Tsuru Moriyama - Actualité manga
Dossier manga - Tsuru Moriyama

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Publié le Jeudi, 17 March 2011


L'impact visuel

 
Inscrits dans la grande lignée des gekiga, les titres de Tsuru Moriyama possèdent néanmoins une forte idéntité visuelle, qui passe par quelques point cruciaux.


Réalisme et "absence" de beauté


Assez logiquement, le trait des personnages se veut ici assez réaliste, pour coller avec le sérieux du fond, avec la peinture sociale effectuée par Moriyama. Nous avons donc des protagonistes dessinés sans chercher à le rendre excessivement beaux, comme on le voit si souvent dans nombre de shônen ou shôjo.
Ce serait même ici plutôt le contraire, tant il paraît difficile de trouver les personnages de l'auteur physiquement beaux.

Pourvue d'expressions faciales assez extrêmes, notamment en ce qui concerne la colère et surtout les larmes de joie ou de tristesse coulant littéralement par hectolitres, Kazuko n'apparaît pas le moins du monde embellie, bien au contraire. Il en est de même pour les protagonistes secondaires d'un Bol plein de bonheur, allant de l'édenté au gamin ayant toujours la goutte au nez.

Il en est de même dans Mon vieux, au sujet duquel il paraît impossible de passer à côté du physique si peu attirant de Kumada, très viril, très poilu, doté d'un visage d'ours mal léché, cicatrisé de partout...

Ici, rien n'est physiquement vraiment beau, comme pour appuyer l'absence de beauté visuelle du cadre précaire. Et pourtant, la force de Moriyama est de réussir à faire de ses héros des personnages admirables et captivants. On a déjà parlé de leurs qualités morales et psychologiques, mais on aurait tort de sous-estimer la beauté qui se desisne sur leurs visages derrière leur apparnete laideur. Ainsi, le visage exagérément expressif de Kazuko finit par le rendre attachant, notamment quand la mère se complaît dans son regard infiniment bienveillant. Quant à Kumada, il est ce que l'on appelle une "gueule", un visage bien marqué, difficile à oublier, et par cela-même charismatique.
Au final, ces personnages possèdent des visages assez enlaidis mais qui finissent par devenir uniques et attachants de par leurs particularités, ce qui se ressent encore plus lors des moments d'intimité en famille. Qu'on se le dise, une famille aimante peut tout embellir.
 
 
 
 

Le choc par l'excès


L'une des grandes particularités du coup de crayon de Moriyama réside sans conteste dans son goût pour la surenchère.
Nous avons déjà évoqué les expressions des sentiments parfois exagérées des personnages mais il ne faudrait pas sous-estimer les autres aspects de ces excès.
Ainsi, la style du mangaka se veut clairement sans concession. Lors des scènes plus violentes ou trash, la censure n'est pas de mise, tout comme elle n'existe pas pour ce type d'évènements dans la réalité. Et les évènements de ce genre sont eux-mêmes largement exagérés pour que l'impact sur le lecteur en soit amplifié. De ce fait, ne vous étonnez pas de suivre Kumada massacrant violemment les voyous à coups de pelle ou de pioche en en décapitant quelques-uns au passage, ou de le voir s'arracher un doigt avec les dents pour sauver son beau-fils des yakuzas. Les scènes de ce type ont quelque chose de peu ragoûtant, sont volontairement excessives, et il faudra les accepter, et accepter le parti pris de l'auteur de faire ce genre de moments-choc, pour les apprécier à leur juste valeur. Dans tous les cas, on ne peut que constater que l'aspect complètmeent excessif a le don de rendre les personnages encore plus forts aux yeux du lecteur, ce qui colle bien avec leur personnalité.

Tout ceci se révèle fort bien servi par la narration et la mise en scène de l'auteur, franches et directes, faisant on ne peut mieux ressortir toute la sincérité des récits.
 
 

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