Angolmois Vol.2 - Actualité manga

Angolmois Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 10 January 2020

Chronique 2

Aidés par des soldats du royaume de Goryeo (l'ancêtre de la Corée, grosso modo), les guerriers de l'empire Mongol sont bien décidés à entamer leur invasion du Japon par la baie de Hakata, quitte, pour cela, à devoir d'abord éradiquer toute résistance sur l'île de Tsushima se trouvant sur leur route. Ainsi, malgré leur bravoure, le maître de l'île Sukekuni Sô et son fils héritier ont été tués et décapités. Face à des envahisseurs en surnombre, sans pitié et montrant des tactiques et armes inconnues, la princesse Tehuri, les habitants et les quelques guerriers de l'île semblent dépassés, malgré leur bravoure. Mais après avoir revêtu l'armure emblématique du défunt Sukekuni, l'exilé Jinzaburô Kuchii décide de prendre les choses en mains...

Cela donne donc lieu, dans le début de ce deuxième tome d'Angolmois, à une nette intensification de la première vraie bataille de la série entre Japonais et Mongols. Frôlant parfois l'exagération dans certains exploits mais sans jamais vraiment tomber dedans, Nanahiko Takagi offre une petite bataille facilement prenante grâce à la fluidité et densité de son trait, à une exploitation simple mais efficace de certains personnages, à quelques brefs éléments tactiques rapides mais suffisants, et à l'utilisation brève que quelques figures historiques (comme Obusuma Saburô) permettant de rendre le récit plus vraisemblable.

En somme, on a là un début de tome prenant, mouvementé, et préparant bien le terrain pour une suite ne faisant qu'enrichir de plus belle les choses tout en relançant déjà le conflit. Ainsi la fin du tome nous amène-t-elle jusqu'à une nouvelle phase audacieuse de cette bataille, nos héros cherchant à prendre les devants en voulant discrètement attaquer de nuit le camp mongol quelque peu affaibli. Les petites éléments stratégiques sont toujours là, de même que le suspense autour du sort de certains personnages, ou que la réalité sale de la guerre (surtout pour les simples civils). Et le mangaka en profite aussi pour enfin se centrer un tout petit peu plus sur le camp ennemi, chose qui manquait dans le tome 1, essentiellement en présentant rapidement deux figures historiques guerrières du camp mongole importantes en Kim Bang-Gyeong et Fuheng Liu (qui ont donc réellement existé, si l'on en croit les documents historiques).

Mais avant d'en arriver à ce nouveau moment de conflit et de tension nous promettant un 3e opus mouvementé et intense, l'auteur, pendant toute une partie de son récit, continue de prendre soin de développer et d'enrichir certaines autres choses, surtout au niveau des personnages. On reste curieux de voir le rôle qu'aura le "purificateur" Hangan Nagamine. On reste séduit par Tehuri qui, derrière son statut de princesse et évidemment al tristesse de la perte de ses proches, garde un caractère fort ainsi qu'n e certaine audace. Et, surtout, tout comme elle, on ne sait que penser de Kuchii, personnage principal décidément étonnant dans les différentes facettes qu'il montre. Pouvant être doué au combat, tacticien assez bon et pourvu d'une bonne part d'audace, il garde également des parts plus sagaces et démontre plus d'une fois qu'il n'est pas un enfant de choeur, ne serait-ce que quand il ordonne d'abandonner certains habitants aux mains des ennemis pour que les autres puissent s'en sortir. Surtout, quelques dizaines de pages viennent éclaircir une facette de son passé familial à Kamakura, un passé à la portée tragique, qui pourrait même émouvoir un brin le lecteur là où, pourtant, le principal concerné semble peu s'émouvoir de ses souvenirs...

Des enjeux qui continuent de s'intensifier, des personnages principaux intéressants à commencer par un héros quelque peu surprenant, divers petits enrichissements clairs, le tout sous un coup de crayon efficace: après un premier volume prometteur, ce deuxième tome d'Angolmois ne fait qu'affirmer un peu plus le potentiel de la série, en attendant un troisième opus s'annonçant a priori encore meilleur.


Chronique 1

Sukekuni Sô, le gouverneur de l'île de Tsuhima, et son fils trouvent la mort dans le premier assaut mongol. Après avoir endossé l'armure du fondateur du clan, l'exilé Jinzaburô Kuchii mène les soldats restants à l'assaut contre l'envahisseur, conduisant une victoire éclatante. Grâce à lui, les habitants de Tsushima pourront peut-être survivre jusqu'à l'arrivée des renforts alliés, dans sept jours...

Le premier tome d'Angolmois a constitué une très bonne surprise, et ce second volume vient confirmer tout le potentiel de la série. L'entrée en matière s'est avérée prenante, et cette suite se révèle toute aussi efficace, explorant la lutte contre l'envahisseur mongole de différentes manières, et le tout porté par un protagoniste toujours si particulier.

Car il faut reconnaître que Jinzaburô Kuchii porte sur ses épaules une grande part de l'intérêt de ce volume deux. Ambigu, difficile à cerner et désintéressé, le protagoniste a pourtant droit à un développement qui ne fait que renforcer les doutes qu'on pouvait avoir à son sujet. Pourtant, Nanahiko Takagi en garde encore sous le coude, l'écriture de Jinzaburô étant partie pour constituer un des éléments forts de la série.

En parallèle, le récit décuple son intérêt en exploitant différentes pistes politiques et militaires. L'heure est aux ralliements avec d'autres forces locales, l'auteur prépare le terrain pour différentes potentielles alliances, et ce tout en développant déjà une contre-attaque truffée de rebondissements. Les tactiques militaires dépeintes, si elles n'ont pour le moment pas la densité de celles de Kingdom, sont suffisamment variées pour créer un réel intérêt au sein du récit. Pour un début de série, le mangaka montre beaucoup d'imagination et parvient à prendre efficacement le contexte géographique et historique pour créer une crédibilité à tous les instants.

Alors, en parallèle à des dialogues qui viennent étoffer le protagoniste, la situation des forces de Tsushima et les alliances en place, cette suite offre des moments de guerre intenses et malins, créant des rebondissements à partir des tactiques alliées comme ennemies. L'adversaire mongole comment à être développé, lui aussi, afin de paraître comme une menace moins abstraite et beaucoup plus consistante.

Meian a donc vu juste en proposant les deux premiers tomes d'Angolmois d'une traite. Un poil différent du premier opus, ce second volume démontre des facettes différentes de la série mais se révèle tout aussi prenant, du début à la fin. Le cadre est instauré, et il y a désormais de quoi avoir hâte de suivre la lutte de Jinzaburô et des soldats de Tsushima. Sans avoir l'aura d'un Kingdom (dont la comparaison sera inévitable), le titre a sa propre identité et suffisamment de qualité pour être prenant à sa manière.
   

Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.75 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

15.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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