no flash plugins detected

Espace Membre

inscription identifiants oubliés ?

Manga - volume

Ce que j'ai à te dire

Rated
14+
Note de la rédaction
Note des lecteurs
Price
13.90 €
Kayeon perd ses parents lors d'un voyage familial. Grièvement brûlée, son visage est complètement défiguré. Un homme apparaît dans la vie de recluse qu'elle mène depuis. Il a déjà un garçon. Peu importe. Ils se marient. Mais elle meurt en donnant la naissance à deux sœurs jumelles. Quelques années plus tard, l'une des sœurs disparaît à cause d'une imprudence de leur père. L'une, muette, grandit avec son demi-frère et l'autre, disparue, dans un orphelinat, où elle subit les viols répétés du directeur. Un jour, elle se sauve après l'avoir tué et le hasard réuni de nouveau les jumelles. Très perturbée par son enfance déchirée à l'orphelinat, leurs retrouvailles ne sont pas ce qu'elles devraient être. La sœur muette décide donc de se rendre à l'orphelinat pour découvrir ce qu'a subit sa jumelle. Mais la femme du directeur assassiné croit reconnaître la meurtrière et décide de la capturer pour venger son mari à tout prix...

Highlight of the serie:

Jung Ji-Hoon nous surprend d'emblée avec ses dessins qui mélangent le N/B et la couleur selon l'intensité des sentiments des personnages. L'histoire nous fait à la fois sourire et pleurer ; et au fil des pages, on est complètement immergé par ce récit intense d'une famille au destin tragique et qui, malgré tout, gardera ce lien indélébile qu'est l'amour envers chacun de ses membres.

Quelques mois après leur arrivée sur le marché, les éditions Kwari s'engagent sur une voie intéressante. Après la fantasy de Dark Air, la romance de 100% Perfect Girl ou la baston de The Boss, l'éditeur tente sa chance dans le manhwa d'auteur avec Ce que j'ai à te dire, une oeuvre qui créera son effet sur quiconque la tentera, qu'on y accroche ou pas.

Au fil de plus de 280 pages, le récit de Jung Ji Hoon dépeint la vie sans espoir d'une famille déchirée de toutes parts par le destin. Une vie sans espoir, vraiment ? C'est ce que nous serons amenés à découvrir au fil de la lecture.

Tout commence par un drame : en voiture avec ses parents, une jeune fille voit ceux-ci mourir brusquement lors d'un terrible accident. Quant à elle, elle en ressort vivante, mais gravement brûlée. Ainsi sa vie prend-elle un tournant qui n'annonce rien de bon, mais elle pourra compter sur certaines personnes pour remonter la pente, jusqu'au jour à ce sera à son tour de quitter ce monde, après avoir mis au monde deux jumelles que le destin séparera tout de suite : tandis que l'une, muette, grandit toutefois tout naturellement, au gré de rencontres positives ou négatives, l'autre devient le jouet d'un directeur d'orphelinat pas mauvais, mais fragilisé par sa situation familiale.

Après une longue introduction se focalisant sur la vie aussi humble que tragique de leur mère, le récit s'attarde beaucoup plus longuement sur ces deux filles malmenées par le destin. Jung Ji Hoon prend ici le parti de s'attarder longuement sur les rencontres qui conditionneront la mentalité des deux héroïnes, et l'on appréciera beaucoup le fait que chacun d'eux soit réellement développé, même brièvement, mais de manière suffisante pour créer un petit monde cohérent. L'auteure n'oublie aucun de ses protagonistes, qu'elle aborde à un moment ou à un autre pour nuancer les comportements sans jamais prendre parti, mais simplement en décrivant les fragilités de chacun. C'est notamment le cas du directeur de l'orphelinat et de sa femme, deux êtres dont on cerne bien la fragilité, mais qui, malgré tout, restent absolument impardonnables.

Ce que j'ai à te dire, c'est donc le récit de plusieurs personnages fragilisés par les drames qui peuvent faire une vie, récit avant tout sublimé par la relation entre les deux jumelles et une mère qu'elles haïront parfois pour les avoir mises au monde, mais qu'elles n'ont en fait jamais connue, et qui sera le personnage central d'une conclusion habilement tournée. Même si la vie ne nous fait aucun cadeau, on naît toujours pour être aimé, et quand elles se retrouveront enfin, les deux jumelles pourront en faire l'expérience.

Pour porter son récit, Jung Ji Hoon adopte toutefois un style qui ne plaira pas à tout le monde, mais qui vaut le coup qu'on s'y attarde tant il est unique. A la base fin et élégant, le trait assez simple de l'auteure joue beaucoup sur les déformations quand il le faut, et sur le noir et blanc ou la couleur selon les situations passées ou présentes, dramatiques ou plus porteuses d'espoir. Les moments les plus durs, comme le viol de l'orphelinat, préfèrent jouer sur ces éléments (dans l'exemple cité, une forte présence du noir et des déformations) plutôt que de représenter franchement la chose. Quant aux textes, ils parviennent joliment à refléter les pensées très variables des différents personnages. Attention, toutefois, à quelques maladresses : la gestion des couleurs paraît parfois bancale, on ne saisit pas toujours pourquoi l'auteure fait tel ou tel choix, et la narration a fortement tendance à passer du coq à l'âne en changeant sa focalisation de personnage sans la moindre transition, ce qui a pour effet de rendre la lecture parfois poussive. Enfin, on pourrait regretter un peu le fait que le récit s'attarde beaucoup plus sur la jumelle muette que sur l'autre, moins mise en avant.

On se retrouve donc ici avec un récit un brin bancal, maladroit, mais résolument unique et intéressant, porteur de belles idées sur la vie, et qui révèle en France une auteure atypique, à suivre. Une oeuvre à tester.

L'édition de Kwari est impeccable : grand format et papier glacé rendant honneur au style de l'auteure, traduction satisfaisante.


Koiwai

    Disponible en version originale


Suivre les commentaires du volume

Ajouter un commentaire

*


Le code HTML est interprété comme du texte et les adresses web sont automatiquement transformées.

Si vous voulez créer un compte, c'est ICI et c'est gratuit!

> Conditions d'utilisation

Volumes of the serie

Enigma

D'où vient cette réplique ?
Yaya... ? Y a pas de Yaya ici... y a que moi, et je m'appelle Nana ! Pigé, les tarées ?
[ Voir la réponse ]