Rozen Maiden - Actualité manga

Rozen Maiden

Critique de la série manga

Publiée le Jeudi, 28 Février 2013


Bienvenue dans un monde poupées, où les jolis petits corps ne sont pas là uniquement pour orner esthétiquement un intérieur, mais bel et bien pour se battre. Les sept rozen maiden ont été crées afin qu’il n’en reste qu’une, Alice. La poupée parfaite, l’élue. Pourtant, dans les huit volumes que comporte la série, il n’est pas seulement question de combats acharnés, lesquels au final tiennent une part minoritaire dans la narration, en terme de place. En effet, la majorité du titre consiste en la vie des poupées, leur quotidien aux côtés de Jun Sakurada, par lequel elles sont toutes irrémédiablement attirées d’une manière ou d’une autre. Un quotidien innocent teinté de discussions enrichissantes, notamment à propos de la N field, l’univers qui se trouve dans le cœur de chacun. Ainsi, et si l’on aime observer l’évolution progressive des petites protégées de Jun, c’est bien le héros qui change le plus. Discret, rarement à l’avant durant la série, c’est pourtant lui qui est la base de tout cet univers, qui va soutenir tout ce petit monde au travers de son mauvais caractère mais de son grand besoin d’affection. Auparavant prostré dans sa chambre, Jun va progressivement reprendre le cours normal de sa vie, afin de se sortir d’un mutisme qui le coupait littéralement du monde et de ses joies quotidiennes.

Dès les premières pages, on connait le ton de la série et il est évident que cela ne plaira pas à tout le monde. Pas de surprises par la suite, c’est bien l’univers auquel on s’attendait, même si l’on y trouve plus de choses que prévu. Un espace fermé, un quotidien rythmé par le caractère des poupées, toujours plus nombreuses, des graphismes versant dans le gothique et le kawai à la fois … Bref, un tout qui ne s’ouvre qu’aux amateurs. Mais ceux là auront le loisir de découvrir que, si les poupées partent sur la base d’un affrontement entre sœurs, elles changent rapidement d’avis pour la plupart. Une vie paisible où chacune d’entre elle peut se satisfaire d’un petit bout de quotidien, voilà une perspective bien plus intéressante ! Ce qui est plus embêtant, c’est que du coup on ne se concentre que là-dessus. A force, et par une alternance habile des moments de quiétude et des affrontements pour diverses raisons, le manga aurait pu finir en beauté et nous apporter encore beaucoup. Mais voilà, les derniers tomes précipitent toute l’histoire, laissant de côté cette dimension si aérienne et placide qu’on aimait tant. On y perd beaucoup en rêve et en sérénité, et même la superbe complicité, tout en nuance, qui existait entre Jun et ses protégées, perd en intensité. C’est un joli conte, qui restera à jamais inachevé dans les esprits.

Les graphismes, eux, sont au diapason de l’ambiance du manga : anarchiques au premier abord, mais toujours très travaillés dans la représentation des personnages, et bien évidemment des poupées. Elles différent toutes les unes des autres, que ce soit par leurs caractères, leurs expressions ou leurs habits. Les détails sont impressionnants, et contrastent violemment avec le vide des décors, qui ne fait que mettre d’avantage en valeur ces protagonistes si bien représentés. Le trait semble incertain mais il est toujours efficace, faussement brouillon afin de rentrer dans l’ambiance floue de la narration. Dommage que la présence de SD soit parfois un peu exagérée, en venant à casser une ambiance qui avait mis du temps pour s’installer. Le découpage de Peach pit est dynamique, les postures des poupées très agréables à regarder, et le tout renforce l’univers attrayant qui flotte autour de la lecture, sans jamais vraiment l’habiter … et pour cause ! L’édition n’aide pas vraiment à rentrer tout à fait dans le manga. Car si les couvertures sont esthétiques et la couverture suffisamment souple pour une bonne prise en main, les trois derniers volumes sont d’une épaisseur ridicule pour un prix toujours aussi important. Le dernier tome, notamment, est partagé presque équitablement entre le manga et les pubs de Soleil : un massacre. Les pages sont horriblement fines, et ce durant les huit volumes, les contrastes sont parfois un peu légers, bref un tel travail, allié à la fin plus que brutale de la série … Une déception qui ne s’oublie pas, qui permet de fixer le titre dans les esprits mais plus forcément en bien …


NiDNiM



Note de la rédaction
Note des lecteurs
17.83/20







Evolution des notes des volumes selon les chroniques:

15.00,14.00,16.00,15.00,16.00,14.00,15.00,11.00,14.00,14.00,15.00,14.00,11.00,14.00,12.00

Les critiques des volumes de la série

MN Actus
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