Mobile Suit Gundam The Origin I - Les yeux bleus de Casval - Actualité anime

Mobile Suit Gundam The Origin I - Les yeux bleus de Casval

Critique du dvd : Mobile Suit Gundam The Origin I - Les yeux bleus de Casval

Publiée le Lundi, 21 Août 2017

La saga Gundam est l’une des franchises les plus difficiles à aborder, en ce qui concerne l’animation japonaise. Créée par Yoshiyuki Tomino en 1979, elle s’est déclinée en de nombreuses séries, films ou séries d’OAV, le tout éparpillé dans différents univers, plus ou moins fournis. Néanmoins, le pilier de la saga fut Mobile Suit Gundam, série de 43 épisodes qui fut ensuite adaptée en 3 films au tout début des années 80.
En 2001, un homme s’empare de la série initiale pour en faire un manga : Mobile Suit Gundam – The Origin. Ce mangaka, c’est Yoshikazu Yasuhiko, un homme qui a aussi travaillé dans l’animation par exemple en élaborant différents character-design dont ceux de Mobile Suit Gundam et Mobile Suit Zeta Gundam. A travers 23 tomes, l’auteur s’approprie la toute première œuvre et, surtout, l’enrichit. Gundam – The Origin sera connu pour être allé au-delà du scénario original de Tomino, explorant notamment les origines de la Guerre d’Un An et celles d’un des personnages les plus iconiques de la pop culture japonaise : Char Aznable.



Après des rumeurs persistantes, début 2015 est l’année où le manga a droit à sa propre adaptation animée. Mais un anime adaptant un manga qui adapte lui-même un anime… la formule semble redondante, et Sunrise l’a bien compris. Le compromis opéré fut donc le suivant : adapter uniquement l’arc des origines de la guerre à travers une série de six OAV qui sortiront entre 2015 et 2018.
Pour le reste, l’anime originel et le manga montrent la même intrigue. Le studio réitère alors la formule efficace de Mobile Suit Gundam Unicorn, et c’est en février 2015 que paraît le premier épisode de cette série de moyens métrages, un premier chapitre noblement intitulé "Les yeux bleus de Casval".



Dans le futur, notre Calendrier grégorien a laissé place au Calendrier universel, une ère de technologie où la population a migré vers l’espace, dans de véritables colonies spatiales, engendrant par la même occasion un renouveau des relations diplomatiques entre peuples. En U.C.0068, de fortes tensions existent entre la Fédération Terrienne et la colonie Side-3, menée par un anarchiste du nom de Zeon Zum Deikun. Ce dernier prône l’indépendance des spacenoïdes, mais meurt d’une crise cardiaque juste avant un discours qui allait se révéler charnière pour les relations internationales. La dynastie Zabi, proche de Deikun, prend le pouvoir tandis que les relations avec la Terre se dégradent chaque jour un peu plus. Deikun a laissé derrière lui une famille, sa femme et ses deux enfants : Casval et Altesia. Soutenus par Jimba Ral, persuadé que le meurtre fut fomenté par les Zabi, les deux enfants s’apprêtaient à connaître un chamboulement de leur destin…



Il y a deux cas de figure quand on s’attaque à Gundam – The Origin : en ayant vu la série ou les films Mobile Suit Gundam, ou en ne les ayant pas vus. La particularité de cette intrigue est d’offrir deux types d’expériences selon le spectateur, des expériences nettement différentes. Gundam – The Origin s’appuie sur la légende qu’est le conflit de la Guerre d’Un An, une guerre narrée sous bien des angles depuis 1979, et sur le mémorable soldat qu’est Char Aznable, un des personnages majeurs de l’animation japonaise. Se lancer dans The Origin sans avoir connaissance de ce fond est un risque indéniable : si le fond politique de la série paraît riche, difficile de connaître exactement les tenants et les aboutissants de l’univers, puisque ce premier OAV ne prend pas vraiment la peine de les rappeler. Au contraire, il considère que le spectateur est en terrain connu, qu’il connait le conflit qui a opposé la Fédération Terrienne au Duché de Zeon, et que Char Aznable est un personnage qui doit désormais livrer quelques vérités sur son passé. C’est de cette manière que ce premier OAV se montre surprenant puisqu’il aborde une période passée sous silence (ou presque) dans les anime Gundam : la période d’avant-guerre.


Pour celui qui s’est passionné un tant soit peu à l’intrigue de Mobile Suit Gundam, le récit qu’est ce premier épisode captive à chaque seconde. Pas de gros robot ici, mais énormément de manigances politiques afin de montrer ce qui a amené le Duché de Zeon au pouvoir, et comment les hostilités ont pu démarrer entre les deux camps. Là où Mobile Suit Gundam gardait un certain manichéisme dans son aptitude à dépeindre Zeon comme le camp antagoniste, The Origin se montre plus mitigé. La scène politique de Side-3 est complexe, les populations se sentent opprimées et du côté des dirigeants, la nation compte son lot de nobles penseurs comme de sa troupe de pourris. Et ces figures, on les connait bien puisque l’anime Mobile Suit Gundam les a mises en avant, à tour de rôle. Alors, les revoir plus jeunes et à l’aube de ce qu’ils deviendront plus tard apporte un certain rafraichissement, notamment en ce qui concerne Ramba Ral qui est plus proche du tonton comique, mais attachant que du soldat de renom qu’il deviendra à l’avenir. Notons toutefois qu’aborder Gundam par The Origin n’est pas non plus chose impossible. L’expérience sera différente et au lieu de regarder des OAV pour connaître les origines d’un conflit et de personnages qu’on connait, il s’agira de découvrir tout un univers et une intrigue très politique qui se poursuivra dans les six autres OAV, puis dans les titres Mobile Suit Gundam, Mobile Suit Zeta Gundam, Mobile Suit Gundam ZZ, et enfin dans le film Mobile Suit Gundam – char Contre-attaque. Tout un programme, mais tel est le grand cycle du Calendrier universel initié par Yoshiyuki Tomino.



Si beaucoup de personnages interagissent dans ce premier épisode, la vedette paraît plus qu’évidente : Casval Rem Deikun, celui qui deviendra, plus tard, Char Aznable, aka la Comète Rouge. Découvrir l’enfant lorsqu’on connait l’adulte a quelque chose de tout à fait passionnant puisque l’on voit aisément dans ce petit garçon les germes du futur vengeur. Tout le long de l’épisode, la rancœur de Casval est abordée efficacement, que ce soit par ses dialogues cinglants avec les membres de la dynastie Zabi, son absence de retenue quand il s’agit d’accomplir ses objectifs, ou les différents jeux de regard autour du personnage, permettant de montrer son amour pour sa mère et sa petite-sœur comme sa colère contre ceux qui ont brisé sa famille. A ce titre, sa relation avec Artesia demeure particulièrement touchante, notamment dans la séquence finale de l’épisode, Casval incarnant le grand-frère protecteur par excellence. Cette relation entre frère et sœur est montrée volontairement comme une opposition à la liaison qu’entretiendront les deux personnages dans Mobile Suit Gundam. Ainsi, en plus de montrer une écriture habile de tous ces personnages, The Origin entretient une certaine mélancolie, il joue sur la corde sensible des fans tout en contribuant à rendre complexe l'histoire des deux enfants.


Techniquement, ce premier OAV montre que Sunrise s’est appliqué à adapter le manga de Yoshikazu Yasuhiko. D’un style proche au design d’origine de Mobile Suit Gundam, l’épisode fait preuve de belles démonstrations visuelles, dans son animation notamment, ainsi que dans les quelques séquences d’action particulièrement spectaculaires, par exemple la bataille spatiale qui ouvre le bal. L’utilisation de la CG est d’ailleurs bien pensée, amenant un léger côté cell-shading sans pour autant dénaturer la production. Alors, autant dire que ce premier OAV s’apprécie bien plus en haute-définition, puisque c’est sous ce format qu’il semble avoir été pensé.





On notera que la distribution de l’OAV est particulière. Il n’existe pas d’édition physique française à proprement parler, mais l’édition japonaise propose une piste de sous-titres dans la langue de Molière en ce qui concerne l’épisode (et non les bonus). Ainsi, @anime a mis en place un système de précommandes, en amont de la sortie de l’OAV, pour que les fans de l’hexagone puissent mettre la main dessus. L’édition proposée est la collector, un beau coffret aux dimensions d’un laser-disc, composé d’une boîte illustrée par Yoshikazu Yasuhiko, contant un story-board de l’OAV, deux livrets, et le boitier Blu-ray glissé sous un fourreau cartonné. La galette contient quelques suppléments, des commentaires audios et différents trailers. Pour les bonus, il faudra se contenter d'une piste de sous-titres anglaise. Évidemment, investir dans cette édition n’est pas donné à tout le monde, mais le coffret n’a pas à rougir de son prix dans l’édition est impressionnante une fois en main.

Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Takato

16.5 20


Note de la rédaction





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