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Re:Zero – Premier arc : Une journée à la capitale Vol.1

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 21 Avril 2017

Re:Zero... Si vous suivez un peu l'actualité manga/anime régulièrement, il semble impossible d'être passé à côté de ce nom ces derniers mois.
A l'origine, il s'agit d'un light novel écrit par Tappei Nagatsuki et illustré par Shinichirô Ôtsuka, toujours en cours depuis 2012, figurant dans le top 10 des ventes japonaises de la première moitié d'année 2016, et prévu en France aux éditions Ofelbe à partir du 8 juin.
A partir de 2014, cette série de romans en plusieurs arcs se voit adaptée en manga. Dessinée par Daichi Matsuse pour les pages du magazine Comic Alive de Media Factory sous le titre Re:Zero kara Hajimeru Isekai Seikatsu - Daiisshou - Outo no Ichinichi Hen, la première série manga est bouclée en deux tomes et adapte l'arc 1 du light novel. L'arc 2 se voit à son tour adapté, toujours en 2014, en un manga fini en 4 tomes, mais cette fois-ci publié chez Square Enix et dessiné par Makoto Fuugetsu. Et depuis 2015, c'est l'arc 3 qui est en cours d'adaptation, et pour l'occasion on retrouve la maison d'édition Media Factory ainsi que le dessinateur Daichi Matsuse.
Mais par chez nous et à l'international de façon générale, c'est l'année dernière que le titre s'est réellement fait connaître, en connaissant d'avril à septembre 2016 une adaptation animée qui fut diffusée en France sur Crunchyroll et qui a rencontré un succès retentissant dans de nombreux pays, notamment grâce à son concept et à ses personnages rapidement devenus très populaires.
Au vu de l'énorme succès de la série animée, il était certain que Re:Zero intéresserait du monde en version papier. En attendant le light novel, c'est donc Ototo qui ouvre le bal avec l'adaptation manga du premier arc, sachant que les adaptations des arcs suivants sont d'ores et déjà prévues.

Re:Zero nous invite à suivre un jeune garçon qui se retrouve plongé dans un autre monde et acquiert un étrange pouvoir : la "mort réversible", une capacité qui lui permet de revenir à la vie à chaque fois qu'il meurt afin de changer le cours des choses...
Ce jeune homme de terminale, Subaru Natsuki, ne s'explique pas vraiment comment il a pu se retrouver comme téléporté dans un monde typé fantasy, simplement en sortant de la supérette où il avait l'habitude de faire ses courses. Et à vrai dire, il ne s'en étonne pas longtemps du tout, et est même plutôt excité. Cette entrée en matière peut vraiment étonner, tant Subaru semble très vite s'adapter à la situation... mais au moins, le récit démarre rapidement, très rapidement, pour ensuite ne souffrir d'aucun temps mort.
A peine arrivé dans ce monde, notre héros se retrouve confronté à trois bandits qui veulent le dépouiller, et il ne doit son salut qu'à l'intervention d'une sublime demi-elfe aux cheveux argentés et de son esprit félin. Pour Subaru, qui en tant qu'amateur d'univers fantasy a un faible pour ce type de demoiselle, c'est le coup de foudre. Et, en prétextant avoir une dette envers elle, il décide de tout faire pour l'aider dans sa quête : retrouver l'insigne qui lui a été volé. Mais la tâche va vite s'annoncer périlleuse, car en tenant une piste les amenant sur les traces d'une jeune voleuse des bas-quartiers de la ville, Subaru et sa nouvelle compagne ne savent pas encore qu'ils vont mourir... Avant que le jeune garçon ne rouvre les yeux, à l'endroit même où il est apparu dans ce monde.

Ici, nous sommes vraiment dans une mise en place, marqué par les premières rencontres et par l'installation du concept.

Sans être novateur, ce concept de "mort réversible", qu'on peut vraiment rapprocher d'un système de "checkpoint" ou de sauvegarde dans un jeu vidéo, s'avère bien installé, surtout dans la mesure où Subaru va mettre du temps à percuter ce qui lui arrive. Ainsi, quand arrive sa "première mort", il revit sa première journée dans ce monde en se confrontant aux mêmes soucis (l'impossibilité d'acheter une pamme/pomme, les bandits, la recherche de l'insigne...), mais en pensant simplement avoir rêvé auparavant. Ce n'est que sur la longueur, en mourant encore, qu'il commencera à comprendre la nature de l'unique "pouvoir" qu'il a acquis en arrivant dans ce monde...

Et parlons justement de l'absence de pouvoir de notre héros. Hormis cette "mort réversible", Subaru débarque dans ce monde typé fantasy en n'ayant absolument aucune capacités grandiose, là où, par exemple, la voleuse est d'une redoutable agilité, la demi-elfe peut utilise rune magie de glace et faire apparaître un esprit félin... On a donc un personnage principal qui n'a rien de particulier, hormis sa volonté. Cela peut le rendre assez "proche de nous", car il reste un humain comme les autres.

Pour autant, Subaru est un personnage principal auquel on peut facilement s'identifier, mais aussi s'attacher car il présente un caractère plutôt plaisant. Un peu bête parfois, il a surtout pour lui un certain franc-parler, ainsi qu'une volonté de fer. Cette volonté, elle se ressentira parfaitement dans son désir de gagner la confiance de la demi-elfe, et de la protéger, tâches qui ne seront pas forcément aisées... Le jeune homme amuse même un petit peu dans son désir de faire parler ses connaissances des mondes de fantasy : s'il a l'occasion de vérifier certains clichés du genre, d'autres passent à la trappe, comme quand il s'attend à être sauvé des bandits par une fille qui passe par-là. Il aura aussi quelques occasions de voir que ce monde n'est peut-être pas aussi fantaisiste qu'il l'espérait.

Les autres personnages apparaissant pour l'instant sont, eux aussi, plutôt bien mis en place. Forcément, ils répondent globalement aux gros stéréotypes de la fantasy, entre la demi-elfe élégante et magnifique, la petite voleuse hyper agile, ou le vieux costaud, et Subaru est bien le premier à le constater. Il ne faut donc pas s'attendre à une originalité folle dans ces personnages, ni même dans l'univers global qui, pour l'instant, reste plutôt pauvre (on apprend peu de choses sur le monde en lui-même, hormis des détails sur l'argent par exemple). Mais le fait est que l'oeuvre sait rendre sa palette de personnages plaisante, tout aussi stéréotypés ceux-ci soient-ils. Se faisant appeler Satela, la demi-elfe semble avoir un fort caractère et prendre Subaru un peu de haut... mais peut-être que cela cache en réalité une demoiselle qui a le coeur sur la main, comme le montre la scène avec la fillette perdue. Esprit félin qui ne peut pas apparaître la nuit et qui a besoin de recharger sa mana pour se matérialiser, Pack s'avère agréable en sortant déjà du rôle de simple mascotte, puisqu'il veille de près sur la demi-elfe. Le vieux Rom campe bien son rôle de gros costaud, tandis que Felt est une gamine très énergique qui ne manque pas de piquant et de caractère.

Il n'en faut pas plus pour offrir une introduction assez classique mais efficace, hormis une patte visuelle qui tient la route, et de ce côté-là Daichi Matsuse fait largement le job. Expressif et précis, sont coup de crayon est très fonctionnel, en étant limpide et en s'appliquant avant tout sur le design de personnages qu'il parvient très bien à mettre en valeur. Son utilisation des trames et ses encrages sont très soignés, tout comme ses décors quand nécessaire. On retiendra notamment certaines vues assez détaillées sur la ville, les bâtiments des rues marchandes ou des bas-quartiers... Dans le rendu général, on est proche de l'adaptation animée, pourtant arrivée plus tard.

Au final, ce premier tome du manga fait le job sans le moindre mal, en nous plongeant efficacement (bien qu'un peu rapidement au début) dans un monde et un concept que l'on attend désormais de voir s'enrichir et décoller. Le tout se pose bien, c'est rythmé, et il semble difficile de s'ennuyer.

L'édition d'Ototo est soignée, si l'on excepte une faute de conjugaison en 4ème de couverture. La jaquette bénéficie d'un joli vernis sélectif, les quatre premières pages en couleurs sont très appréciables, le papier allie épaisseur et souplesse, l'impression en Italie chez Lego est satisfaisante. A la traduction, Yoan Giraud offre une bonne copie, en trouvant des tonalités vivantes et collant bien aux personnages. La franchise de Subaru, le parler très vif et populaire de Felt, ou encore celui un peu plus soutenu de Satela, se ressentent bien.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

14.5 20
Note de la rédaction






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