A 25:00 à Akasaka

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 15 October 2019

Après le plaisant Souci d'amour en tout début d'année, la mangaka Hiroko Natsuno est revenue en septembre dans la collection Hana avec une nouvelle mini-série, composée de 5 chapitres (plus un petit bonus) compilés en un seul tome d'un peu plus de 200 pages. De son nom original 25ji, Akasaka de, A 25:00, à Akasaka fut, comme son prédécesseur, prépubliée dans le magazine OnBlue de Shodensha, et il s'agit donc de la deuxième oeuvre de la jeune carrière de cette autrice.

Natsuno nous plonge ici dans l'univers des acteurs, et plus précisément sur le tournage d'un drama ayant pour thème l'homosexualité. Jeune acteur n'ayant eu jusque-là que des petits rôles ne lui suffisant même pas pour subsister, Yuki Shirasaki se retrouve soudainement propulsé dans l'un des deux rôles-phares de ce nouveau drama, en tant que partenaire d'Asami Hayama, un jeune acteur adulé dans le pays (notamment par les femmes qui ne résistent pas à sa mine séductrice) et faisant office de véritable étoile montante. particulièrement heureux de jouer auprès de Hayama, Shirasaki est bien décidé à donner tout ce qu'il peut pour livrer la meilleure performance possible... quitte à donner de sa personne, littéralement. Un soir, après une soirée bien arrosée, le voici dans le même lit que Hayama. Il ne se passe pas forcément grand chose, mais Shirasaki, face à cet acteur qui lui avoue être gay, est désireux d'en profiter pour approfondir toujours plus son jeu d'acteur. Sans forcément se rendre compte tout de suite que derrière le jeu d'acteur, son coeur bat réellement pour Hayama.

C'est une histoire on ne peut plus classique que nous offre ici Hiroko Natsuno, pour un résultat néanmoins assez bien campé, dans la mesure où la mangaka, tout du long, va assez bien jouer sur la frontière entre le jeu d'acteur des deux héros et leurs sentiments réels, une frontière évidemment vouée à être de moins en moins évidente jusqu'à disparaître. En cela, certaines idées sont bien amenées, comme le fait que Shirasaki séduise de plus en plus le staff et le public par son jeu d'acteur si criant de vérité... ce qui est normal, puisque l'on devine bien qu'il joue de moins en moins la comédie et qu'il est sincère.

En dehors de ça, les deux personnages centraux sont assez bien campés, même si classiques. Tandis que Shirasaki est un jeune héros assez attachant dans son évolution faite de volonté et d'une toute petite pointe de fragilité, Hayama fait figure de beau gosse vedette s'assumant assez bien, même si'l ne sait d'abord pas toujours comment réagir devant son partenaire. En revanche, on regrettera beaucoup le manque de présence et d'intérêt total de tous les autres personnages.

Visuellement, on retrouve ici le trait assez fin de l'autrice, qui se focalise avant tout sur ses deux héros, souvent au détriment de décors qui sont, la plupart du temps, soit standards, soit absents. Natsuno sait véhiculer beaucoup de choses dans les yeux riches et pétillants de ses personnages principaux (surtout ceux de Shirasaki), et prend soin de leur look, de leur tenue, jusqu'aux plis des vêtements. L'érotisme des quelques baisers est palpable, là où les instants encore plus hot sont, eux, plus basiques dans leur représentation.

Au final, on a là une histoire classique, mais dans l'ensemble plaisante à parcourir. On aurait sans doute apprécié un peu plus d'approfondissement sur certains points, mais l'essentiel est assuré. Au niveau de l'édition, Delphine Desusclade livre une traduction honnête, l'impression est bonne, le papier est suffisamment épais, sans transparence et souple, et on a droit à une première page en couleur.
     

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

13.75 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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