Iris Zero Vol.2 - Actualité manga

Iris Zero Vol.2

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 20 April 2012

Comment définir le mieux Iris Zero en trois mots :

"Crédible". Les préoccupations des personnages, leurs réactions, leurs interactions… Tout sonne très vivant, ancré dans la réalité et dans ce que pourraient réellement ressentir ces jeunes dotés d’un pouvoir spécial, qui est souvent loin de leur faciliter la vie, à tel point que certains souhaiteraient peut-être même être né iris zero.
Ils ne cherchent pas à changer le monde, ni à faire régner la justice. Ils ont des pensées de leur âge, de lycéens, et il s’agit d’une période suffisamment difficile pour ne pas y inclure un drama supplémentaire.
L’épisode de la fête culturelle, grand classique des titres prenant place dans un lycée, est ainsi traitée par les auteurs d’un point de vue très simple, très réel, où seules les relations entre les personnages suffisent à nous rendre le titre intéressant, et même passionnant à suivre si on s’est attaché à eux.
L’aspect romantique, qu’on pressentait depuis le début, fait surface tout en douceur, dans une parfaite logique de liens qui se créent et de jeunes qui se découvrent. Il s’agit d’un passage obligé, non pas dans le but de créer une histoire, mais parce que les personnages ont déjà pris vie dans notre esprit et possèdent une existence propre, que nous prenons grand plaisir à vivre à leurs côtés.

"Profond". Apprendre à s’accepter comme on est et trouver une raison de vivre. Voilà déjà une quête d’une vie, pour ceux qui ont absolument besoin de comprendre pour avancer. Chacun des héros, à sa manière, se cherche une place et une utilité dans ce monde. Si Tôru a connu (et connaît toujours) la misère pour être né différent, c’est aussi en partie le lot de tous ceux dont nous suivons le quotidien dans la série, même s'il s'agit davantage d'une peine cachée.
Hijiri, derrière ses airs insouciants, possède un iris qui lui vaut une vie particulièrement difficile, lui rappelant sans cesse la fragilité de la vie et à quel point elle est éphémère. L’épisode de son flash-back est assez touchant dans sa mise en scène simple et vivante, porté par la narration du garçon, sans envolées lyriques exagérées, simplement un garçon qui raconte son expérience à une amie. Et qui a trouvé une réponse satisfaisante dans l’instant et qui lui permet de mieux supporter le poids de son pouvoirs. Crédible, à nouveau.

Et chacun apprend l’un de l’autre, se remet en question, face aux révélations et à leurs interactions. Koyuki par exemple, qui se pose des questions sur sa façon de vivre et d’interagir avec les gens, parfois un peu contre leur gré et leur envie de partager. Néanmoins, certaines personnes sont parfaites comme elles sont, et tenter de changer ou de s’abstenir d’agir et de comprendre leur ferait perdre tout ce qui constitue leur être profond. Quelque chose de parfaitement exprimé par Tôru à sa charmante amie. Une amie qui doit aussi maintenant apprendre à gérer ses propres sentiments naissants envers quelqu’un qui s’est toujours vu reléguer au plus bas de la hiérarchie sociale, et qui n’osera peut-être pas lui retourner ses sentiments dû à sa politique d’exposition minimale. De nouveau, pas besoin de grands méchants, de menaces terribles, ou bien de quiproquos et de terribles difficultés à surmonter pour créer une histoire dont on s’impatiente de connaître la suite. Simplement une bonne histoire et des personnages attachants et dont nous sommes concernés de façon empathique par leur avenir ensemble.

"Touchant". Iris Zero s’est toujours focalisé sur l’essentiel, n’essayant jamais de détourner le lecteur par des artifices sensés créer un suspens ou une situation comique juste parce que c'est dans le planning des charges. Les auteurs reviennent d'ailleurs sur le sujet en fin de volume : Iris Zero ne contiendra pas de ecchi. Jamais. Au point que les auteurs et leur responsable semblent avoir du batailler avec les dirigeants pour asseoir leur point de vue. Une telle intégrité fait plaisir à voir, et s’en ressent drastiquement dans l’affection qu’on porte à la série et l’atmosphère qu’elle dégage.

La série ne tente pas d’être. Elle est, tout simplement. À la manière d’un Yotsuba, l’émotion vient d’un subtil dosage de crédibilité, de réflexion de la part des auteurs, et d’une envie de divertir et de raconter simplement l’histoire de personnages humains. Une tâche bien plus difficile que de s’imaginer un héros au destin extraordinaire et aux pouvoirs surdimensionnés. Iris Zero s’adresse davantage à notre empathie et à notre capacité à nous attacher aux angoisses et aux désirs simples des personnages. Certains passages sont superbes par leur sincérité ; l’humour qui parsème cet univers n’a pas pour but de nous faire rire aux éclats mais simplement de créer un climat plus léger et de nous faire sourire jusqu’aux oreilles ; et les dialogues entre les héros et héroïnes suffit à faire passer une émotion qui nous reste longtemps en mémoire. L'ambiance qui se dégage du titre est vraiment chaleureuse, et constitue un excellent médicament pour l'âme.

Iris Zero n’est pas un titre qu’on lit pour se plonger dans une histoire haletante, aux multiples rebondissements mettant en scène une variété d’iris afin de créer un climat fantastique. On lit ce titre pour sa substantifique moelle, pour sa narration, pour passer un moment aux côtés de personnages terriblement attachants et vrais.
Iris Zero est un titre à lire pour être ému, pour se rappeler que la vie n’est pas facile, que nous avons tous notre croix à porter. Néanmoins, la série nous rappelle sans cesse que la vie est aussi remplie de petites joies simples et sincères, si on est dans le bon état d’esprit et qu’on ne cherche pas à combler le vide par des artifices superficiels et passagers.
Plus simplement, Iris Zero est l’un des meilleurs représentants d’une autre facette du manga, qui a su créer sa propre ambiance et sa propre personnalité, refusant le conformisme de ce genre de productions, et qui pour cette raison, vivra très longtemps, voire à jamais, dans la mémoire de ceux qui ont pris le temps de s’y essayer.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Sorrow

17 20
Note de la rédaction
Note des lecteurs






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