Re:Zero – Premier arc : Une journée à la capitale Vol.1 - Actualité manga

Re:Zero – Premier arc : Une journée à la capitale Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Mardi, 17 Octobre 2017

Critique 2
Re:Zero est l'un des phénomènes du moment, un peu à l'instar de Sword Art Online entre 2012 et 2015. A l'origine un light-novel écrit par Tappei Nagatsuki et illustré par Shinichirô Otsuka, la licence s'est étendue à différents formats et fut popularisée par l'adaptation animée du studio Whitefox en 2016.Profitant du succès de la licence, Ototo n'a pas tardé à offrir différentes versions de l'histoire aux lecteurs. Si c'est Ofelbe, le pan littéraire du groupe entre autres, qui publie le roman illustré d'origine,  Ototo a en charge les différentes adaptations manga, publiées progressivement dans l'hexagone. Le premier segment est un récit en deux tomes par Daichi Matsuse, un mangaka à l’œuvre globale assez maigre, qui signe ici l'adaptation du premier volet du light-novel original. Sous-titré « Premier arc : Une journée à la capitale », le titre s'annonce clairement comme une porte d'entrée idéale dans l'univers de Re:Zero.
Subaru Natsuki est un lycéen qui se trouve désormais dans un sacré pétrin : alors qu'il rentrait tranquillement de la supérette près de chez lui, le jeune homme se trouve mystérieusement téléporté dans un monde parallèle, un univers de fantasy comme il en a connu dans les mangas et les jeux-vidéo. Égaré et sans le sou, Subaru se retrouve vite aux prises avec trois brigands de la mystérieuse cité où il a atterri. Sauvé par une belle inconnue aux cheveux argentés, Subaru tombe sous le charme et décide de lui rendre la pareille. Mais lors de leur quête, les deux jeunes gens sont sauvagement assassinés. C'est alors que Subaru rouvre les yeux à l'endroit même de la cité où il a été invoqué...
Par son pitch, Re:Zero ne semble pas prendre de gros risques. L'histoire d'un individu invoqué et bloqué dans un monde de fantasy est récurrente ces dernières années, si bien que ce type d'intrigue est devenu un genre à part entière aux yeux de certains : le genre du Isekai. Re:Zero semble associé cette mécanique à celle de la boucle temporelle, qu'on a par exemple connu avec All You Need is Kill, il n'y a pas si longtemps. Plus-value pour le titre ? Oui, mais pas seulement. Le récit, tiré du light-novel de Tappei Nagatsuki, a pour qualité de s'assumer entièrement, ce dès les premières pages. Subaru est un adolescent au regard assez cynique, fin connaisseur des mondes de fantasy, aussi ses réactions décalées font souvent le charme de ce premier tome qui se situe clairement dans l'exposition.
En effet, pas de batailles dantesques pour le moment, et rien ne dit que ce sera le cas un jour. Ce premier volet occupe une bonne part de son temps à présenter l'univers par le regard de Subaru, un héros particulièrement à suivre, et ses ambitions limitées et tout aussi fun, à savoir les sentiments qu'il éprouvera très rapidement envers "Satela", la mystérieuse beauté aux cheveux d'argents. En résultent alors un rythme plutôt posé et un ton des plus frais pour le genre, ce qui ne manquera pas de happer les lecteurs qui cherchent un peu de nouveauté dans ce type de récits de fantasy typiquement japonais.
Le concept de la boucle temporelle, l'une des forces de la série, est bien présent dans ce premier tome, mais n'est pas encore exploité à sa juste valeur, un défaut qui n'en est pas vraiment un puisque justifié par le déboussolement du héros. Le lecteur a conscience que Subaru peut revivre les heures qui précèdent sa mort, mais pas le héros, ce qui lui permet alors de revivre les événements sous un regard encore innocent et présenter l'intrigue actuelle sous différentes facettes. C'est même une bonne idée de l'écrivain d'origine d'utiliser le concept dans le but de poser le récit sans hâter forcément le protagoniste, ne serait-ce sur le plan narratif, le déroulement de ce premier tome étant alors original et intéressant en terme de développement de l'univers.
Le tome étant arrivé en France peu avant le light-novel, on pouvait se questionner sur son rapport à l’œuvre originale. Ici, Daichi Matsuse se montre très fidèle au roman initial : il ne cherche jamais à s'en éloigner et essaie même de respecter son rythme. Certains éléments passent forcément sous silence, notamment certaines pensées de Subaru difficilement adaptables en manga, mais l'auteur restitue habilement tous les éléments de la première partie du premier opus du light-novel. Ce premier arc du manga est une adaptation qui ne prend donc pas beaucoup de risques, mais qui réussit à transposer efficacement le récit d'origine.
Visuellement, Daichi Matsuse a un trait particulièrement convaincant, fin et précis, qui transpose avec aisance les personnages initialement designés par Shinichirô Otsuka. Sa mise en scène est aussi très juste et vive lorsqu'il est question d'action et de pouvoirs, on est même curieux de voir comment le mangaka s'en sortira avec la bataille qui conclut ce premier arc.
Concernant l'édition, Ototo fait un travail fidèle à ses habitudes. Le papier est de qualité par son épaisseur, la traduction de Yoan Giraud efficace, et la couverture d'un très bel effet par son vernis sélectif.
Bon point de départ pour Re:Zero, donc. Par son ton posé, le récit peut facilement envouter son lecteur, tandis que le concept de la boucle temporelle apporte un peu de fraîcheur au genre et que les premiers personnages présentés s'avèrent plaisants à suivre. Reste à savoir où toute cette aventure mènera Subaru et si les mécaniques de l’œuvre lui permettront de se renouveler, mais pour le moment, on suit le récit avec intérêt.

Critique 1

Re:Zero... Si vous suivez un peu l'actualité manga/anime régulièrement, il semble impossible d'être passé à côté de ce nom ces derniers mois.
A l'origine, il s'agit d'un light novel écrit par Tappei Nagatsuki et illustré par Shinichirô Ôtsuka, toujours en cours depuis 2012, figurant dans le top 10 des ventes japonaises de la première moitié d'année 2016, et prévu en France aux éditions Ofelbe à partir du 8 juin.
A partir de 2014, cette série de romans en plusieurs arcs se voit adaptée en manga. Dessinée par Daichi Matsuse pour les pages du magazine Comic Alive de Media Factory sous le titre Re:Zero kara Hajimeru Isekai Seikatsu - Daiisshou - Outo no Ichinichi Hen, la première série manga est bouclée en deux tomes et adapte l'arc 1 du light novel. L'arc 2 se voit à son tour adapté, toujours en 2014, en un manga fini en 4 tomes, mais cette fois-ci publié chez Square Enix et dessiné par Makoto Fuugetsu. Et depuis 2015, c'est l'arc 3 qui est en cours d'adaptation, et pour l'occasion on retrouve la maison d'édition Media Factory ainsi que le dessinateur Daichi Matsuse.
Mais par chez nous et à l'international de façon générale, c'est l'année dernière que le titre s'est réellement fait connaître, en connaissant d'avril à septembre 2016 une adaptation animée qui fut diffusée en France sur Crunchyroll et qui a rencontré un succès retentissant dans de nombreux pays, notamment grâce à son concept et à ses personnages rapidement devenus très populaires.
Au vu de l'énorme succès de la série animée, il était certain que Re:Zero intéresserait du monde en version papier. En attendant le light novel, c'est donc Ototo qui ouvre le bal avec l'adaptation manga du premier arc, sachant que les adaptations des arcs suivants sont d'ores et déjà prévues.

Re:Zero nous invite à suivre un jeune garçon qui se retrouve plongé dans un autre monde et acquiert un étrange pouvoir : la "mort réversible", une capacité qui lui permet de revenir à la vie à chaque fois qu'il meurt afin de changer le cours des choses...
Ce jeune homme de terminale, Subaru Natsuki, ne s'explique pas vraiment comment il a pu se retrouver comme téléporté dans un monde typé fantasy, simplement en sortant de la supérette où il avait l'habitude de faire ses courses. Et à vrai dire, il ne s'en étonne pas longtemps du tout, et est même plutôt excité. Cette entrée en matière peut vraiment étonner, tant Subaru semble très vite s'adapter à la situation... mais au moins, le récit démarre rapidement, très rapidement, pour ensuite ne souffrir d'aucun temps mort.
A peine arrivé dans ce monde, notre héros se retrouve confronté à trois bandits qui veulent le dépouiller, et il ne doit son salut qu'à l'intervention d'une sublime demi-elfe aux cheveux argentés et de son esprit félin. Pour Subaru, qui en tant qu'amateur d'univers fantasy a un faible pour ce type de demoiselle, c'est le coup de foudre. Et, en prétextant avoir une dette envers elle, il décide de tout faire pour l'aider dans sa quête : retrouver l'insigne qui lui a été volé. Mais la tâche va vite s'annoncer périlleuse, car en tenant une piste les amenant sur les traces d'une jeune voleuse des bas-quartiers de la ville, Subaru et sa nouvelle compagne ne savent pas encore qu'ils vont mourir... Avant que le jeune garçon ne rouvre les yeux, à l'endroit même où il est apparu dans ce monde.

Ici, nous sommes vraiment dans une mise en place, marqué par les premières rencontres et par l'installation du concept.

Sans être novateur, ce concept de "mort réversible", qu'on peut vraiment rapprocher d'un système de "checkpoint" ou de sauvegarde dans un jeu vidéo, s'avère bien installé, surtout dans la mesure où Subaru va mettre du temps à percuter ce qui lui arrive. Ainsi, quand arrive sa "première mort", il revit sa première journée dans ce monde en se confrontant aux mêmes soucis (l'impossibilité d'acheter une pamme/pomme, les bandits, la recherche de l'insigne...), mais en pensant simplement avoir rêvé auparavant. Ce n'est que sur la longueur, en mourant encore, qu'il commencera à comprendre la nature de l'unique "pouvoir" qu'il a acquis en arrivant dans ce monde...

Et parlons justement de l'absence de pouvoir de notre héros. Hormis cette "mort réversible", Subaru débarque dans ce monde typé fantasy en n'ayant absolument aucune capacités grandiose, là où, par exemple, la voleuse est d'une redoutable agilité, la demi-elfe peut utilise rune magie de glace et faire apparaître un esprit félin... On a donc un personnage principal qui n'a rien de particulier, hormis sa volonté. Cela peut le rendre assez "proche de nous", car il reste un humain comme les autres.

Pour autant, Subaru est un personnage principal auquel on peut facilement s'identifier, mais aussi s'attacher car il présente un caractère plutôt plaisant. Un peu bête parfois, il a surtout pour lui un certain franc-parler, ainsi qu'une volonté de fer. Cette volonté, elle se ressentira parfaitement dans son désir de gagner la confiance de la demi-elfe, et de la protéger, tâches qui ne seront pas forcément aisées... Le jeune homme amuse même un petit peu dans son désir de faire parler ses connaissances des mondes de fantasy : s'il a l'occasion de vérifier certains clichés du genre, d'autres passent à la trappe, comme quand il s'attend à être sauvé des bandits par une fille qui passe par-là. Il aura aussi quelques occasions de voir que ce monde n'est peut-être pas aussi fantaisiste qu'il l'espérait.

Les autres personnages apparaissant pour l'instant sont, eux aussi, plutôt bien mis en place. Forcément, ils répondent globalement aux gros stéréotypes de la fantasy, entre la demi-elfe élégante et magnifique, la petite voleuse hyper agile, ou le vieux costaud, et Subaru est bien le premier à le constater. Il ne faut donc pas s'attendre à une originalité folle dans ces personnages, ni même dans l'univers global qui, pour l'instant, reste plutôt pauvre (on apprend peu de choses sur le monde en lui-même, hormis des détails sur l'argent par exemple). Mais le fait est que l'oeuvre sait rendre sa palette de personnages plaisante, tout aussi stéréotypés ceux-ci soient-ils. Se faisant appeler Satela, la demi-elfe semble avoir un fort caractère et prendre Subaru un peu de haut... mais peut-être que cela cache en réalité une demoiselle qui a le coeur sur la main, comme le montre la scène avec la fillette perdue. Esprit félin qui ne peut pas apparaître la nuit et qui a besoin de recharger sa mana pour se matérialiser, Pack s'avère agréable en sortant déjà du rôle de simple mascotte, puisqu'il veille de près sur la demi-elfe. Le vieux Rom campe bien son rôle de gros costaud, tandis que Felt est une gamine très énergique qui ne manque pas de piquant et de caractère.

Il n'en faut pas plus pour offrir une introduction assez classique mais efficace, hormis une patte visuelle qui tient la route, et de ce côté-là Daichi Matsuse fait largement le job. Expressif et précis, sont coup de crayon est très fonctionnel, en étant limpide et en s'appliquant avant tout sur le design de personnages qu'il parvient très bien à mettre en valeur. Son utilisation des trames et ses encrages sont très soignés, tout comme ses décors quand nécessaire. On retiendra notamment certaines vues assez détaillées sur la ville, les bâtiments des rues marchandes ou des bas-quartiers... Dans le rendu général, on est proche de l'adaptation animée, pourtant arrivée plus tard.

Au final, ce premier tome du manga fait le job sans le moindre mal, en nous plongeant efficacement (bien qu'un peu rapidement au début) dans un monde et un concept que l'on attend désormais de voir s'enrichir et décoller. Le tout se pose bien, c'est rythmé, et il semble difficile de s'ennuyer.

L'édition d'Ototo est soignée, si l'on excepte une faute de conjugaison en 4ème de couverture. La jaquette bénéficie d'un joli vernis sélectif, les quatre premières pages en couleurs sont très appréciables, le papier allie épaisseur et souplesse, l'impression en Italie chez Lego est satisfaisante. A la traduction, Yoan Giraud offre une bonne copie, en trouvant des tonalités vivantes et collant bien aux personnages. La franchise de Subaru, le parler très vif et populaire de Felt, ou encore celui un peu plus soutenu de Satela, se ressentent bien.


Critique 2 : L'avis du chroniqueur
Takato

15 20
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14.5 20
Note de la rédaction






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