The Asterisk War - Actualité anime

The Asterisk War

Critique du dvd : The Asterisk War

Publiée le Lundi, 28 Août 2017

A l'origine de The Asterisk War (Gakusen Toshi Asterisk), on trouve une série de light novels écrite par Yû Miyazaki et illustrée par Okiura. Publiée depuis septembre 2012 par Media Factory, cette série de romans compte à ce jour 12 volumes et est toujours en cours. Développant assez rapidement sa niche de fans, l'oeuvre connaît dès mai 2013 son adaptation en manga dessinée par Ningen (finie en 5 tomes), mais aussi un autre manga spin-off nommé Gakusen Toshi Asterisk Gaiden - Queen Veil no Tsubasa dessiné à partir de 2014 par Shô Akane.



En France, tout ceci est inédit, et il faut attendre 2015 pour que la licence fasse ses premiers pas dans notre pays avec son adaptation animée. Annoncée au printemps 2015, cette série télévisée voit ses 24 épisodes diffusés au Japon sur la chaîne Animax d'octobre 2015 à juin 2016. Dans nos contrées, c'est Wakanim qui s'est chargé du simulcast, puis la série a rejoint le catalogue streaming d'Amazon Prime avant de s'offrir une édition physique chez Kazé à partir de juillet 2017. Pour cette édition, Kazé, conformément aux désirs des ayants droit japonais, propose un format qui se fait de moins en moins : des DVDs et Blu-ray unitaire. Sont donc au programme, 4 disques contenant chacun 6 épisodes pour un prix d'environ 19,95€ pièce. Ici, il sera uniquement question du premier DVD unitaire.



A la production de cette série, on retrouve l'un des studios les plus connus de ces dernières années, à savoir A-1 Pictures, auquel on doit nombre de succès comme Sword Art Online, Erased, Your lie in april ou Aldnoah.Zero. Manabu Ono occupe la direction du projet, tandis que la réalisation est signée Kenji Seto. Les deux hommes ont auparavant rarement eu l'occasion d'occuper ces postes. Le character design est pris en charge par Tetsuya Kawakami, qui s'est aussi illustré à ce poste sur Nanana's Buried Treasure ou Freaky Girls. On peut également retenir aux musiques le nom de l'artiste suédois Rasmus Faber, spécialisé dans la musique électronique et actif depuis la fin des années 1990.



The Asterisk War nous plonge sur une Terre un brin futuriste, ou alors ancrée dans une réalité alternative. Depuis qu'une pluie de météorites nommée "Invertia" a détruit une partie du monde, dont plusieurs grandes villes, un nouvel élément jusque-là inconnu et appelé "Mana" a fait son apparition. Cet élément, en plus d'avoir permis d'importants progrès technologiques, a vu naître une nouvelle sorte d'humains : les "Genestellas", dotés de pouvoirs. Nouvelles figures de proue du monde, ces humains participent à la nouvelle organisation du monde en utilisant leurs pouvoirs et leur capacité à utiliser des armes spéciales dans des duels.



Rikka est l'un des piliers de ce nouveau système. Cette ville-académie, bâtie sur l'eau avec une forme d'astérisque, regroupe une bonne part de la fine fleur des jeunes Genestellas. Entre les cours et les activités extra-scolaires, les étudiants Genestellas s'appliquent à s'entraîner et à se livrer des duels afin de monter en grade dans le classement, le tout en vue de la Festa, une compétition organisée une fois par an dans l'académie et où s'affrontent les six plus grandes écoles mondiales de combattants Genestellas.



Ayato Amagiri est le personnage principal de l'histoire. S'il est arrivé dans la ville-académie, c'est pour une raison bien précise : retrouver la trace de sa soeur Haruka, combattante portée disparue. Mais son intégration au sein de Rikka s'annonce tumultueuse, car en plus de vite faire la fracassante rencontre de la dénommée Julis-Alexia, une "princesse démunie", il va dévoiler en lui d'impressionnantes capacités de Genestella.

Une ville-académie un peu isolée, où vivent et combattent des étudiants du monde entier dotés de pouvoirs : on le comprend dès le pitch, The Asterisk War ne semble pas vouloir renouveler quoi que ce soit, et devrait jouer sur des ficelles largement déjà vues. Cette première impression ne fait que se confirmer au fil de ces 6 premiers épisodes, pour le meilleur et pour le pire.



Et commençons justement par l'un des pires points de ce début de série : la contextualisation et la présentation de l'univers, très minimes. Les événements liés à l'Invertia (la pluie de météorites qui a changé la face du monde) sont expédiés en quelques secondes, de même que la présentation de Rikka. La cité offre tout de même son surnom d'astérisque à la série, et le sous-titre de l'oeuvre ("The Academy City on the Water") lui fait directement référence, et pourtant, au bout des 6 épisodes, les lieux sont très mal présentés et se cantonnent surtout à certaines places de l'académie. Pourquoi imaginer un lieu pareil, bâti sur l'eau et ayant une forme d'astérisque, si c'est pour ne jamais réellement mettre en valeur ces spécificités pendant ce qui constitue déjà un quart de la série ? Ça n'aide pas à l'immersion et empêche la série de se distinguer un peu plus... mais le but est-il seulement qu'elle se distingue ?



Si oui, c'est raté, car plutôt que de bien poser son univers, sa géographie, son système de combats et de classements, et bien d'autres choses, l'oeuvre préfère très vite jouer sur l'apparition de multiples personnages qui jouent tous sur des stéréotypes très appuyés, tellement appuyés qu'ils insupporteront une partie des spectateurs. Première rencontre marquante d'Ayato à l'académie, Julis-Alexia est un bon gros prototype de tsundere : princesse d'un pays lointain hautaine et solitaire, elle finira rapidement par plus se dévoiler devant le sympathique Ayato et par s'attacher à lui. Suivront bien d'autres figures : une présidente du conseil taquine en la personne de Claudia, une amie d'enfance aux airs de gamine blasée en Saya, une loli à boobs timide en Kirin, un gros bras plus droit qu'il n'en a l'air...



Les caractères ont le mérite d'être variés, mais ne font jamais dans l'originalité, ils sont calibrés pour plaire à une branche de spectateurs qui ne serait pas encore en forte indigestion de ce type de figures. Mais même en aimant cela, il y a de forts risques d'être agacé, tant les réactions de personnages sont bourrées de poncifs pas du tout naturels. A ce titre, le plus gros problème vient de la ponte d'ecchi très, très forcée. Nombre de petits moments insistent trop lourdement sur cet aspect : la culotte de Julis lors de sa première rencontre avec Ayato, le physique exagérément mignon et les mouvements de poitrine appuyés de Kirin, l'exubérance pas crédible d'Ernesta dans sa première apparition... le pire étant toutefois à mettre à l'actif de Claudia qui, derrière ses allures élégantes, se plaît à souvent "chauffer" Ayato, ce qui donne lieu à nombre de scènes trop gratuites : Claudia qui sort de sa douche quand Ayato arrive chez elle puis qui lui propose de baiser, Claudia qui se promène en micro-bikini dans la salle spéciale de conseil... euh, pourquoi ? Une pointe d'ecchi peut toujours être agréable quand elle est bien dosée et bien amenée, mais ici l'équilibre est mal dosé, et cela nuit considérablement au développement du scénario et à l'intérêt que l'on peut porter aux personnages, ces derniers étant tous beaucoup trop coincés dans leurs un ou deux traits de caractère clichés.



Et on en arrive à un autre point problématique : pendant que l'univers peine à bien se présenter, on assiste aux agissements de personnages qui, à cause de leur poncif et de leur manque de réel développement, n'arrivent pas vraiment à devenir attachants. Bien sûr, on devine que chacun d'eux à ses raisons d'être à Rikka pour la Festa et a des motivations pour se battre, mais à chaque fois qu'un focus est fait là-dessus il est rushé en quelques secondes et la série retombe ensuite dans ses travers. Quant à Ayato lui-même, il apparaît bien fade : à part être gentil, droit et fort et dégager parfois des allures de Kirito de Sword Art Online au rabais, il ne ressort pas grand-chose de lui, et la recherche de sa soeur est cruellement en retrait. Si bien qu'au final, au bout de six épisodes, tout ceci paraît très vide et dépourvu d'enjeux forts. On attend patiemment que l'oeuvre décolle, par exemple en développant un peu plus les diverses manigances qui naissent, mais ça peine à trouver de la consistance.



En attendant, en espérant que la suite décolle plus, on peut tout de même compter sur l'expertise du studio A-1 Pictures pour offrir un rendu visuel pas trop mal, alors même que la série semble être de celles qui n'ont pas d'autres ambitions que de renflouer les caisses en restant bien calibrées. Ça aurait pu être bâclé, et pourtant un certain soin est apporté à la fluidité, aux couleurs et aux jeux de lumière de l'ensemble. Ainsi, même s'ils ne sont malheureusement jamais réellement mis en avant, les décors restent soignés, de même que les personnages dont le design est aussi classique qu'efficace, car bien régulier. Que ce soit en temps normal ou lors des moments d'action, les mouvements et expressions sont généralement bien rendus, même si selon les personnages c'est, là, aussi, parfois beaucoup trop ancrés dans des poncifs (pitié, ces mimiques exagérément choupi-timide de Kirin...).


La principale déception vient alors des duels censés être au coeur de la série : A-1 Pictures se complaît comme souvent dans ses habitudes. Les petits effets de lumière en pagaille, les éléments numériques brillants (les armes, entre autres) et autres mouvements très fluides ne sont pas déplaisants, mais sont au service d'un certain vide côté mise en scène. C'est propre, c'est beau, c'est plein de petits "effets spéciaux", mais c'est orchestré sans panache. Déjà qu'il était dur de s'intéresser à fond aux quelques combats de ces premiers épisodes à cause de leur manque d'enjeux importants...



Enfin, du côté des musiques, on peut retenir le générique de fin plutôt envoûtant, mais en dehors de cela c'est banal, très banal. Les mélodies modernes, dans le fond, collent plutôt bien au contexte, mais elles s'avèrent souvent trop passe-partout, surtout lors des duels où elles peinent à bien souligner l'action.

Le travail des seiyû est dans l'ensemble, soigné, avec des voix généralement bien trouvées selon les caractères. Mais à plus d'une reprise, on ne peut que les trouver un peu moins concernées ou, pire, trop forcées. Sur ce dernier point, la voix d'Ari Ozawa, qui se force trop pour faire ressortir le côté jeune, timide et mignon de Kirin, devient parfois presque insupportable. Plutôt dommage de la part d'une comédienne de doublage qui a notamment su camper une Papi délirante dans Monster Musume, ou une Kurumi efficace dans School-Live!.



Avec ces six premiers épisodes, The Asterisk War démarre mollement, et se contente de jouer sur un récit et des personnages très calibrés et stéréotypés, en ne sachant pas vraiment poser de façon immersive son univers. Un public assez large peut y trouver son compte, d'autant que techniquement A-1 Pictures offre quelque chose de convenable pour une série de ce genre, mais mieux vaut ne pas être trop regardant. Si l'on se fie uniquement à ce premier DVD, cet anime semble voué à se noyer dans la masse de projets tout au plus divertissants si l'on n'en attend pas grand-chose, mais sans âme.



Concernant l'édition, on est sur du classique : un fourreau cartonné, contenant un boîtier amaray transparent dont la jaquette n'est illustrée que sur une face. Du côté des bonus, c'est le vide, hormis deux cartes postales. La qualité de l'image est dans l'ensemble très correcte, mais sur un grand écran on n'évite pas un peu d'aliasing par moments. La piste sonore, uniquement en vostf 2.0, est très claire.
Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

10 20


Note de la rédaction





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