Garçon et la bête (le) - Actualité anime

Garçon et la bête (le)

Critique du dvd : Garçon et la bête (le)

Publiée le Mardi, 08 Août 2017

Après "La traversée du Temps" en 2006, "Summer Wars" en 2009 et "Les enfants loups" en 2012, Mamoru Hosoda est revenu en 2015, réglé comme du papier à musique, avec un chef-d’œuvre de poésie tous les trois ans, avec "Le garçon et la Bête" (en attendant celui qui sortira en 2018...précis et cyclique on vous dit)! 


Produit par le studio Chizo, le film n'arrive chez nous qu'en janvier 2016 et remporte immédiatement un succès critique...amplement mérité! 


Ren, jeune garçon de neuf, vivait seul avec sa mère après que son père les ait abandonnés...mais celle-ci vient de décéder et il se retrouve désormais seul, adopté par sa famille. Mais le jeune garçon est empli de colère et s'enfuit, se retrouvant à errer dans les rues. 


Au détour de l'une d'elles, il croise un homme bourru caché sous une capuche...qui se trouve être un ours doué de parole! 


Tout en le suivant, il va emprunter un mystérieux passage dans  une ruelle et va ainsi pénétrer dans le monde des bêtes, où vivent, cachés du monde des hommes, des créatures attendant de se réincarner! 


L'actuel maître des bêtes est sur le point d'atteindre le rang de divinité et se cherche un successeur. Deux candidats potentiels se disputent la place: le talentueux et respecté Iozen, ayant de nombreux disciples notamment ses deux fils; et Kumatetsu, un ours mal léché au caractère peu commode, habitué à la solitude et apprécié de bien peu de monde. Et pour prétendre au titre de grand maître, il lui faut un disciple...Et aussi étrange que cela paraisse, et contre l'avis de tous, y compris de ses rares amis, Kumatetsu va choisir Ren, un enfant humain comme disciple! 


Mais l'entente entre les deux est bien compliquée, d'autant que Ren n'a jamais demandé à être le disciple de qui que ce soit! Refusant de donner son nom au colossal Kumatetsu, ce dernier va baptiser le garçon Kyuta (Kyu signifiant "neuf"...et il se trouve que Ren a neuf ans au début de l'histoire). 


Mais contre toute attente, n'ayant nulle part où aller, Kyuta va resté auprès de Kumatetsu dans le monde des bêtes et malgré leurs incessantes disputes, il va apprendre de ce puissant guerrier, devenant officiellement son premier disciple...


Sans trop le savoir, bien qu'on puisse s'en douter si on connaît les œuvres précédentes de Mamoru Hosoda, on part pour un magnifique voyage de deux heures qui comme son nom le laisse supposer va nous proposer une quête initiatique mettant en scène un garçon et une bête! 


Et une grande partie de l’intérêt de ce film va justement reposer sur le lien unissant ces deux personnages, tous deux solitaires et rejetant les autres... Après des débuts très difficiles, ils vont apprendre à se supporter et apprendre l'un de l'autre! 


Effectivement, même s'il s'établit un lien de maître et d'élève, Kumatetsu a autant à apprendre de Kuyta que l'inverse! Si le vieil ours mal léché va apprendre au jeune garçon l'art du combat, Kumatetsu va apprendre à son contact la patience et l'amour! 


Au départ tous les opposent, si ce n'est justement cette solitude et leur caractère peu évident. 


Kumatetsu rejette les sentiments, chose qu'il juge superflue. Ils sont issus de deux mondes différents, de deux races différentes...et c'est là tout l'art de Hosoda, il va malgré tout créer un lien fort, renvoyant sans peine à la paternité. 


Et cette relation sera plus mise à l'épreuve lorsque Kyuta / Ren retournera dans le monde des hommes et retrouvera son père... S'il s'avère être son père biologique, que ce dernier veut rattraper le temps perdu, il n'est pas celui qui l'a élevé et passé du temps avec lui, il n'est pas celui qui l'a vu grandir jusqu'à devenir un beau jeune homme! 


Les questions tournant autour de la solitude, de l'accomplissement de soi et de la parentalité sont chers à l'auteur et ici il les traite avec beaucoup de tendresse et de subtilité apportant un ton fort et touchant, sans pour autant oublier l'humour et la légèreté. Mais le film va aussi apporter son lot de moments plus graves et plus sombres, ne serait-ce que l'introduction nous présentant un jeune garçon en colère envers tout le monde après la mort de sa mère, mais aussi dans cette conclusion poignante! 


Tout au long du film on trouve une ambiance onirique, l'auteur marquant une grande différence entre le monde des bêtes, gai et coloré, avec celui des humains où les teintes se veulent plus sombres, ou on ressent une sorte d'étouffement, comme pour mieux insister sur la magie de ce monde parallèle. 


La réalisation du film est absolument superbe, qu'il s'agisse des environnements ou de l'animation parfaitement fluide! Il se veut magnifique en tous points, au sens propre comme au figuré! 


Amateur d'animation japonaise ou non, ce film saura séduire un large public et se doit d'être vu ne serait ce que pour le superbe message de tolérance qu'il véhicule! 

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Erkael

18 20


Note de la rédaction





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