d’amoureux entre Yasuho et le dandy-marin. Aussi, cette demoiselle-sirène nue qui agrémente parfois les arrières plans pendant la seconde moitié du tome se voudra moins adapté a l’attention d’un trop jeune public ; bien que cela ne soit jamais de mauvais goût, tant cela est habilement amené et articulé par Araki et, de surcroît, avec ce trait qui sublime tout ce que mis en estampe. Ensuite, il aura encore été remarqué une novation dans l’utilisation du pouvoir stand – concept qui a participé, avec d’autres choses, au côté culte de la saga – avec cette sphère qui se détache depuis l’épaule étoilée. Bref, il y aurait bien d’autres choses à dire, mais, pour l’essentiel, il aura été constaté l’implication d’un auteur qui s’efforce, avec une certaine régularité et non sans talent, à parachever son œuvre. Pour en faire quelque chose de quasi-inoxydable : afin de hisser celle-ci plus encore vers les hautes sphères du manga.

Le roi du nekketsu poursuit son épopée… et c’est là un régal sans nom : complètement swag


Jojolion commence puissamment et sans fanfare. Araki avait mis la barre très haute avec les deux premiers tomes de « Steel Ball Run », mais, ici, en un seul ouvrage – quoique, semble-t-il, davantage épais qu’à l’habitude – ledit auteur semble tout autant parvenir à mettre l’eau a la bouche du lectorat et, ceci, dans un tout autre registre. Que soit béni le passage de la licence depuis le Shonen Jump sur son volet Ultra afin de laisser davantage de temps à l’élaboration des manuscrits. Si les prochains tomes venaient à être de la même facture que ce premier livre, alors cette huitième partie livrerait sans nul doute de grands moments comme seul Araki sait en conceptualiser.

En ce qui concerne l’édition, Delcourt-Tonkam produit ici ce qu’il en était pour la précédente partie : quelque chose de sobre, modeste et agréable : le plaisir de lecture est présent ; et, surtout, imprimé dans l’hexagone puis vendu à un prix cohérent et démocratique. Le format se veut souple et confortable à l’appui. L’adaptation du logo est pleine de panache. La couverture est belle, notamment par sa tranche avec ce mélange de rouge et de mauve. Petit bémol s’il en est : il n’y a pas les numéros des pages ; cela n’est point rédhibitoire certes, mais cela pourrait être chose appréciable pour certains lecteurs.


Critique 2


On ne présente plus Jojo’s Bizarre Adventure, nekketsu parmi les nekketsu, faisant partie de ces œuvres qui ont fait du genre ce qu’il est aujourd’hui au même titre que Dragon Ball, ou encore l’injustement boudé en France Ashita no Joe. La saga Jojo a connu un parcours des plus difficiles en France : J’ai Lu propose une première version entre 2002 et 2005, mais n’édite que les quarante-six premiers tomes, soit les quatre premières parties, avant d’abandonner la série. Dès avril 2007, c’est l’éditeur Tonkam qui récupère les droits, opérant la publication de la suite de la série tout en entamant début 2013 une réédition des précédents volets, réédition qui trouvera sa fin en fin de mois avec la sortie des deux derniers opus de Diamond is Unbreakable, la partie quatre. Ce mois de novembre est, pour nous, l’occasion de découvrir l’arc en cours du manga, la huitième partie intitulée Jojolion et démarrée en mai 2011 au Japon, pour une publication comptant treize tomes à l’heure actuelle.

Jojo’s Bizarre Adventure est l’œuvre d’une vie, celle de Hirohiko Araki, si bien que la quasi-totalité de ses travaux traite un seul univers, celui de Jojo. Mais avec la conclusion de la sixième partie du manga, l’auteur a entamé un véritable renouveau de son univers, renouveau marqué par la naissance d’un monde parallèle auquel appartiennent Steel Ball Run et Jojolion. La septième partie du manga a enthousiasmé les fans pour tous les chamboulements proposés, mais qu’en sera-t-il de cette nouvelle saga ? Car après lecture de ce premier tome, fort est de constater que le potentiel de ce nouveau segment de la série est important, et ce pour bien des raisons…

Ville de Morio, année 2011. Après l’important séisme qui a frappé le Japon, la commune a vu naître un étrange phénomène, l’apparition d’une muraille prénommée « les murs qui voient » par les autochtones. En se rendant à ses abords, la jeune Yasuho Hirose découvre un corps enseveli, celui d’un homme qui n’a aucune idée de son identité et ne possède plus aucun souvenir, seule la possession de… deux paires de testicules le caractérisent. Qui est-il ? D’où vient-il ? La rencontre des deux individus est le point de départ de cette quête d’identité tout en sachant que le jeune homme cache un pouvoir des plus particuliers…

Hirohiko Araki est un auteur qui aime briser ses propres codes, il n’a pas hésité à réinventer tous ses concepts de pouvoir avec Stardust Crusaders, et a tout simplement fait table rase sur les événements des six premières parties à la fin de Stone Ocean. Et une nouvelle fois, c’est le renouveau qui prime chez l’auteur et si chaque partie de la saga démarre autour d’un ou de plusieurs héros aux identités définies, il n’en est rien pour ce huitième Jojo dont… on ne sait strictement rien, pas même son nom, ce qui semble d’ailleurs constituer le fil rouge de cette nouvelle histoire. D’entrée de jeu, le lecteur sent que le mystère sera la carte clef de cette nouvelle saison, une aura particulièrement prenante tant le récit s’amuse à nous diriger vers différentes pistes concernant le héros, des indices qui prennent particulièrement bien pour tout lecteur qui serait familiarisé avec la quatrième partie de la série, Diamond is Unbreakable…

Car Hirohiko Araki a beau dire dans sa préface que les parties quatre et huit n’ont rien en commun si ce n’est le cadre de Morio, les faits tendent à montrer le contraire au fil des pages. Le lecteur se retrouve progressivement entouré de références à ce fameux arc précédent, en point qu’il en perde tous ses repères : le héros est-il donc à ranger dans le rang des Jojo, ou n’est-il pas juste l’alter-égo de Yoshikage Kira dans cet univers alternatif ? Rien de concret n’est dit, et c’est bien par toutes ces pistes lancées que le mystère nous happe très rapidement, si bien que le suspense scénaristique aura rarement été aussi fort d’entrée de jeu dans Jojo.
Le lien entre les deux parties est d’autant plus fort qu’il questionne le lecteur sur les nouveaux personnages présentés ici. Dans leurs interactions, seront-ils des copies conformes à leurs alter-égos de la quatrième partie ? Quel sera l’effet miroir global entre les deux arcs ? Car Hirohiko insiste certes sur l’indépendance de Jojolion, il serait étonnant que les échos soient si limités étant donné que Diamond is Unbreakable est son arc le plus personnel…

Qu’en est-il alors du schéma de la série, celui qu’on connaît désormais très bien depuis Stardust Crusaders ? Les Stand font évidemment partie de cette nouvelle saison et là aussi, afin de permettre au nouveau lecteur venu une entrée en matière douce, l’apparition des pouvoirs n’est pas nommée comme telle. Tout comme ce fut le cas dans Steel Ball Run, la septième partie, Araki dote son héros d’une capacité inédite, étrange et indirectement liée à son pouvoir principal, apportant ainsi une certaine innovation par rapport aux précédents arcs. Mais derrière ces nouvelles touches, l’authenticité du style de l’auteur reste intacte : les « combats », si on peut les appeler ainsi, se font à travers des capacités toujours aussi originales et farfelues, rendant alors les joutes particulièrement savoureuses. Gageons que si les pouvoirs semblent capillotractés, Araki évite pour l’instant certains excès, connus par exemple dans Stone Ocean, permettant une compréhension fluide et une entrée directe dans les combats mystérieux de Jojolion.

Visuellement, la claque peut être grande pour ceux qui ont suivi Jojo dans le désordre, voire qui auraient raté quelques parties. La finesse du trait du mangaka est à son apogée, ce dernier ayant gommé quelques imperfections comme son dessin surchargé, donc trop fouillis, qui avait notamment gâché quelques moments de Stone Ocean. Ici, le style de l’auteur est particulier, mais il s’est encore davantage affiné. On notera aussi une esthétique féminine plus « arakienne » que jamais, les personnages féminins étant dotés d’un style élégant, et d’une facette glamour qui leur rend honneur sans avoir à passer par un banal fan-service.

Côté édition, Delcourt - Tonkam livre ici une bonne copie. On salue l’écoute de l’éditeur quant à la demande des fans qui, ne voulant pas d’une collection Jojo dénaturée, a conservé le format shônen tel qu’il fut attribué à Jojo depuis Golden Wind.

Entamer un nouvel arc de Jojo’s Bizarre Adventure a toujours ce quelque chose de captivant puisqu’on entre à chaque fois en terrain inconnu, chaque nouvelle partie étant synonyme de nouveaux personnages, nouveaux enjeux et nouvelle tonalité. Avec ce premier tome de Jojolion, le dépaysement est à son paroxysme puisque la quête d’identité du héros est au cœur même du récit, dès les premiers chapitres. Il ne faut donc pas attendre très longtemps pour se voir immergés par cette vague de mystères ponctués d’affrontements toujours aussi bizarres et inventifs… Jojo, c’est parti, pour la huitième fois, et on ne cesse d’en redemander ! Tant que le génie de Hirohiko Araki lui permettra de se renouveler de la sorte, alors nous suivrons.


Critique 1


Jojo...un nom qui résonne tel un chant épique dans le cœur de nombre de fans, un mot qui résume a lui seul la quintessence du manga... Ce nom va encore continuer de résonner pendant un long moment!

Il y a bien longtemps que nombre de fans l'attendaient, en particulier ceux de première heure ayant découvert la grande et longue saga Jojo avec l'édition déplorable de J'ai Lu!
Est-il nécessaire de revenir sur ce qu'est Jojo's Bizarre Adventure? Il s'agit de l’œuvre d'une vie d'un auteur de génie, Hirohiko Araki, qui a donné naissance à une des plus grandes sagas de l'histoire du manga s’étendant sur plusieurs générations! On y suit un "Jojo", un héros à travers des aventures toujours plus folles et chaque partie laisse place à une nouvelle génération de personnages liée par le sang avec les précédentes! Après Jonathan, Joseph, Jotaro, Josuke, Giorno, Jolyne et Johnny, place désormais à...vous verrez bien!
A cela s'ajoute un concept simple, mais diablement efficace, repris par de nombreux mangakas qui auraient rêvé d'avoir une idée aussi géniale: les Stands! Il s'agit de la matérialisation de "l'esprit combatif" d'une personne lui conférant des capacités plus ou moins étranges. Les Stands n'existent qu'en un seul exemplaire et possèdent de nombreuses règles...règles que Araki lui-même s'amuse à transgresser pour mieux nous surprendre!
Jojolion est donc la huitième partie, la plus récente, toujours en cours au Japon avec déjà treize tomes! Et ce premier opus de cette nouvelle génération n'est rien de moins que le 105e opus de la saga!

En enchaînant les parties explorant à chaque fois des univers différents, avec des personnages différents, l'auteur prend le risque que l'ensemble soit assez inégal, et si généralement les parties 3 à 5 font l'unanimité, la sixième avait perturbé nombre de fans, notamment à cause d'un style graphique trop chargé, de délires parfois difficiles à suivre. Mais la septième partit, Steel Ball Run a réussi à séduire tout le monde, d'autant que l'auteur repartait quasiment à zéro avec une nouvelle généalogie...
Pour ces quelques raisons, Jojolion était grandement attendu par la communauté de fans extrêmement fidèles de Jojo, et puis découvrir une nouvelle aventure dont on ne sait rien, explorer l'inconnu a toujours quelque chose d'excitant...alors quand on est accompagné par Hirohiko Araki, on y va les yeux fermés!

La petite ville de Morio fut autrefois une ville paisible sans histoire, mais depuis le tremblement de terre qui a ravagé le Japon, d'étranges phénomènes s'y produisent, à commencer par cette faille surélevée apparue du jour au lendemain, s’étendant sur plusieurs kilomètres, baptisée "les murs qui voient". Personne ne s'explique ni sa présence ni son origine... Mais à côté de ça, la vie suit normalement son cours...
Excepté pour la belle jeune fille Yasuho Hirose qui un beau jour, à proximité de cette faille étrange, découvre le corps d'un jeune homme totalement nu enseveli dans la terre. Ce dernier est amnésique et semble posséder d'étranges capacités que ni lui ni elle ne sont capables d'expliquer. Suite à quelques péripéties, la jeune fille décide d'aider cet inconnu à retrouver son identité...et ce qui s'annonçait comme un simple retour au domicile du jeune homme se transforme en lutte acharnée pour la vie au milieu d’événements étranges qui se multiplient!

Quel plaisir!  Mais quel plaisir de découvrir une nouvelle partie de Jojo! Et c'est d'autant plus fascinant quand on a fait l'effort de ne pas se spoiler sur le net, qu'on découvre ce premier opus, vierge de toute information!
Et il ne faut pas attendre bien longtemps avant de retrouver l'ambiance propre à la saga, maîtrisée d'une main de maître par Araki!

Retour à Morio donc, petite ville qui fut le théâtre des aventures de Josuke et de ses compagnons dans la quatrième partie! Et bien que l'auteur nous précise en commentaire sur la note de couverture qu'il n'y a aucun lien, on les cherche tout au long de la lecture...et surtout on les trouve!
Avant toute chose il convient de reposer le contexte: suite à la conclusion de la sixième partie, l'auteur avait commencé une nouvelle généalogie au sein d'un univers parallèle à celui qui occupait les six premières parties. Ainsi cette huitième phase se déroulerait a priori dans l'univers de Steel Ball Run, la septième partie, à ceci près que cette fois l'auteur a fait un grand bond en avant dans le temps! Et par extension si Johnny était l'équivalent de Jonathan, le nouveau "Jojo" devrait être l'équivalent de Josuke...mais l'auteur préfère maintenir le suspens en nous présentant un personnage principal totalement amnésique, et au-delà du suspens il va même jusqu'à brouiller les pistes sur son identité! Coup de bluff, coup de génie!

Pour le moment ce qu'on retient c'est qu'on a bel et bien une famille Higashikata (nom de Josuke), bien que le personnage correspondant ne soit pas mis en valeur; avec le personnage de Yasuo on a également un "Hirose", renvoyant à Koichi; et surtout, on a même un Kira Yoshikage, le terrible antagoniste de la quatrième partie!
L'auteur pense aux fans, il nous sème des pistes, fait de nombreux liens, mais vient malgré tout nous perturber en renversant la situation, un petit plaisir qu'il faut découvrir par soi même!
D'ailleurs il est amusant de constater que Araki fait également référence à Steel Ball Run, avec une boutique: SBR - since 1891! On peut ainsi en déduire que même si ce n'est pas dit explicitement, nous sommes bel et bien dans l'univers et la continuité de la septième partie!

Ainsi l'auteur a décidé de faire appel à des connaissances du lecteur (mais se fait plaisir également, puisque la quatrième partie est sa préférée, mais aussi celle de nombreux lecteurs), tout en nous chamboulant et en nous bousculant!
Mais la surprise vient d'ailleurs, ne serait-ce que l'introduction qui est tout ce qu'il y a de plus surprenante! Jamais une partie de la saga n'avait commencé de manière aussi étrange et inattendue! Systématiquement nous découvrions un héros qui plus ou moins rapidement se retrouvait plongé au milieu de choses étranges, d'individus plus ou moins excentriques et / ou dangereux... mais là dès les premières pages nous pénétrons un univers qui nous est totalement inconnu avec des règles qu'on ignore! Les choses étranges sont déjà survenues, et ce qui suivra n'en sera que les conséquences, il suffit de découvrir dés les toutes premières pages notre héros nu comme un ver, enseveli, sans le moindre souvenir de qui il est et de ce qu'il fait dans cette situation...il apparaît évident que l'auteur souhaite nous plonger dans une situation similaire à celle de son protagoniste, perdu au milieu de choses qui nous échappent, simples spectateurs d’événements qu'on ne comprend pas...et si c'est déstabilisant, c'est également particulièrement séduisant!
Pour contrebalancer avec cette introduction quelque peu déstabilisante, il fallait que le lecteur puisse se raccrocher à quelque chose, des éléments familiers...et bien ces éléments ce sont en premier la ville de Morio et ensuite les personnages, qui, s’ils nous sont inconnus, sont rattachés à d'autres qu'on a bien connus! On peut donc s'attendre à retrouver le côté étrange et malsain de cette petite ville, celui qu'on avait découvert et tant apprécié dans la quatrième partie...cela n'en est qu'encore plus stimulant!

Bien entendu, pour ceux qui en douteraient, les Stands sont bel et bien présents, il ne faudra pas attendre longtemps pour que l'auteur les mette en avant, contrairement à Steel Ball Run, où ils ont longtemps été absents.
Ainsi dès ce premier tome nous découvrons "Soft And Wet", le Stand de notre inconnu à l’identité mystérieuse et il aura fort à faire pour lutter contre un adversaire possédant également un Stand!
C'est rassurant (à supposer qu'on se soit inquiété) de voir que l'auteur n'a rien perdu de son originalité et que dès le départ il nous propose des Stands aux capacités encore jamais vues, totalement inédites, que lui seul était capable d'imaginer!

Il faut également mentionner que l'auteur fait référence au séisme ayant ravagé le Japon, il mélange donc fiction et réalité, et se sert de ce drame national pour le départ de son intrigue, sans doute pour exorciser le traumatisme que lui et ses compatriotes ont connu, d'autant que Fukushima est la ville de Araki...
On pourrait presque en déduire que l'auteur transpose à nouveau sa vie avec celle de ses personnages, comme il l'avait déjà fait dans la quatrième partie en mettant beaucoup de lui dans le personnage de Rohan Kishibe qui était comme par hasard mangaka... Par extension Morio serait un peu sa ville à lui, l'équivalent de Fukushima dans la fiction, ville ayant vécu un traumatisme et dont il faut désormais gérer les conséquences, réapprendre à vivre après le drame...Ce que les personnages vont devoir faire, tout comme Araki a dû le faire!

Et que dire du dessin? On retrouve avec un immense plaisir et sans surprise le trait unique, si personnalisé de Araki! Chaque planche est une œuvre d'art! Les personnages sont fins et détaillés, les arrières plans le sont tout autant, apportant un véritable cachet à la ville de Morio, tout en sachant laisser des blancs lorsqu'il le faut, donnant l'impression que cette partie sera peut être moins surchargée que les précédentes, et donc plus lisible encore.

Ce premier tome se révèle riche en informations, riches en surprises, mais surtout riche en perspectives...nous entrons à peine dans une phase où tout est encore à découvrir, où à ce stade il est impossible de savoir où l'auteur souhaite nous amener, mais quelque soit la direction qu'il souhaite prendre, nous le suivrons aveuglément avec le plus grand des plaisirs, en tout cas cela commence plus que bien, et nous renouvelons sans la moindre hésitation notre confiance envers l'auteur!

Oraoraoraoraoraoraoraoraoraora!!!!!!


Critique 3 : L'avis du chroniqueur
Alphonse

18 20
Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

18 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Erkael

18.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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