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The Assassin - Blu-Ray

Critique du dvd : The Assassin - Blu-Ray

Publiée le Vendredi, 27 Janvier 2017

The Assassin du Taïwanais Hou Hsiao-Hsien est sorti dans nos salles début 2016, en vidéo dans la deuxième moitié de la même année.
Prenez garde, il s'agit d'un long-métrage qui est souvent présenté comme un film d'arts martiaux, un wu xia pian, mais il est un wu xia pian de la même manière que Stalker d'Andreï Tarkovski, film bien connu des cinéphiles, est un film de science-fiction : les codes sont utilisés de manière si minimaliste que les fans du genre risquent de ne pas y trouver leur compte.


En effet, catégoriser ce film ainsi est malvenu, car le réalisateur se sert du wu xia pian comme prétexte au point de départ de son projet. Grâce à cela, il pose son environnement (la Chine médiévale), en profite pour offrir de rares, mais superbes scènes de combat... Mais donc, tout cela n'est qu'un prétexte pour proposer quelque chose de tout autre, d'extrêmement ambitieux et qui brise toutes les barrières de genres cinématographiques. The Assassin est un film parmi les plus grands films, qui a une forte portée politique, un sens esthétique incroyable, et qui en plus est un regard du réalisateur sur ses propres troubles (tout ceci est assez bien expliqué par le critique Jacques Mandelbaum, en bonus de ce bluray). Il s'agit d'un film d'auteur, de la part d'un artiste qui envoie un message.


Ce message, il est à la fois simple et complexe. Simple, car le scénario laisse facilement supposer que la région de la Chine que le film évoque est un écho à la situation actuelle de Taïwan, partagé entre sa culture chinoise et son besoin de distance avec la République Populaire de Chine. Le réalisateur souhaite aussi nous plonger dans une certaine stupeur de spectateur à travers les images d'une éblouissante beauté qu'il nous propose – on a tendance d'ailleurs à trop souvent vouloir sur-interpréter des œuvres alors que notre appréciation passe tout simplement d'abord par la beauté des images. Complexe, car le personnage campé par Shu Qi est un personnage étrange, un assassin invincible qui ne parvient pas à effectuer les missions pour lesquelles elle a été formée. M. Mandelbaum y voit le regard que porte le réalisateur sur lui-même, sur la pression qu'il ressent alors qu'il n'a pas réalisé de film depuis plusieurs années... Cette explication est valable, on peut toutefois chercher d'autres interprétations, d'autant plus que le type de narration utilisée – presque hallucinée par moment, tant l'absence de commentaire, le peu de dialogues ne permet pas d'avoir une idée claire des intentions des personnages et donc de leur action dans le film – est propice au re-visionnage.



Le re-visionnage pour décrypter, le message politique, l'introspection de l'artiste, tant de qualités qu'on a attribuées aux plus grands réalisateurs du monde, Fellini, Kurosawa, Leone, Tarkovski... Indéniablement, ce film les a, et sans aucune faiblesse dans la façon dont Hou Hsiao-Hsien les met en œuvre. Mais comme dit ci-dessus, The Assassin est un film très esthétique, et c'est sans doute la qualité la plus évidente et la plus importante du long-métrage.



Les images sont absolument somptueuses, plusieurs plans sont aussi saisissants pour leur beauté intrinsèque que la difficulté à les capter pour le réalisateur – on se rend compte en prenant du recul que tous les plans sont parfaitement pensés, millimétrés. Le sound design est optimal, également, les quelques musiques utilisées arrivant de manière à stupéfier comme tout le reste du film. Et bien sûr, il y a Shu Qi, une femme de toute beauté, dans un costume magnifique... Hou Hsiao-Hsien fait partie de ces réalisateurs qui magnifient les actrices à l'écran.



The Assassin est un magnifique film contemplatif, qui pose le pied dans tous les domaines qui rendent le cinéma si puissant. D'ores et déjà, il est l'un des plus beaux films du XXIe siècle.

L'édition bluray d'Ad Vitam est tout simplement idéale en ce qui concerne la qualité de l'image, et c'est le plus important. La préface de Jacques Mandelbaum (qu'il est bien plus intéressant de considérer comme une postface et donc, ne pas la regarder avant le film) est tout à fait bienvenue : elle apporte un éclairage assez complet et très juste sur le film, tant pour lui-même que pour la genèse de l’œuvre.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Raimaru

19 20


Note de la rédaction





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