Illegal rare Vol.1 - Actualité manga

Illegal rare Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 19 October 2015

Les chimères, des êtres mi humains, mi-créatures, sont les cibles perpétuelles de traques en tout genre, allant du scientifique œuvrant pour la recherche médicale ou le simple chasseur de gibier. Ces créatures, on les surnomme les « Illegal Rares ». La situation est devenue critique, si bien que de nombreuses espèces sont en voie de disparition.
Axl fait partie d’une cellule fraîchement mise en place pour protéger les Rare des traqueurs en tout genre. La particularité du jeune homme est d’être un Black Vampyr, une condition qui lui octroie des capacités physiques particulièrement développées. Luttant de tout cœur pour la liberté de ses confrères Rares, Axl se lance à corps et âmes dans une lutte contre ceux qui chassent les siens.

L’une des nouveautés shônen de Delcourt pour cette rentrée 2015 est un shônen issu du Jump en quatre volumes dont l’auteur parlera sûrement à beaucoup. Hiroshi Shiibashi est le papa de Nuya le seigneur de Yokai, c’est donc après avoir conclu sa série majeure qu’il se lance dans un nouveau récit de monstres aux inspirations mythologiques diverses. Néanmoins, Illegal Rare semble faire partie de ces nombreuses séries du magazine dont la popularité n’a jamais décollé et qui s’est vu arrêté prématurément, au bout de quatre pauvres opus. Si parfois les lecteurs japonais passent à côté de titres qui valent le détour, ce n’est pas vraiment le cas pour ce premier tome dont la platitude nous fait comprendre pourquoi la série n’a pas marché.

Afin de planter son décor, ce premier tome utilise la recette classique des courtes histoires qui s’étalent sur peu de chapitres. Au final, on décompte trois arcs narratifs sur ce seul premier tome, chaque récit ayant pour but de présenter une mission de la brigade de protection des Rares à laquelle appartient Axl. Et c’est justement là que le tome démarre mal puisque chacune de ces histoires, en plus de ne pas briller d’originalité, ne parvient pas à gérer ses ficelles. Peu de surprise pour chaque aventure qui se résout systématiquement de la même manière (et vous devinerez laquelle en comprenant qu’Axl est un vampire surpuissant comme on en voit des tonnes actuellement), sans compter qu’elles ne parviennent jamais à faire ressortir l’intensité dramatique qu’elle tente de traiter. Pour cela, il aurait mieux valu faire durer un arc sur la longueur afin d’apporter des rebondissements, traiter réellement les personnages et leurs conditions, rendre les adversaires moins manichéens et plus crédibles, chose que ce premier tome ne fait jamais. Au final, l’absence d’enjeux et de réelle trame narrative bloque. Les missions ne sont pas forcément ennuyeuses, mais ne parviennent jamais à nous émoustiller, l’action se déroule sous nos yeux sans qu’on en attende réellement quelque chose.

Ce premier tome aurait pu se rattraper en présentant des personnages intéressants, en les traitant davantage ou les rendant un poil complexe, chose que le titre aurait pu faire étant donné le contexte intéressant de l’œuvre qui oppose des êtres hybrides à la société humaine, chose que Tokyo Ghoul a par exemple bien développé. Il n’en est finalement rien et les trois quarts des personnages sont des caricatures sur patte, ne bénéficient d’aucun traitement ni point d’interrogation quand ils ne se contentent pas de faire de la simple figuration et se démontrent parfaitement superficiels comme nous le prouvent Mirror la sirène ou tout simplement Axl qui se contente d’être un beau ténébreux sympathique à la force démesurée. Finalement, ce sont les personnages secondaires que sont le loup-garou et la licorne qui ressortent davantage, même si pour ce dernier les approfondissements du personnage sont si mal exploités qu’ils n’apportent aucune émotion.

Finalement, c’est graphiquement que ce premier tome s’en sort le mieux puisque Hiroshi Shiibashi fait preuve d’une grande maîtrise de son trait et le dote d’une grande richesse de style notamment par rapport aux bêtes mythologiques parfaitement représentées et qui octroient à ce premier opus des moments d’action très agréables qui rendent alors le divertissement efficace, si on oublie tout ce qu’il tente de traiter autour. C’est dommage, car avec un pareil style, les débuts d’Illegal Rare auraient pu être convaincants si l’auteur avait pris la peine de mieux penser son histoire et ses scénarios.

Du côté de l’édition, Delcourt nous offre un volume sans fausse note, en gérant particulièrement bien toutes les références mythologiques, bien qu’elles soient pour l’heure assez simplistes. Les habitués des shônen et shôjo de l’éditeur ne seront pas dépaysés quant au format qui reste dans les standards proposés par l’éditeur.

Avec ce premier tome, Illegal Rare semble malheureusement montrer qu’il fait partie de ces séries du Jump arrêtées par manque de qualité. Le potentiel de la série était pourtant là, d’autant plus que le mangaka possède un style graphique vraiment plaisant, mais ce sont toutes les lacunes scénaristiques du titre, son absence d’enjeux et ses personnages sans saveur qui nous empêchent de nous plonger avec enthousiasme dans ce premier tome. On n’espère donc pas une oeuvre globalement convaincante, mais à défaut, peut-être que les trois volumes restants proposeront des intrigues plus travaillées afin de nous faire passer un bon moment ?


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

8 20
Note de la rédaction






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