Pokémon - Film 20 - Je te choisis ! - Actualité anime

Pokémon - Film 20 - Je te choisis !

Critique du dvd : Pokémon - Film 20 - Je te choisis !

Publiée le Jeudi, 03 Août 2017

Les longs-métrages d’animation de la saga Pokémon sont toujours sortis à rythme annuel. Ainsi, les vingt ans de la franchise ont naturellement marqué l’apparition du vingtième film en cette année 2017. Le studio OLM a tenu à marquer le coup et faire de ce film vingt un épisode assez spécial, qui parlerait autant aux jeunes fans qu’aux nostalgiques qui ont connu les premiers épisodes du temps de leur diffusion. Pokémon le film : Je te choisis ! (Kimi ni kimeta en langue originale) n’est pas une nouvelle aventure à inclure dans le canon de l’anime puisqu’il s’agit d’un remake pur et simple des premières aventures de Sacha, mises aux goûts du jour en incluant quelques éléments des dernières générations.


Sorti le 15 juillet 2017 au Japon, le film a bénéficié d’une avant-première exceptionnelle lors de l’édition de Japan Expo de la même année, soit le 6 juillet, le tout en version originale sous-titrée, une grande première pour l’anime Pokémon en France. La projection fut un événement en soi, notamment parce que le réalisateur de la franchise animée, Kunihiko Yuyama, était présent en compagnie de Rica Matsumoto, voix nippone de Sacha (ou Satoshi pour les puristes), et chanteuse de la plupart des opening de la série télévisée (en plus d’être aussi chanteuse au sein du groupe d’anisong JAM Project).



L’histoire, nous la connaissons donc bien. Sacha est un enfant vivant au Bourg Palette dans la région du Kanto. Venant d’avoir dix ans, il est temps pour lui de recevoir son premier pokémon de la part du spécialiste de la région, le professeur Chen. Mais à cause d’une panne de réveil, Sacha arrive en retard, Carapuce, Salamèche et Bulbizarre ont déjà été choisis, et il ne reste plus qu’un petit monstre disponible : un Pikachu au tempérament particulier, qui refuse d’entrer dans sa pokéball.



Si les premiers échanges entre Sacha et Pikachu s’avèrent difficiles, un combat face à une ruée de Piafabec permet de les rapprocher. Petit à petit, tous deux deviendront les meilleurs amis qui soient, une amitié qui sera parfois mise à l’épreuve durant ce long voyage pour que Sacha devienne Maître Pokémon. Au cours de son périple, il rencontre deux dresseurs qui deviendront ses compagnons de route : Souji, dont le but est de devenir un professeur pokémon, et Makoto, une dresseuse originaire de Sinnoh.



Si chaque film Pokémon nous a habitués à une recette assez similaire, à savoir les déboires de Sacha et ses camarades face à un ou plusieurs pokémon légendaires, ce vingtième opus fait appel à la corde nostalgique des plus vieux fans et apporte alors une bouffée d’air frais. Ceux qui ont touché, ne serait-ce que légèrement, à la version originale seront doublement servis puisque la célèbre chanson "Mezase Pokemon Master" ouvre le bal, une chanson qui sera très certainement remplacée dans la version française du film.



Dans la formule, "Je te choisis !" adapte les moments les plus marquants de l’aventure de Sacha dans le premier cycle de l’adaptation animée. La quinzaine de premières minutes n’a donc rien de très étonnant puisqu’il s’agit d’une mise à jour du premier épisode, avec une mise en scène différente et une esthétique plus moderne, de quoi situer les fans de la première heure en terrain connu. Néanmoins, l’intrigue du film se démarquera progressivement de la pure reprise des premiers épisodes de l’anime, en apportant des évènements et des personnages nouveaux, mais rappelant souvent au spectateur des axes narratifs qu’il a déjà connus lorsqu’il était plus jeune. Plus précisément, ce sont deux des pokémon phares de Sacha qui ont droit à un traitement très similaire à la première saison de l’anime et, à ce titre, le film se montre même assez cruel, cruel jusqu’au point de replanter, dans le film, des séquences qui ont ému fortement les fans de la première heure. Simpliste dans la formule, mais efficace. Pour peu qu’on reste attaché aux monstres de poche, il est parfois difficile de retenir ses larmes, surtout en ce qui concerne l’une des séquences les plus poignantes de l’anime, un hommage qui va jusqu’à la réutilisation de la musique placée en fond sonore, à l’époque.



Heureusement pour les allergiques au surplus de fan-service, « Je te choisis ! » trouve sa propre direction, ne se contentant pas de retranscrire les épisodes de la première saison, et trouve même une voie proche de la plupart des films en s’intéressant plus largement à la mythologie Pokémon. C’est notamment tout le folklore autour de la seconde génération qui est astucieusement exploité, demeurant même fidèle à la trame des jeux tout en incluant des éléments nouveaux en ce qui concerne Ho-Oh. On notera même l’arrivée d’un petit nouveau au casting des légendaires, Marshadow, apportant une pointe de nouveauté au milieu de ces créatures déjà bien connues. En excluant l’intrigue des arènes de Kanto et de la Ligue Pokémon, le film trouve quand même un véritable fil conducteur, assez prenant et intense dans sa dernière ligne droite.



L’autre grande nouveauté, en dehors des péripéties qui demeurent parfois nouvelles, est l’introduction de deux nouveaux compagnons : Makoto et Souji. En tant que personnages, les deux s’avèrent véritablement attachants et moins crispants que ce que la série télévisée cherche à proposer depuis la cinquième génération, la patte nostalgique est donc même assumée dans ces nouveaux personnages. Mais aussi intéressants soient ces deux nouveaux venus, il est dommage qu’ils ne soient pas plus fouillés. Si le background, assez sombre et mature, de Souji, lui donne un peu de profondeur, Makoto reste malheureusement beaucoup trop en retrait, son développement en tant que personnage se limitant à quelques indices distillés çà et là. Et parce que l’anime Pokémon ne serait pas ce qu’il est sans la célèbre Team Rocket, le trio de malfrats le plus débile de l’animation japonaise fait don de sa présence, pour le pire et… pour le pire. Si Jessie, James et Miaouss servent généralement au running-gag, leur intérêt ici est presque inexistant puisque les trois compères ne constituent jamais un enjeu majeur. Mais d’un autre côté, cela permet au film de s’attarder sur son propre scénario, celui lié à la mythologie de la seconde génération.



En somme, tous les ingrédients pour créer un bon divertissement dans l’univers Pokémon sont réunis. Pourtant, ce vingtième film cherche à aller au-delà en tentant d’inclure un degré de maturité différent. Pour cela, il traite de manière nouvelle l’amitié entre Sacha et Pikachu, en ne l’idéalisant pas systématiquement et en apportant même des séquences-chocs entre les deux partenaires. Des séparations à la réconciliation en passant par la vision de Sacha de ses propres Pokémon, le ton est un peu plus dur que dans la série animée. Évidemment, cela n’aboutit jamais à une réflexion trop profonde, mais la recette a le mérite d’accroitre la dimension émotionnelle du film, notamment dans son époustouflant combat final qui sonne, quelque part, comme un hommage au tragique rebondissement du 1er film, celui où Sacha se faisait tuer par l’attaque combinée de Mew et Mewtwo.





Il n’en faut alors pas tellement plus pour que ce film vingt soit une réussite. Entre nostalgie et nouvelle aventure, ce nouveau long-métrage trouve un bon équilibre et tente une approche un poil novatrice des thèmes forts de Pokémon, parfois même sans tabou lorsqu’il s’agit de parler de la mort d’une créature, ce qui apporte quelques pointes de maturité et d’émotion qu’il faut saluer. Oui, Pokémon le film : Je te choisis ! se place sûrement dans le podium des longs-métrages Pokémon.



Il conviendra toutefois de revoir le film, une fois sorti officiellement en France. En effet, la projection qui a eu lieu à l’occasion de Japan Expo était en version originale sous-titrée, aussi le redécouvrir en version française sera une expérience différente, ne serait-ce pour les principaux thèmes musicaux qui seront très certainement remplacés. Est-ce que nous aurons la joie de réentendre le cultissime générique interprété par Jean-Marc Anthony Kabeya dans la version prévue pour l’hexagone ? On l’espère ! Et même pour ceux qui étaient présents lors de l’avant-première mondiale, un revisionnage sera certainement obligatoire pour une compréhension totale du film. En effet, les conditions de projection lors de la séance du 6 juillet sont très mitigées, notamment parce que la mauvaise position de l’écran empêchait toute personne située quelques rangs derrière et qui n’aurait pas la chance d’avoir un physique de joueur de basket de lire correctement les sous-titres.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16 20


Note de la rédaction





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