Astra - Lost in Space Vol.4 - Actualité manga

Astra - Lost in Space Vol.4

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 20 September 2019

Chronique 2

Échoué sur la planète Icriss, l'équipage fait face à une étonnante surprise : un autre vaisseau, identitque au leur, à l'abandon. A l'intérieur, ils découvrent son dernier membre en cryogénisation. La passagère répond au nom de Polina, et rapporte que son navire s'est échoué il y a plus d'une décennie... Au final, le séjour de l'équipage sur Icriss pourrait être le lieu de bien des révélations.

On approche doucement de la fin de la série, et la conclusion du troisième tome amenait une surprise de taille. Forcément, l'amorce de cet avant-dernier volume s'intéresse au fameux second Astra, et surtout à sa seule rescapée, un nouveau personnage répondant au nom de Polina. Évidemment, celle-ci amène son lot d'informations, quelques renseignements plutôt étonnants sur lesquels Kenta Shinohara reste évasif. On le comprend au fil du tome, et notamment sur l'incroyable twist final de celui-ci : la nouvelle venue apporte très certainement de nouvelles pièces au puzzle complexe de l'intrigue d'Astra – Lost in Space.

Car ce puzzle, il commence à approcher de la fin de sa reconstitution. Ainsi, le séjour sur Icriss est le moyen pour l'auteur d'acheminer un très grand nombre de révélations qui viennent totalement chambouler le scénario de la série. Clairement, la série méritera une relecture avec toutes les données en tête pour s'apprécier avec une seconde vision. Car oui, Kenta Shinohara chamboule tous nos acquis mais surtout ceux de ses personnages, et ce avec des informations pensées depuis le début ! Des révélations dures, cruelles même, qui coïncident totalement avec ce traitement finalement pessimiste sur la notion de famille.

Car la famille, la vraie, celle du cœur, elle est bel et bien constituée par les membres de l'Astra. A ce titre, l'auteur établit le juste milieu entre le quota de révélations, et l'évolution des relations entre personnages. On retrouve cette patte légère (voire comique) et touchante déjà omniprésente dans Sket Dance, le plus dingue ici étant sans doute que cette tonalité se marie à merveille avec l'atmosphère plus lourde liée au scénario principal. Kenta Shinohara continue donc de nous livrer un cocktail assez unique, un récit de science-fiction et de tranche de vie spatiale qu'il développe avec une identité qui lui est propre.

Il en résulte un quatrième volume qui nous fait passer par toutes sortes d'émotions. On s'amuse comme on s'émeut face au développement de quelques personnages, le nouveau personnage de Polina pique notre curiosité par rapport à quelques secrets qu'elle garde encore bien enfouis, tandis que le très grand lot de révélations vient tout bonnement nous secouer et nous pousser à relire les trois premiers tomes avec un regard neuf. C'est habile et ingénieux, et c'est ce qui rend ce quatrième volume puissant du début à la fin.

Maintenant, il ne reste plus qu'un tome avant la conclusion de la série. Etant donné l'événement final de ce volume, amener une conclusion maîtrisée est totalement possible, et il ne fait aucun doute que le cinquième opus sera d'une intensité folle. Mais, surtout, on est déjà un peu chagriné de devoir dire adieu prochainement à ces personnages terriblement attachants... Néanmoins, on ne peut que leur espérer une issue optimiste. Verdict dans le volume final !


Chronique 1

"Je serai... le souvenir de votre existence..."


Arrivés sur Icriss, la quatrième planète-étape de leur périple, nos jeunes héros de l'équipage B5 ont entamé une exploration d'ores et déjà riche en surprises, puisqu'ils viennent de tomber sur un vaisseau identique à l'Astra ! Et leurs émotions ne s'arrêtent pas là: en visitant ce vaisseau abîmé et hors-service, ils finissent pas découvrir un message d'appel à l'aide puis, dans la salle de cryogénisation, une femme endormie là depuis un temps d'abord inconnu. Unique rescapée de la mission "Ark 6" qui a eu lieu 12 ans auparavant donc en 2051, la russe Polina Livinskaya a tout d'abord besoin de reprendre des forces. Mais sa présence, via les informations et interrogations qu'elle amène, risque de bouleverser en profondeur les membres de l'équipage B5, de façon encore plus dramatique et inattendue qu'on ne pourrait le croire...

Toujours dans leur voyage visant à regagner leur chère planète, nos héros poursuivent avant tout cette quête en prenant toujours soin de ne rien négliger: exploration de la nouvelle planète où ils ont atterri, découverte du climat, de la faune et de la flore endémiques où l'auteur régale toujours pour ses idées de concepts et de designs cohérentes, recherche d'un moyen de réparer leur vaisseau, accumulation de vivres en vue de la reprise du voyage... Kenta Shinohara, sans forcément trop traîner sur ces différents aspects, les évoque toujours suffisamment afin de croquer une aventure toujours aussi immersive, recherchée et crédible. D'autant plus crédible que dans ce contexte, ce sont aussi certains personnages qui continuent d'évoluer, et ce ne sont pas Quitterie et Zack qui diront le contraire !

L'entente désormais solide entre nos héros et héroïnes, ainsi que l'humour, restent alors encore présents... et pourtant, ce sont bien des révélations fracassantes qui les attendent, la présence de Polina les amenant à s'interroger sur certaines choses étranges. La russe nouvellement arrivée, tout en dévoilant sa propre petite histoire touchante, se pose en effet des questions et fait plusieurs petites remarques, par exemple sur la ressemblance entre Quitterie et Funicia alors qu'elles n'ont pas les mêmes parents, et cela ne peut qu'inciter Kanata, Zack et les autres à s'interroger de plus belle. Pourquoi ont-ils tous été réunis pour ce voyage ? Quel est exactement le point commun qui semble tous les réunir ? Qui a a priori orchestré leur naufrage dans l'espace ?

La quatrième de couverture du tome montrant les personnages en larmes, affichant des expressions dramatiques, et pour cause: ce qu'ils vont apprendre sur leur situation, sur eux-mêmes, sur la raison de tout ceci, dépasse l'entendement, et Kenta Shinohara bluffe complètement tant il maîtrise sa narration et son histoire. Le mangaka arrive à amener des révélations difficiles à prévoir totalement, alors même que de nombreux indices étaient présents. Ou, tout du moins, pas mal d'éléments prennent désormais un tout autre sens. Pourquoi Yunhua devait faire profil bas aux côtés de sa mère et pourquoi elle chante si bien, pourquoi Luca n'a pas de genre défini, pourquoi le père de Kanata lui imposait tant d'entraînements physiques, etc etc... On constate une nouvelle fois que l'auteur n'a rien négligé depuis le début et que tout s'emboîte parfaitement pour retourner les personnages autant que les lectrices et lecteurs. Et en cerise sur le gâteau, il parvient facilement à intriguer comme il se doit sur un autre cas légèrement à part dans tout ceci, celui d'Aries.

"Je suis moi, et c'est tout ce qui compte !"

Il en résulte certains sujets plus prégnants que jamais, autour des mensonges des adultes, de la notion de famille qui est totalement éclatée ici, mais aussi autour de la question de l'identité et de l'existence même de ces jeunes. Des jeunes certes bouleversés par ce qu'ils découvrent, mais qui conservent malgré tout leur cohésion, leur volonté de regagner leur planète, et leur désir de simplement vivre leur vie et leurs rêves. Ils restent alors tous attachants, mais comme si ça ne suffisait pas, Shinohara trouve encore le moyen d'offrir dans les toutes dernières pages un coup de théâtre supplémentaire qui relance encore la machine.

"Peu importe les circonstances, les membres de cet équipage restent joyeux, forts, et invincibles."

Cet avant-dernier volume a beau être un peu moins épais que ses gros prédécesseurs, il se révèle donc extrêmement riche, surprenant et bluffant. Parfaitement maître de son scénario, Kenta Shinohara ne fait que confirmer tous ses talents de conteur, et nous laisse sur une très forte attente quant à la conclusion, dans le prochain volume, de cet impressionnant "space opera" pas comme les autres.
  

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

17.5 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

17.75 20
Note de la rédaction






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