Made In Abyss - Official Anthology - Actualité manga

Made In Abyss - Official Anthology

Critique du volume manga

Publiée le Mercredi, 01 July 2020

En juillet 2017, Made in Abyss jouit déjà d'une belle notoriété au Japon, et cela s'apprête à s'étendre à l'international avec le lancement ce mois-là de son adaptation en une inoubliable série animée, celle-ci ayant complètement su enrichir visuellement et magnifier le récit d'origine. Il n'est pas rare qu'au Japon, ce genre de gros lancement d'adaptation animée soit accompagné d'une anthologie collective à vocation plus humoristique, mais ce type d'ouvrage n'arrive quasiment jamais jusqu'en France... et c'est donc avec une certaine curiosité que l'on attendait celle de Made in Abyss, qu'Ototo a décidé de nous proposer ! Un petit pari plus qu'appréciable, et dont on peut espérer qu'il en appellera d'autres: après tout, Doki-Doki s'y est aussi mis en début d'année avec une anthologie de The Rising of the Shield Hero consacrée à Raphtalia, et dans un tout autre style Glénat a proposé en février une anthologie sur Parasite regroupant pas mal de noms assez réputés. Mais dans l'immédiat, voyons déjà ce que Made in Abyss Official Anthology a dans le ventre...

Cette anthologie collective est donc sortie dans son pays d'origine le 29 juillet 2017, et on peut noter que, depuis, une deuxième anthologie a vu le jour en mars dernier. Au programme de l'édition française, 4 premières pages en couleurs offrant de jolies illustrations sur papier glacé, puis 13 très courts récits où 13 mangakas différents se réapproprient brièvement l'univers imaginé par Akihito Tsukushi en ayant eu la liberté qu'ils/elles voulaient. Parmi ces noms, déjà, une constatation s'impose: quasiment aucun n'est connu en France. Seule Yûki Hotate a déjà été publiée dans notre pays tout récemment avec Parasites Amoureux aux éditions Delcourt/Tonkam. Mais en dehors d'elle, on connaît quand même deux autres noms car l'adaptation animée de leur oeuvre est sortie en France: Bkub Okawa, l'auteur du complètement frappé Pop Team Epic, et Tetsuya Imai, qui ouvre cette anthologie et à qui l'on doit Alice & Zôroku.

Le facteur commun des différents récits frappe vite aux yeux: chaque auteur a dû retenir ce qu'il voulait de Made in Abyss pour proposer un petit chapitre de quelques pages en format de strips de 4 cases humoristiques (4-koma). Le tout pour un résultat... eh, bien, sans grand intérêt, malheureusement. Il y a bien 2-3 idées de départ assez chouettes, notamment quand on nous laisse entrevoir des choses sur Ozen ou Jirwo, mais l'essentiel réside bel et bien dans l'aspect comique voire parodique, et de ce côté-là c'est malheureusement assez pauvre voire rapidement rébarbatif, car tous les auteurs ou presque semblent avoir surtout retenu que l'aspect pelucheux de Nanachi que tout le monde veut tripoter, le déliré de Tsukushi sur les pendus nus, et les problèmes de zizi de Legu. Il y a bien 2-3 autres choses très brièvement proposées, comme l'aspect culinaire ou un petit délire sur Bondold, mais dans l'ensemble les différents auteurs en reviennent souvent aux mêmes choses... Dommage quand on voit la richesse de base proposée par le manga d'origine: on aurait pu avoir de chouettes choses sur la faune/flore par exemple, mais non.

De plus, le format en 4-koma et la brièveté des chapitres limitent forcément beaucoup les choses. En plus d'être souvent redondants d'un chapitre à l'autre, les gags ne vont forcément pas chercher très loin en ne pouvant permettre aucun développement un peu plus poussé. Et visuellement, même si chaque auteur a son propre style et que certains styles sont très intéressants, le format fait que ça reste plutôt pauvre.

Enfin, une petite surprise potentiellement désagréable attend les lectrices et lecteurs de France: pour son édition, Ototo a choisi, en accord avec l'éditeur japonais, de se passer de deux récits, ceux des mangakas Kouta Matsuda et de Nenemaru Nemui. En allant jeter un oeil à ces deux récits dans la version japonaise, on devine que c'est sûrement à cause de leur contenu, puisqu'ils proposent un tout petit peu de nu sur les héros enfantins. Pourtant, ce n'est pas forcément méchant, et la série-mère nous a déjà habitués à quelques moments de nu inutiles au fil de ses tomes... alors pourquoi, cette fois-ci, les retirer ? A titre personnel, certains blablas sur le zizi de Legu auraient limite de quoi me mettre plus mal à l'aise qu'une ou deux cases de nudité, d'autant qu'on a déjà vu largement pire dans d'autres mangas sortis en France. Mais bref: déjà que ce genre d'anthologie collective excède rarement les 120-130 pages, voici que cette censure diminue encore le volume qui dépasse alors difficilement les 100 pages de lecture. Pour un livre vendu 8,99€, ça fait forcément un peu mal.

Heureusement qu'en dehors de ce choix pouvant diviser, l'édition reste très honnête côté qualité: les 4 premières pages en couleur sont vraiment chouettes, le papier et l'impression sont honnêtes même s'il y a une très légère transparence, les choix de police sont très soignés... On notera quand même que pour cette anthologie, Vincent Zouzoulkovsky (traducteur de la série-mère) cède sa place à la traduction à Karen Guirado, qui s'en sort plutôt honnêtement (même s'il sera possible de tiquer sur l'emploi du féminin pour Malrk).

Au final, que retenir de cette anthologie ? Eh bien, pas grand chose malheureusement. Plutôt qu'un moyen de voir des auteurs se réapproprier de façon personnelle et intéressante le contenu riche du manga (façon Neo-Parasite chez Glénat) ou simplement croquer leur vision de certaines choses avec un minimum d'intérêt (comme dans The Rising of the Shield Hero - Ensemble avec Raphtalia qui avait quelques bons chapitres pour ça), on a juste un produit commercial ayant servi à porter l'anime, où les différents auteurs font rarement preuve d'imagination en exploitant vite fait, quasiment tous, les mêmes 2-3 choses de façon trop similaire, pour un résultat pouvant parfois faire sourire mais s'oubliant dès l'ouvrage refermé, et ayant plus des allures de petits strips bonus que l'on pourrait retrouver à la fin des tomes de la série-mère. En somme, un volume "bonus" à avoir éventuellement pour la collection, si tant est que l'idée d'avoir un tome tronqué ne vous frustre pas.
   

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

6.5 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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