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Resident Evil - Revelations

Le test du jeu video:

Publié le Mardi, 31 Octobre 2017

Parmi la liste exhaustive de jeux Resident Evil, Resident Evil Revelations fait partie des épisodes de la saga les plus exploités par Capcom. D'abord sorti sur 3DS en 2012, le jeu est ensuite porté sur Wii U, PS3, Xbox 360 et PC. En cette année 2017, les consoles Playstation 4 et Xbox One ont accueilli le volet, tandis qu'un portage sur Nintendo Switch est prévu pour le mois de novembre 2017, en même temps que la version Switch de Revelations 2.
Un volet surexploité donc, au point que chaque annonce de portage prête à sourire. Mais si Capcom conserve cet épisode sur la durée, c'est aussi parce qu'il s'agit de l'un des volets les plus appréciés de l'ère HD des Resident Evil, ce grâce à un petit retour à l'angoisse qui a fait son effet dès la sortie de la version initiale du jeu, en 2012.

Situé chronologiquement entre Resident Evil 4 et Resident Evil 5, Revelations puise dans les codes modernes de la saga, tout en en cherchant à placer le joueur dans un climat d'angoisse, chose que les opus 5 et 6 n'avaient pas vraiment fait. Le jeu propose un intrigue qui s'inscrit dans le grand scénario des Resident Evil et propose d'incarner différents binômes de personnages avec, en vedette, Jill Valentine et Parker Luciani, acolyte qui ne sera présent que le temps de cet opus. Chris Redfield est aussi de la partie, accompagné lui aussi par une camarade inédite : Jessica Sherawat. Clairement, Revelations semble rapidement cibler les joueurs qui ont frissoné avec les premiers volets, en reprenant les deux anciens agents iconiques des STARS, aujourd'hui voués à la lutte contre le bioterrorisme.



Un scénario dense mais fouillis

La scénario se déroule quelques temps avant Resident Evil 5. Une année avant le déroulement du jeu, la ville artificelle de Terragrigia fut rayée de la carte après un incident de bioterrorisme causé par le groupe Veltro, censé être dissout aujourd'hui. Un an plus tard, alors que le spectre de Veltro subsiste, l'organisation FBC gère la lutte internationale contre le terrorisme biologique, appuyé par le BSAA. C'est dans ce climat que Jill et Parker du BSAA, partent à la recherche de Chris et Jessica, dont le signal a disparu. L'unique piste existante les mène sur le Queen Zenobia, navire abandonné, mais ils ne semblent pas seuls. Rapidement, ils se rendent compte que le vaisseau est infesté de créatures mutantes engendrées par le virus T-Abyss, celui conçu par Veltro et qui causa la panique de Terragrigia...

Telle est l'intrigue de Resident Evil Revelations. Pourtant, dans les premières minutes, le jeu n'en dit pas tant et se contente d'amener Jill, incarnée par le joueur, et Parker sur le navire à la dérive Queen Zenobia. A la manière d'un Resident Evil classique, le scénario est ensuite développé de différentes manières : témoignages de victimes trouvés ci et là, quelques cinématiques, mais aussi par énormément de changements de climats, le jeu invitant le joueur à incarner différents groupes de personnages, parfois à des moments différents de l'intrigue, avant de comprendre tout l'engrenage complexe. Et honnêtement, tout n'est pas simple à comprendre si on ne reste pas un minimum concentré sur les différentes clefs scénaristiques que le titre nous propose. Le scénario en lui-même n'est pas tellement plus inventif que les précédent, mais il se base sur des successions et complots et des trahisons à tout va à travers trois factions distinctes : le FBC, le BSAA, et le groupe bioterroriste Veltro. Pour faire simple, le jeu va conter l'ascension du BSAA et apporter un élément menant à Resident Evil 5, ce qui constitue de légers développements appréciables au sein de la fresque Resident Evil. Mais le schéma et l'incrustation parfois bancale des éléments narratifs pourra perdre quelques joueurs, à tel point que Capcom a fourni, avec son collector, un DVD explicatif du background du jeu.



Entre retour aux sources et renouveau du gameplay

Le joueur le sent dès les premières minutes de jeu : la force de Revelations ne s'annonce pas tant du côté du scénario, mais plutôt par ce qui est proposé en terme de gameplay et d'ambiance. Si on incarne certes un agent bien armé, que ce soit Jill, Chris ou d'autres personnages, le ton se veut régulièrement glaçant. A l'instar des premiers épisodes de la saga, les premiers moments ont le mérite d'être stressants, l'armement étant léger et l'éclairage plutôt faible, sans compter le décor de navire délabré qui fait son effet, instauré une tension certaines sur la première heure. Mais Revelations est aussi l'héritier du quatrième opus, un volet qui démarrait de manière stressante avant de virer vers le jeu d'action bourrin et explosif. Revelations évolue d'une manière très similaire : plus le temps passe, et plus le joueur se voit armé, tandis que les séquences d'effroi se font de plus en plus rares bien que certains passages maintiennent le stress grâce à des environnements sombres ou des ennemis coriaces ou imprévisibles. Finalement, passé les premiers instants, le jeu ne fait plus peur mais sait proposer de bons instants, notamment pour l'un de ses éléments : ses gameplays qui se renouvellent plutôt bien.

L'un de ces éléments, c'est le Genesis, un appareil servant à scanner les corps infectés afin de regagner des herbes de soin (un certain kamoulox pour le coup), mais surtout de retrouver des objets dissimulés, des munitions notamment. Ainsi, le joueur est contraint d'avancer méticuleusement via cet appareil, ce qui ralentit sa progression mais le rend aussi victime de quelques surprises, comme un ennemi inattendu qui surgirait pendant qu'on inspecte soigneusement les alentours... Le jeu prend aussi plaisir à instaurer différentes phases : des moments d'énigmes qui ne relèvent pas de l'impossible mais reste bien trouvé sans casser le rythme, des boss retords qui piquent ponctuellement la difficulté du jeu, une phase piégé au sol où seul le vidage de chargeur permettra de survivre, ou l'utilisation de mitraillettes blindées pour affrontées des créatures géantes. Capcom exploite même la hantise des joueurs de titres d'aventures, celle des niveaux sous-marins, pour nous offrir des séquences aquatiques pas forcément désagréable, et particulièrement stressantes dans la toute dernière étape du jeu.

L'épisode étant tout de même orienté action et s'inscrivant dans l'héritage du quatrième opus, il propose sa propre vision de la customisation des armes, plutôt sympathiques. En récoltant des pièces de rechange, parfois bien dissimulées, le joueur gagne des atout qu'il peut attribuer à une arme, sachant que chaque équipement à une limitation de ses slots. Alors, au joueur de se montrer habile pour créer l'armement le plus efficace, très utile contre certains boss pas évidents.

Alors oui, si les débuts de Resident Evil Revelations sont stressants, le jeu ne s'axe pas exclusivement autour de cette ambiance et cherche surtout à divertir par sa manière de renouveler, tout en parvenant à entretenir un aspect horrifique à certains moments clefs.



Place au RAID

Chaque Resident Evil aime proposer son mode de jeu alternatif pour ponctuer l'aventure. Outre le mode Campagne (terme bien vulgaire pour désigner le mode histoire), le titre propose au joueur le mode Raid, au sein duquel la règle est assez similaire au mode Mercenaires : survivre contre une horde d'ennemis. Le joueur évolue ici dans des niveaux distincts, au nombre de vingt au total. Tous se débloquent au fil de l'aventure principale de Revelations et gagne progressivement en difficulté. L'objectif est simpliste et consiste à anéantir l'ensemble des ennemis, qui ont ici une barre de points de vie, le joueur ayant des munitions assez limitées mais pouvant customiser sa partie en changeant d'arme, de personnage ou de costume. A savoir, les points gagnés permettent de débloquer davantage de contenu, rendant le mode assez addictif pour ceux qui apprécieraient le style.



Ambiance kitsch américaine et doublage

Capcom a le sens de l'autodérision. Voyant que sa saga s'inscrit de plus en plus dans les codes du jeu d'action typiquement américain et que son scénario se montre souvent très nanar, le développeur a assumé cette orientation à 100%, instaurant du kitsh de plusieurs manières. D'abord, le découpage en épisodes, véritable parallèle avec les séries d'action américaine. Mais surtout, c'est la narration résumant les événements précédents, à chaque début d'épisode, qui prête à sourire. En soit, celui qui arrive en cours de jeu ne comprendra rien au résumé proposé, mais pourra bien s'amuser face à un spectacle si grotesque, mais voulu.

Enfin, notons que le jeu propose différents langages, japonais notamment, ce qui est très rare dans la saga, mais aussi en français. En 2012, quelques temps avant Resident Evil 6, Revelations a été l'un des premiers à instaurer les voix françaises dans la saga, avec le spin-off « Opération Racoon City ». Aussi, ce premier doublage est de facture tout à fait correcte, notamment parce que les comédiens ont saisit leurs rôles et savent donner les bonnes intonations, exercice pas forcément évident dans un jeu d'aventure, sachant que le doublage se fait sur aucun ou très peu de visuels, en ce qui concerne la pratique sur le jeu-vidéo. Le résultat n'est guère étonnant quand on voit les moyens mis par Capcom et le casting de premier choix proposé : Marie Zidi (fille du réalisateur français Claude Zidi) pour incarner Jill Valentine, Cédric Dumond (Francis dans Malcolm ou Kamina dans Gurren Lagann) campant un Parker bienveillant et sympathique, Alexandre Gillet (voix française d'Elijah Wood notamment) qui propose un Raymond solitaire et même inquiétant, et même Marie-Eugénie Maréchal (voix française par Keira Knightley et Kirsten Dunst, par exemple) pour une Jessica qu'on aura du mal à cerner jusqu'à la toute fin. Borin Rehlinger, lui, signait pour la première fois une interprétation de Chris Redfield, avant de reprendre le rôle sur les épisodes 6 et 7, mais malheureusement pas dans Vendetta, contrairement à Gilles Morvan qui est resté fidèle au poste de Leon S. Kennedy, y compris dans les films d'animation (sauf Degeneration).
Bref, un casting quatre étoiles et qui a brillamment accompli son rôle, rendant l'immersion totale en français. Si ce n'est pas une vraie surprise en 2017, la pratique était moins bien passée auprès de nombreux fans en 2012, certains u ayant vu un affront fait à la saga Resident Evil (et rebelote avec le sixième opus).



De la 3DS à la PS3, puis à la PS4...

Resident Evil Revelations a subi différents portages. Ce n'est pas un épisode prévu pour les consoles de la génération PS4 ou Xbox One, et cela se ressent dès les premiers instants sur le jeu. Pour quelqu'un qui jouerait essentiellement aux jeux actuels, il faudra un certain temps d'adaptation, notamment parce que les graphismes sont inférieurs aux standards du moment, de manière logique, et que certains effet de détonation ou de destruction montrent clairement que le jeu a initialement été fait pour une console à la puissance de la 3DS. Reste que le jeu s'apprécie par l'expérience proposée et que son pris très modéré est une excellente opportunité pour ceux qui n'auraient jamais touché à cet épisode.
Aussi, le portage ne propose aucune modification, le jeu proposé sur la 3DS étant resté intact. Capcom a même peut-être eu tort de ne pas inclure de plus-value sur cette version, ceux qui se sont procuré les montures précédentes de ce premier Revelations n'ont donc pas grand intérêt à revenir sur cette version 2017.

Chroniqueur: Takato


Note de la rédaction








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