Gakuen Ouji - Playboy Academy Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Lundi, 11 July 2011

Le lycée privé de Joshioka est un établissement d’élite. Au départ, il ne réservait ses portes qu’aux jeunes filles brillantes mais depuis peu, il est devenu mixte. Tous les garçons, qui sont en très large infériorité de nombre, sont rassemblés dans la « classe S » où seules les plus chanceuses demoiselles ont le droit d’étudier. Il est bon de préciser qu’au vu de la pression de travail qui pèse sur les épaules de ces jeunes filles, elles compensent toutes par une libido excessivement développée, totalement incontrôlable et elles se jettent sur tout ce qui bouge. Quitte à violer leurs camarades masculins. Fraichement arrivé dans le lycée, Mizutani découvre que pour un garçon, les possibilités de survie sont très faibles. Premièrement, être particulièrement moche. Dommage, il ne rentre pas dans cette catégorie. Deuxièmement, devenir une idole inaccessible que l’on vénérerait plus qu’autre chose. Echec, au vu de sa banalité et de son physique plus virile qu’idol potentiel. Reste deux options : accepter d’assurer sans distinction les pulsions sexuelles de toutes les filles qui le souhaitent, ou se mettre en couple et ne pas déroger de son amour éternel pour une seule et même fille. Le jeune homme, peu enclin à devenir un jouet sexuel pour filles détraquées, choisit la dernière option. Et évidemment, il va jeter son dévolu sur la première fille saine d’esprit (et sans doute la seule du lycée ?) qui passe : Rise Okitsu, qui était là au mauvais endroit au mauvais moment. Seulement la jeune fille n’avait rien demandé, et voilà qu’elle se retrouve la cible de brimades particulièrement violentes de la part de ses camarades.

Dans un premier temps, l’idée qui nous vient est : mais qu’est ce que c’est que ça ? L’auteur chamboule toutes nos représentations du manga, qui plus est du shojo. Heureusement que la couverture prévient que la lecture est réservée à un public averti ! En effet, on s’attendait à un genre de switch girl au vu de la couverture, un peu plus caricatural dans le sens inverse du terme, peut être. Eh bien ... non. Les filles de ce shojo sont totalement folles, au point de violer le premier garçon qui passe, lui donner du viagra, l’attacher et employer des mots crus et représentatifs. Cet aspect un peu dérangeant, violent parfois lors d’abus sexuels ou de brimades, dérange en premier lieu. On n’a pas l’habitude de voir des jeunes hommes soumis aux désirs de lycéennes, on a même plutôt l’habitude de voir les lycéennes de shojo embrasser quelqu’un au bout d’à peu près cinq volumes, en moyenne. On se délecte alors de cette ambiance plus adulte, quoique vraiment exagérée à l’extrême, et de l’humour qui en découle. Il faudra néanmoins prendre la lecture au second degré, au vu de l’ambiance survoltée qui régit la narration. Ça bouge, ça avance, mais au final Rise souffre de ses brimades, Mizutani la libère, se fait acculer par les femmes de son école, et Rise décide de supporter tout cela pour le tirer d’affaire. C’est donc une héroïne forte et intrépide que l’on rencontre avec plaisir, et l’on voit bien que l’auteur prend son temps pour développer des sentiments dans cet univers totalement imaginaire mais, il faut bien l’avouer, drôle. En effet, l’auteur ne rentre pas dans le vulgaire comme on pourrait le croire et c’est en assumant parfaitement son manga qu’elle nous amuse et nous plait, en dépit de la surprise première qui mettra un peu de temps pour s’en aller. On a cependant hâte de voir les relations entre tout ce petit monde évoluer !

L’édition fait un très bon travail sur la traduction, n’hésitant pas à employer des termes crus et réalistes dans la bouche d’adolescents de leur âge, ce qui colle parfaitement à l’ambiance du manga et lui offre crédibilité et pertinence. Dommage, toutefois, que seules certaines onomatopées soient adaptées tandis que d’autres sont seulement traduites. Les graphismes de l’auteur, enfin, sont assez simples mais permettent de bien identifier les personnages importants de la masse de filles inutile qui se colle derrière, et donne bien à Mizutani cet aspect un peu lâche et perdu qu’il aborde constamment dans son attitude. De même, Okitsu est merveilleusement caricaturée de l’héroïne victime d’ijime, et se révèle bien plus forte que prévu dans certains plans absolument délicieux où on la voit, telle un monstre, révéler sa force de caractère et sa violence. En effet, elle tape beaucoup et c’est avec simplicité et efficacité que l’auteur dessine ses sentiments. Dommage que les décors soient parfois oubliés, notamment dans les rares plans où l’action ne prend pas toute la place ! Bref, un premier tome véritablement étonnant, qui nous amène à nous questionner quant à nos attentes en matière de shojo. Prometteur mais légèrement dérangeant tout de même, on reste sur nos gardes et on ra voir plus loin pour vérifier si une construction solide se profile ou non à l’horizon.


NiDNiM


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
NiDNiM

15 20
Note de la rédaction
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