Fin avril, les éditions Mangetsu lançaient en grande pompe l'un de ses titres les plus élégants du moment : Erio & The Electric Doll. Derrière ce manga, en cours depuis 2022 sur le site de prépublication Tonari no Young Jump et qui a atteint les 4 opus publiés au Japon, se cache un binôme. Shimazaki Mujirushi, l'auteur, est un mangaka à la carrière très prolifique et que nous avons connu avec le court titre Dresseuses de monstres aux éditions Komikku. À ses côtés se trouve Kuroimori en qualité de dessinatrice, une artiste surtout spécialisée dans l'illustration, connue chez nous avec son ouvrage Steam Reverie in Amber aux éditions Noeve, qui livre ici son tout premier manga.
L'inauguration de Erio & The Electric Doll chez Mangetsu fut particulièrement remarquée avec, notamment, une journée d'inauguration en présence des deux mangaka à la Tour Eiffel. On pouvait y voir une symbolique via la connexion entre le gigantesque édifice de fer et l'aura steampunk du récit, créant un événement pour le lancement français. Puis, Shimazaki Mujirushi et Kuroimori ont rencontré la presse. Aux côtés de nos confrères d'Animeland, Journal du Japon et Otaku Manga, nous avons eu le privilège de nous entretenir avec les deux artistes. Nous vous proposons aujourd'hui le compte rendu de cette session de questions - réponses.
Nous sommes curieux de savoir comment vous en êtes venus à faire du manga votre métier. Comment avez-vous retenu l’attention de votre éditeur ?
Mujirushi Shimazaki : Depuis que je suis tout petit, j’aime dessiner et créer des histoires. Sans même en prendre conscience, je passais mon temps à dessiner du manga. À un moment de ma vie, j’ai voulu en faire mon métier. Malheureusement, je n’ai pas réussi à vivre uniquement du manga, j’ai donc dû faire un boulot alimentaire à côté. Mais, par plaisir personnel, j’ai continué à dessiner des mangas que je mettais en ligne sur internet. J’ai commencé à être lu par de plus en plus de lecteurs et à attirer l’attention d’éditeurs qui ont proposé de me publier.
Kuroimori : De mon côté aussi, j’aime dessiner depuis que je suis toute petite. Je me suis tournée vers une carrière d’illustratrice, et je postais mes dessins sur les réseaux sociaux. C’est comme ça que j’ai attiré l’attention de la rédaction du Jump. Quand on m’a proposé de dessiner un manga, j’étais assez surprise. En même temps, c’est quelque chose qui faisait partie de mon quotidien quand j’étais petite. Mes parents adoraient les mangas, et nous avions des étagères qui en étaient remplies. Je n’ai donc eu ni appréhension ni doutes quand j’ai dû me lancer dans une carrière de mangaka.
M. Shimazaki, sur votre blog, vous vous présentez comme un auteur passionné de yuri. Était-ce facile de présenter Erio & The Electric Doll et son aspect yuri à une plateforme telle que Tonari no Young Jump ?
Shimazaki Mujirushi : Pour tout vous dire, je n’ai pas le souvenir d’avoir écrit ça sur mon blog. Mais si vous l’avez lu, c’est que ça doit être le cas. Concernant Tonari no Young Jump, la ligne éditoriale est assez large. Je n’ai jamais eu de problème à me tourner vers un genre ou un autre. Je ne dirais pas que Erio & The Electric Doll est une œuvre yuri, mais plutôt un road-movie qui empreinte au genre du yuri.
Mme Kuroimori, vous avez marqué les lectrices et lecteurs avec vos dessins. Comment avez-vous appris à dessiner ? Quels sont les auteurs qui comptent pour vous ?
Kuroimori : J’ai commencé à me mettre sérieusement au dessin quand j’étudiais dans un lycée technique d’arts. Je me suis ensuite dirigée vers une université de beaux-arts. Quand j’étais enfant, j’étais déjà inspirée par l’esthétique du studio Ghibli ou par des œuvres comme Dragon Ball ou Saint Seiya. Je recopiais les personnages et m’amusais à les dessiner. Une fois devenue adulte, j’ai été très influencée par les univers de Jules Verne et Moebius. Aujourd’hui, je joue beaucoup au jeu Final Fantasy XIV et l’art de cet univers influence beaucoup mon travail.
Pouvez-vous nous en dire davantage sur votre parcours ?
Kuroimori : Je publiais mes illustrations sur les réseaux sociaux, notamment des fan-arts de Final Fantasy XIV. Beaucoup de gens ont ainsi vu mes réalisations. Pour cela, je suis reconnaissante envers Square Enix. Par la suite, j’ai pu publier mon recueil d’illustrations Steam Reverie in Amber. À partir de cet ouvrage, j’ai reçu davantage de propositions de travail. C’est aussi en publiant mon travail sur les réseaux sociaux que j’ai attiré l’attention de la rédaction de Tonari no Young Jump, qui m’a proposé ce projet.
M. Shimazaki, comment s’est fait le choix de collaborer avec Mme Kuroimori ? Plus globalement, comment vous organisez-vous pour collaborer, sachant que l’un de vous est au Canada et l’autre au Japon ?
Shimazaki Mujirushi : Dès le départ, je voulais uniquement signer le scénario de l’œuvre. Avec ma responsable éditoriale, nous avons travaillé un nemu, un storyboard. À partir de là, la rédaction a cherché un ou une artiste. Le fait d’avoir trouvé Mme Kuroimori sonnait comme un rêve pour moi.
Concernant notre manière de travailler, je transmets d’abord le nemu à ma responsable éditoriale qui l’envoie à Mme Kuroimori, en charge du dessin. Si besoin, on discute via messages.
Ainsi, pouvez-vous nous parler de la création de Erio & The Electric Doll ?
Shimazaki Mujirushi : Le concept initial était celui de deux jeunes filles qui voyagent dans un monde post-apocalyptique. On a donc comme héroïnes une androïde et une jeune fille élevée par cette dernière. Mais je tenais à ne signer que le scénario. J’ai donc dessiné le storyboard du premier chapitre. À partir de là, c’est la rédaction de Tonari no Young Jump qui lui a proposé de s’occuper du dessin du manga.
Mme Kuroimori, créer des illustrations et dessiner un manga sont deux choses très différentes. Quels sont les challenges que vous avez dû relever pour Erio & The Electric Doll ?
Kuroimori : Lorsque je veux représenter un personnage dans une illustration, je prends une photo d’une personne arborant la même position, photo que je consulte pour dessiner. Mais dans le cas d’un manga, je n’ai pas le temps de faire ça pour chaque personnage. J’ai donc réappris à dessiner le corps humain.
En tant qu’illustratrice, mon style se caractérise par un usage des couleurs assez aérien. Je me suis posé la question lors du passage au noir et blanc : comment conserver cette atmosphère ? J’ai ainsi fait en sorte d’avoir une respiration dans mon trait et d’intégrer du blanc dans les noirs, afin d’avoir un ton qui se rapproche de mes illustrations couleur.
L’Intelligence artificielle (IA) est au cœur de l’actualité de ces dernières années. L’utilisez-vous dans votre quotidien ou pour votre travail ? Pensez-vous qu’une utilisation raisonnée soit la clé pour sa pérennité ?
Shimazaki Mujirushi : Dans mon travail quotidien, je n’utilise pas beaucoup les IA. Mais, je ne m’enlève pas cette possibilité dans un futur proche. Néanmoins, si je l’utilise, je dois veiller à ce qu’elle garde son rôle d’assistant. Il ne faut surtout pas devenir dépendant ou se laisser dominer par elle.
Kuroimori : À un moment donné, je me suis demandé si l’IA ne pouvait pas m’être utile, par exemple pour les arrière-plans ou pour dessiner des passants. Mais j’avoue que les machines et moi, ça fait deux. Je n’ai pas réussi à utiliser l’IA, j’ai donc abandonné. (rires)
Je pense que les IA génératives se marient mal avec l’univers du steampunk, car on y trouve des machines et des structures qui n’existent pas dans la réalité. Mais l’IA, elle, se base sur des éléments qui existent réellement pour créer ses images. Ça ne peut donc pas fonctionner sur du steampunk. L’IA peut aussi poser des problèmes dans le respect du droit d’auteur. Pour ça, j’essaie de ne pas trop y toucher.
M. Shimazaki, qu’est-ce qui vous a inspiré pour écrire l’histoire d’Erio & The Electric Doll ?
Shimazaki Mujirushi : Avec ma responsable éditoriale, on s’est posé la question du type d’histoire qu’on pouvait imaginer. On m’a proposé d’écrire le voyage de deux jeunes filles dans un monde post-apocalyptique. Ce concept m’a immédiatement parlé. Toutes sortes d’inspirations sont nées dans mon esprit et l’idée s’est développée jusqu’à devenir l’histoire d’Erio & The Electric Doll.
Mme Kuroimori, votre trait est empreint d’une délicatesse et d’une expressivité fascinante. Est-ce que ce sont des aspects de votre art que vous avez volontairement travaillé ? Des mangakas vous ont-ils influencée en ce sens ?
Kuroimori : Pour travailler les expressions des personnages, je me dis qu’en tant que dessinatrice d’un manga, mon rôle peut être comparé à celui d’une réalisatrice d’un film qui donnera ses instructions à ses acteurs. Quand je dessine mes protagonistes, j’ai donc en tête des expressions issues du cinéma. Je porte une intention toute particulière à la représentation des sourcils, car, selon la manière de les dessiner dans un sourire, ils peuvent exprimer des émotions complètement différentes. Quand je me questionne sur le sens d’un certain sourire, je me tourne vers M. Shimazaki.
M. Shimazaki, vous êtes l’auteur du manga, mais vous avez aussi dessiné de nombreuses œuvres dans votre carrière. Ainsi, vous arrive-t-il de faire des recommandations graphiques à Mme Kuroimori ?
Shimazaki Mujirushi : Effectivement, je dessine moi-même des mangas. Mais en ce qui concerne mon niveau, il n’arrive pas à la cheville de Mme Kuroimori. Je n’ai donc aucune recommandation à lui faire. En revanche, lorsque je réalise le nemus, je fais le découpage et la structure la plus précise possible afin qu’elle ne soit pas perdue.
Kuroimori : Je suis surtout une illustratrice, c’est la première fois que je dessine un manga. Si j’y parviens, c’est vraiment grâce à M. Shimazaki et à ses nemus d’une telle précision que j’ai plus, ou presque, qu’à représenter en dessin son storyboard. Il y a une minutie extrême qui me facilite énormément le travail.
L’IA est au cœur du scénario d’Erio & The Electric Doll, tout comme elle est au cœur de l’actualité. Du côté des artistes, le sujet se traduit par une crainte d’être mis sur la touche et être remplacés. Avez-vous un avis sur le sujet ? Quels questionnements ont mené à l’écriture de votre histoire ?
Shimazaki Mujirushi : C’est vrai que les IA sont apparues de manière extrêmement soudaine ces dernières années. Il y a beaucoup d’inconnues sur notre façon de les utiliser. Mais cette excitation que peut procurer cette nouvelle technologie a, je pense, des points communs avec l’univers du steampunk. Pour le moment, il n’est pas spécialement question d’IA dans le scénario du manga, mais je pense que ces questionnements vont de plus en plus être traités dans la suite de l’histoire.
Kuroimori : Via les réseaux sociaux, il est souvent arrivé que des personnes volent mon travail en faisant des reproductions par IA génératives ensuite vendues sous mon nom. Je n’ai donc pas de très bonnes expériences liées à cette technologie.
Évidemment, je pense qu’une partie du monde de l’illustration va être transformé par l’IA. Mais, en ce qui concerne le manga et le divertissement, je ne pense pas qu’il faille forcément choisir. Il est possible d’aimer toutes formes d’art et de mangas. Pour ma part, quand je veux découvrir une œuvre, je ne me demande pas forcément si elle serait mieux sans ou avec IA. Je vais plutôt choisir des récits pour leurs qualités personnelles, sans que ça ait un lien avec cette technologie. Pour ça, je ne me sens pas en concurrence, l’IA n’est pas une rivale.
Par son côté steampunk, l’histoire d’Erio & The Electric Doll s’inspire de l’ère industrielle. Est-ce une période qui vous fascine particulièrement, qui vous a marqués ? D’autant plus que, Mme Kuroimori, vous avez dessiné le recueil Steam Reverie in Amber qui embrassait déjà ce type de visuels.
Shimazaki Mujirushi : Comme Erio & The Electric Doll se déroule dans un futur proche, nous ne sommes pas à proprement parler dans le genre du steampunk. Ce ne sont pas les mêmes concepts. En ce qui me concerne, je suis très attiré par la période de la révolution industrielle.
Kuroimori : Il est difficile de répondre à cette question. Mais si je peux relever ce qui me plaît dans le steampunk, c’est l’humour, le poids de l’histoire que l’on peut ressentir, la nostalgie que le genre évoque par ses machines et l’excitation qu’elles procurent, le souffle de l’aventure, aussi, ou encore les créatures maritimes… Tous ces éléments sont condensés dans le steampunk, c’est donc une forme d’art unique que j’aime du fond du cœur.
Le récit aborde des thèmes philosophiques tels que la valeur de la vie, notre rapport à la machine et aux technologies… Ces pistes de réflexion ont-elles été pensées en amont, ou sont-elles venues naturellement en développant les aventures d’Ange et Erio ?
Shimazaki Mujirushi : Erio est un être humain et Ange est une machine. À partir de ces personnages, la thématique de la relation entre l’Homme et la machine apparaîtra forcément dans l’œuvre. Mais ce sujet est exploré par les héroïnes, ce sont elles qui vont trouver des réponses à ces questions.
Kuroimori : Ces thématiques apparaissent parce qu’Erio et Ange essaient de vivre en faisant de leur mieux, chacune de leur côté. De mon côté, je ne réfléchis pas trop à ces questions . Mais Ange et Erio, de par leurs parcours, doivent faire face à diverses valeurs sous des formes variées.
Pensez-vous que de tels androïdes dotés d’intelligence artificielle de pointe représenteraient un danger pour l’humanité, ou plutôt un appui solide ?
Shimazaki Mujirushi : Je pense que ça peut être l’un ou l’autre. La clé se trouve entre les mains de l’humanité.
Kuroimori : De mon côté aussi, je pense que les deux sont possibles. Quand je vois des attaques de drones à la télévision ou des chiens robots qui détruisent tout ce qu’ils ont sous leurs yeux, je trouve cela effrayant. Mais désormais, sans IA, la vie est impossible. Moi-même, quand j’ai fait ce trajet jusqu’en France, j’ai constaté que la plupart des portiques de l’aéroport sont des automatismes gérés par IA. Les différentes infrastructures sont concernées, on ne peut plus retourner à une vie sans.
Le Japon fait actuellement face à un vieillissement de la population. Pour les personnes de la génération de mon fils, nous aurons un poids à endosser. Seules les IA pourront nous aider, car nous n’aurons pas assez de jeunes au Japon. J’espère donc que les humains et les IA pourront coexister de manière apaisée.
Il y a une phrase surprenante dans le premier tome. Erio dit : « Je fais exprès de m’habiller comme un garçon pour éviter qu’on me prenne de haut ». Est-ce que le thème du féminisme est quelque chose que vous vouliez développer dans le manga ?
Shimazaki Mujirushi : Non, il n’y a pas du tout cette intention. À mes yeux, Erio est un personnage qui a grandi sans connaître les humains. Elle ne sait pas bien ce que sont un homme et une femme et ne connaît pas leurs différences. Pour moi, cette réplique permet d’exprimer qu’Erio essaie de se montrer forte.
Mme Kuroimori, vous avez expliqué que vous mettiez beaucoup d’efforts dans l’expression des personnages. Pourtant, Ange garde constamment un faciès inexpressif. Est-il difficile de garder une protagoniste au visage figé ?
Kuroimori : Non, je ne rencontre pas de difficultés particulières. Dans le scénario, plus Ange est inexpressive, plus le contraste avec ce qu’elle dit est amusant. Quand elle a des paroles drôles, je fais justement en sorte qu’elle soit le plus inexpressive possible.
L’une des idées du manga est son monde sans électricité ni Intelligence artificielle suite à une guerre contre les machines. Ça rappelle énormément Dune, saga qui présente un monde sans robot depuis la guerre. Dune a-t-il été une influence dans l’écriture du scénario ? D’autres œuvres de science-fiction vous ont-elles marqué ?
Shimazaki Mujirushi : J’ai un peu honte de vous le dire, mais je n’ai jamais lu les romans ni vu les films Dune. Mais j’ai conscience qu’il s’agit d’un grand classique de la science-fiction qui a influencé de grands chefs-d’œuvre du genre qui m’ont moi-même marqué d’une manière ou d’une autre. En termes d’univers, je suis influencé par le jeu vidéo Final Fantasy, en particulier le 7e opus, ainsi que par les films de Hayao Miyazaki dont Nausicaa de la vallée du vent et Laputa.
Mme Kuroimori, votre style graphique présente beaucoup de hachures. Il rappelle les gravures à l’eau-forte que l’on trouvait lors de l’époque victorienne. Qu’est-ce qui vous attire dans ce registre visuel ?
Kuroimori : Une des raisons pour lesquelles j’aime le travaille à l’eau forte, c’est mon amour pour le peintre Edouard Riou qui illustrait les œuvres de Jules Verne. Il m’a beaucoup influencé. Quand j’étais étudiante en art, j’ai beaucoup travaillé le dessin. Dans le manga, on utilise souvent les trames pour représenter les ombres. Mais avec l’usage de l’eau-forte, on peut exprimer ce qui est ancien, le poids de l’histoire et la nostalgie, des éléments que j’aime énormément et que j’essaie de disséminer dans mon travail visuel.
La dernière question portait initialement sur le nombre de tomes, mais vous y avez répondu lors de la soirée de lancement à la Tour Eiffel (ndt : M. Shimazaki a déclaré avoir la fin de l’histoire en tête, mais que le nombre total de volumes n’est pas de son ressort). Nous aimerions donc apporter un ajustement : Est-ce que ce nombre total de volumes, que nous ne connaîtrons pas, est décidé uniquement entre vous deux, voire tous les trois avec votre responsable éditorial ? Ou est-ce uniquement votre décision, M. Shimazaki ?
Shimazaki Mujirushi : C'est quelque chose qui se décide par des discussions. (rires)
Remerciements à nos confrères journalistes ainsi qu'aux équipes de Mangetsu pour la rencontre, à Shimazaki Mujirushi et Kuroimori pour leur présence, et à Miyako Sloccombe pour ses qualités d'interprète. Remerciements tous particuliers à Clotilde Péneau des éditions Mangetsu et à Bruno de la Cruz de la rédaction d'Animeland.
Les deux premiers tomes d'Erio & the Electric Doll sont à retrouver aux éditions Mangetsu.