Chronique Animation - Himegoto - Une soubrette au masculin- Actus manga
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Dvd Chronique Animation - Himegoto - Une soubrette au masculin

Samedi, 12 Mai 2018 - Source :Chronique Animation

Himegoto est un anime produit par Asahi Production en 2014. La série, adaptée d’un yonkoma manga (manga en 4 cases), racontent l’histoire d’Hime un élève qui intègre bien malgré lui le conseil des élèves.

Comme souvent dans ces manga, la série se veut avant tout humoristique et cherche à divertir. Les minutes passent, ballottées par des blagues souvent répétitives qui placent le héros dans des situations plus embarrassantes les unes que les autres. Si l’intrigue n’est pas développée et si les personnages peuvent sembler caricaturaux, c’est plutôt normal pour une série aussi courte où les épisodes ne durent que 4 minutes.
Toutefois, ce n’est pas pour autant que cet anime sera adapté à tout le monde. Derrière cet humour parfois un peu noir, c’est une histoire de harcèlement sexuel enveloppée dans une tranche de vie avec des protagonistes dont les motifs peuvent être compris que si l’on prête vraiment attention aux conversations.


C’est notamment le cas pour Mitsu, même s’il paraît agaçant, il est l’un des rares à se soucier vraiment d’Hime. Il affirme vouloir renverser le conseil des élèves, mais est-ce simplement dû à leurs mœurs douteuses ? N’aurait-il pas plutôt été une victime de leurs agissements ? C’est d’ailleurs le premier qui dénonce leurs actes en tant qu’« harcèlement sexuel ». Il faut dire qu’Hime devient un véritable esclave qui n’a d’autre choix que de se plier aux exigences d’un conseil des élèves particulièrement pervers. Les propos de Mistu ne font que souligner le fait que de tels événements ont déjà eu lieu.

Ainsi, la véritable nature des personnages ne peut être remarquée qu’après avoir mis de côté l’aspect comique de la série et cela apporte une profondeur bienvenue au spectacle. L’orientation sexuelle de certains personnages est bien sûr intrigante. Pegi 18 désigne le pénis d’Hime comme une « chose diabolique » et a un mouvement de recul en apprenant qu’il s’agit d’un garçon et son attirance pour les jolies filles n’est pas dissimulée.


Hiro de son côté affirme sortir avec Mitsunaga, simple blague ou réalité ? Il faut avouer que le lycéen est très gêné face à l’affirmation de la soubrette. Voulait-il garder cela secret ? Enfin, #1 choisit son style vestimentaire en fonction de Kaguya, aurait-il peur des regards des autres ? Certains plus que d’autres semblent s’en moquer. C’est notamment le cas du frère d’Hime qui parle sans complexe de son travestissement et de Hiro.

Himegoto nous laisse d’emblée penser, à grand renfort de contre-plongées avec vues sur culottes, que juger une personne en fonction de son sexe n’est pas la meilleure des idées. Introduire divers lycéens qui sont d’abord dégoûtés puis attirés par le travestissement d’Hime peut sous-entendre deux choses : Soit vous pensez qu’il s’agit juste de pervers, soit que l’anime montre qu’il est possible d’être attiré par quelqu’un, peu importe son sexe.


Malheureusement, la série ne va pas au bout des choses, car aucun des personnages ne demande à Hime ce qu’il ressent réellement. Il ressemble et agit comme une fille, mais est-ce vraiment à cause du conseil des élèves ? Hime a beaucoup de possibilités d’agir comme un garçon (chez lui, par exemple), mais ne le fait pas. Message de tolérance ? Peut-être. Même si à aucun moment nous n’oublions qu’il s’agit d’un homme, son assignation sexuelle nous étant rappelée à chaque épisode, le lycée est très ouvert face au travestissement.


La fin est malgré tout une grosse déception. Montrer que le harcèlement sexuel peut toucher n’importe qui (homme ou femme) et dénoncer les personnes manipulatrices qui cherchent profits et plaisir au détriment des autres était une bonne idée. Qu’Hime reste un personnage faible n’est pas un gênant en soi, mais que le conseil des élèves vient une nouvelle fois à son secours est plus problématique. Leurs actes, qui étaient réprimés, reprennent de plus belle. La boucle est donc bouclée et ruine totalement le message qui aurait dû passer.



En ce qui concerne la qualité graphique et le son, nous sommes dans les standards des épisodes de 4 minutes. Il n’y a rien de vraiment remarquable, hormis les pénis qui sont étonnamment bien animés par rapport au reste. Ça oscille toujours et les cadrages axés sur le fan-service foisonnent. On se demande bien où est allé tout le budget. Il faut dire qu’Himegoto se joue du ecchi traditionnel pour renforcer le comique des scènes. L’anime reprend les poses classiques (jeune fille qui chute et rougit en se rendant compte que sa jupe en révèle bien trop, maillot de bain…) et va à l’encontre des attentes de son public en lui laissant une petite cicatrice mentale, car il s’agit de garçons.

En conclusion, hormis la scène finale, Himegoto reste un anime très drôle, qui peut faire réfléchir si on creuse un peu. Pour seulement 50 minutes, il peut valoir un petit coup d’œil.

L'avis du chroniqueur
zebuline

Samedi, 12 Mai 2018
13.5 20




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