The Alexis Empire Chronicle Vol.1 - Actualité manga

The Alexis Empire Chronicle Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 15 September 2020

Voici déjà un paquet d'années que les adaptation de light novels sont à la mode, et les éditions Doki-Doki ne sont pas les dernières sur ce créneau avec des titres comme The Rising of the Shield Hero, Mushoku Tensei, Classroom for Heroes, ou plus récemment Why Nobody Remembers My World?. Cependant, cette fois-ci, exit l'isekai ou la fantasy des titres cités précédemment: avec The Alexis Empire Chronicle, place à une oeuvre de guerre en monde imaginaire qui se veut sombre et dure.

A l'origine de cette oeuvre, on trouve donc Waga gyôyû ni furueyo tenchi ~ Arekushisu teikoku kouryuuki, une série de romans écrite par Akamitsu Awamura, un écrivain également connu au Japon pour le light novel Seiken Tsukai no Kinju Eishou, qui fut lui aussi adapté en manga et même en un anime qui est connu à l'international sous le nom World Break (diffusé en France en 2015 sur Crunchyroll). Illustré par Tamagonokimi, Waga gyôyu ~etc~ est toujours en cours chez l'éditeur SB Creative, et c'est en 2018 que son adaptation manga a été lancée chez Square Enix. Cette version manga est signée Yû Satô (ou Isamu Satô), dont c'est a priori la toute première série.

Le moins que l'on puisse dire est que l'oeuvre nous plonge d'emblée dans un contexte sombre et brutal, où ça tranche sec ! Au sein de l'Empire de Klaud, la paisible province d'Alexis, emmenée par sa suzeraine la vaillante et charismatique Rosalia, est prise dans une bataille contre le royaume ennemi d'Admorf. Le rapport de force entre les troupes des deux camps semble largement jouer en défaveur d'Alexis, mais la province comte dans ses troupes des combattants d'excellente facture, en tête desquels Rosalia qui, forte de son expérience et de son leadership, sait toujours motiver son camp. Et parmi les plus proches guerriers de cette femme se trouve Léonate, son propre neveu, enfant bâtard de l'Empereur qui fut répudié, chassé, et qu'elle a recueilli en lui offrant en Alexis un territoire idéal pour être heureux... et c'est ben pour ça que ce jeune garçon est lui-même déterminé à protéger la province qu'il chérit, ses habitants si accueillants et, bien sûr, sa précieuse tante ! Hélas, tout le monde au sein de Klaud ne semble pas l'entendre de cette oreille. L'Empereur n'est plus qu'un pantin entre les mains de ceux qui gouvernent réellement, à savoir les nobles et plus particulièrement les 4 Patriarches, des riches qui se fichent bien de ce qui peut se passer tant que ça ne touche pas leurs privilèges. Sur ces terres corrompues, le sort d'Alexis semble déjà scellé de manière tragique... mais cela pourrait ben signer également l'avènement d'un jeune garçon avide de vengeance, voué à peut-être devenir un héros et à rétablir la justice dans l'Empire.

Après des toutes premières pages d'introduction présentant efficacement le récit comme un conte folklore et héroïque, la légende de Léonate début donc par un long prologue qui occupe l'essentiel de ce premier tome, et qui donne bien le ton en ne faisant pas dans la dentelle. Dans les faits, aucune surprise quant au déroulement de cette bataille, forcément expliqué dès le synopsis en 4e de couverture (difficile de faire autrement), et donc rien d'étonnant non plus dans les événements les plus marquants autour du sort d'Alexis et de certains personnages. Cependant, cette longue introduction est essentielle pour nombre de choses: nous présenter le contexte principal autour du conflit Klaud/Admorf et de la place d'Alexis là-dedans, expliquer vite et bien la situation familial de Léonate ainsi que le refuge accueillant qu'il a u trouver auprès de Rosalia à Alexis, évoquer la pourriture qui gangrène l'Empire à cause notamment des nobles... et tut ceci se fait donc dans la violence et le sang de la guerre.

Et à ce titre, l'oeuvre n'épargne rien. Dans le fond, certaines stratégies de guerre se veulent particulièrement rudes dans leur réalisme avec des troupes réellement poussées dans leurs dernières limites, on pense notamment à la manière dont les soldats se retrouvent totalement affamés au point de perdre pied, de devoir dévorer leurs précieuses montures et de ne pas être loin de céder au cannibalisme. Et dans la forme, Yû Satô ne prend pas de pincettes et offrent pas mal de scènes sans concession, avec membres tranchés et sang qui coule à flots. Bienvenue dans la réalité d'un conflit on ne peut plus cru.

Mais au-delà d'une violence efficace tant elle sert bien l'aspect sombre et dur du récit, le dessinateur impressionne surtout par la densité de son coup de crayon, réellement impressionnant, surtout pour une première série. Dans un monde que l'on imagine volontiers inspiré d'une Europe médiévale/antique fictive au vu du nom de certains dieux (Arès, Athéna), de l'architecture des bâtiments et des armures, Satô livre des designs denses (mention spéciale à Roselia en "vieille badass et cicatrisée") qui s'intègrent parfaitement et avec clarté dans des décors omniprésents et eux aussi très riches, pour un résultat en immersion totale. La mise en scène se veut souvent pleine d'impact, il y a un fort désir d'apporter de la profondeur dans les plans, et toute ceci est accentué par un très bon travail d'encrage et de tramage.

Après cette phase d'introduction de plus de 160 pages, peut alors commencer l'histoire à proprement parler, à savoir la naissance d'un éros folklorique en Léonate, déterminé avant tout à récupérer Alexis, ce qui l'amènera forcément à affronter tout ce qui gangrène l'Empire et probablement les pays ennemis comme Admorf. Il pourra évidemment compter pour ça sur des soutiens importants comme ses plus loyaux sujets et la jolie Sheala aux stratégies acérées, et out commence ici par le besoin d'éliminer les troupes de brigands sévissant dans tout le pays et dont les nobles se fichent royalement, quand bien même cela met le peuple en péril. Mais c'est peut-être précisément là qu'arrive la première limite de l'oeuvre, dès lors que l'on découvre, das la principale troue de brigands présentée ici, de la bonne grosse caricature de messieurs très très violents et très très ingrats physiquement. Il sera possible de trouver que Satô en fait un peu trop, mais il reste que c'est aussi l'une des atroces réalités d'un pays en train de sombrer. Autre petite chose: on peut se demander pourquoi tout le monde est en armure pendant la guerre sauf Sheala, qui est elle aussi exposée mais qui se promène malgré tout en gros décolleté. Petit détail qui flattera l'oeil des uns et agacera vaguement les autres.

Au bout du compte, il y a forcément peu de surprises dans cet épais premier volume de plus de 230 pages qui fait essentiellement office de prologue, mais on peut dire que Yû Satô et Akamitsu Awamura nous immergent à merveille dans un récit sombre et sans doute voué à être épique, grâce à un contexte bien posé, à un ton dur sans la moindre concession,et à e impressionnante densité visuelle.

Quant à l'édition, elle jouit d'une traduction très efficace de Frédéric Malet, d'un lettrage soigné du studio Charon, d'une première page en couleurs appréciable, et d'une excellente qualité d'impression sur un papier parfois très légèrement transparent mais bien épais.
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

15.75 20
Note de la rédaction






MN Actus
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