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Dvd - Volume

Zatoichi

Age conseillé
16+
Note de la rédaction
Note des lecteurs
Price
19.95 €

Au Japon, au XIXe siècle, Zatoichi est un voyageur aveugle gagnant sa vie comme joueur professionnel et masseur. Mais derrière son humble apparence, il est un redoutable combattant, rapide comme l'éclair et dont les coups s'avèrent d'une stupéfiante précision.
Alors qu'il traverse la montagne, il découvre une petite ville entièrement sous la coupe d'un gang. Son chef, Ginzo, se débarasse de tous ceux qui osent se dresser sur son chemin, d'autant plus efficacement qu'il a engagé un redoutable samouraï ronin, Hattori.

Dans un tripot, Zatoichi rencontre deux geishas, aussi dangereuses que belles. Okinu et sa soeur Osei vont de ville en ville à la recherche du meurtrier de leurs parents. Elles possèdent pour seul indice un nom mystérieux : Kuchinawa.
Dès que les hommes de main de Ginzo croisent Zatoichi, l'affrontement est inévitable et sa légendaire canne-épée rentre en action.

Dans le Japon des samouraïs, Zatoïchi est un voyageur aveugle qui gagne sa vie en tant que masseur et joueur aux dés. Son handicap dissimule en réalité un bretteur excellent, dont l'extrême précision et la rapidité en font un combattant inaccessible. Zatoïchi arrive dans un village sous la coupe d'un chef local, Ginzo, qui fait régner la terreur et est en conflit permanent avec les différents clans. Ginzo s'est attaché les services d'un samouraï ronin, Hattori Gennosuke. Lui aussi est doté d'un talent remarquable mais souhaite avant tout subvenir aux besoins de sa femme malade et éliminer les fantômes de son passé en lavant l'outrage qui lui a été fait lors de sa jeunesse.
Zatoïchi rencontre dans un bar deux geishas, belles mais dangereuses, qui se rendent de ville en ville pour rechercher le meurtrier de leurs parents. Leur seul indice est un nom.
Alors que le masseur aveugle profite de la protection d'une villageoise, tante Oume, il se rend compte que les despotes du village ne sont pas de sinistres inconnus...

Sorti en 2003, Zatoïchi est réalisé par Takeshi Kitano et a pour acteur principal le même Takeshi Kitano ! (Beat Takeshi étant son pseudonyme d'acteur).
Non seulement Kitano trouve ici un de ses meilleurs rôles mais il élabore aussi un de ses plus beaux films. 2 coups de sabre d'affilée ! Au même titre que d'autres légendes du cinéma (Clint Eastwood pour l'Occident vient tout de suite à l'esprit), Kitano montre de nouveau son talent en réalisant un film grandiose et en reprenant lui-même le rôle principal. On remarquera que, comme dans tous ses grands films (Hana-bi, Aniki, Kikujiro), Kitano ne s'est pas trompé et sait ce qu'il peut jouer ou pas : le rôle de Zatoïchi lui sied à ravir. Kitano ne saurait-il jouer que des rôles où il apparaît silencieux, brutal et mystérieux ? Rien n'est moins sûr. Toujours est-il que Kitano en masseur peu loquace, c'est juste irrésistible.
Kitano ne porte pas le film à lui seul, les autres acteurs effectuent des prestations tout aussi remarquables. Tadanobu Asano, froid, taciturne, mais ô combien attachant, était taillé pour le rôle.
Les deux geishas sont tout aussi étonnantes. On regrette de ne pas plus pouvoir contempler la belle Yui Natsukawa, qui joue la femme malade de Hattori.

Le film est assez long, mais le rythme est naturel. Plutôt que suivre bêtement la quête de Zatoïchi, Kitano s'attarde aussi sur le passé des geishas et de Hattori. Ces passages sont disséminés tout au long du film et ne brisent pas le rythme, venant enrichir les personnages.
Les scènes d'action sont attendues et prévisibles mais menées avec brio. La violence est stylisée : giclées de sang exagérées (pas autant que dans un Tarantino, qui tente justement, il l'avoue lui-même, de copier l'Asie sur ce point sans jamais l'égaler), membres découpés, mouvements souples. Il ne s'agit pas là d'une violence vulgaire et gratuite. Un coup suffit généralement, il n'y a pas d'acharnement. C'est la noblesse des bretteurs qui transparaît, la violence pour le salut, pas une quelconque sauvagerie. Une violence dans la pure tradition du film de samouraï.

L' « humour Kitano » est aussi présent ! Le cinéaste/acteur parvient à déclencher quelques éclats de rire, soudains, imprévus. Comme dans Aniki et Kikujiro, un personnage comique sert de faire-valoir à cet humour si particulier, sous forme de gags créatifs.

La mise en scène ne plaira pas à tout un chacun. Les décors sont clos, les environnements naturels spacieux n'interviennent que pour les grandes batailles, pas d'effets spéciaux, des caméras on ne peut plus fixes. Beaucoup trouveront ça vieillot, faisant paraître le film comme un petit budget... Ce n'est pas l'effet voulu !!! Les codes du cinéma japonais sont ici abondamment utilisés. L'initié retrouvera les mêmes ingrédients, au niveau de l'image et de la manière de filmer, que dans un film de Kurosawa ou d'Ozu. Pas besoin cependant de faire partie des connaisseurs ou d'une élite auto-proclamée ayant la prétention de saisir la substantifique moelle d'un cinéma japonais hermétique. On aura beau ne pas apprécier la façon de filmer, Zatoïchi brille sur tout le reste.
Et, surtout, la mise en scène traditionnelle n'empêche pas le film d'être beau. Ce film est beau, encore une fois dans la pure tradition des films des années 70-80. Les intérieurs, les cours, les cerisiers, le linge, les sabres : c'est le Japon au temps des samouraïs.
Que dire de Kitano, teint en blond, cheveux courts, des lentilles dorées pour représenter sa cécité : le héros mythique du Japon renaît. On imagine le contentement de la population japonaise, Zatoïchi ayant tout écrasé au box-office lors de sa sortie.

Il n'est pas envisageable de ne pas dire un mot sur la somptueuse scène de fin concluant le film. Alors que Zatoïchi achève sa lutte, une danse traditionnelle reprenant tous les acteurs du film, hormis Kitano, fait son apparition. Elle est parfaitement intégrée au film et ne fait pas office de caprice ou d'originalité grandiloquente. Sonnant comme un adieu au spectateur et comme une conclusion au film, on a rarement vu une scène de fin aussi puissante. D'abord parce que cette danse renvoie au Japon traditionnel et aussi parce que cette scène revêt une esthétique toute particulière. Tantôt le spectateur occidental appliquera ses propres références (les « claquettes japonaises » lui rappelleront les claquettes irlandaises ou tap dance), tantôt il pourra observer toute la richesse de la culture traditionnelle nippone grâce aux chorégraphies en costumes.

Niveau son, la VO est excellente. Le ton de chaque personnage est très juste. La VF est beaucoup plus satisfaisante qu'à l'accoutumée !
De plus, comme tout gros morceau de cinéma, Zatoïchi repose, en plus de son scénario et son image, sur sa bande-son. Une bande-son mêlant musiques traditionnelles à des musiques beaucoup plus modernes, pour un mélange des genres qui fait mouche.

L'édition simple de Zatoïchi s'avère très soignée.
L'écran-titre du Dvd est absolument superbe. Idem pour les passages aux différents menus, très classes, qui reprennent des scènes cultes du film en les réutilisant intelligemment de manière dynamique pour rendre l'interaction vivante. C'est un procédé classique du support Dvd mais quand c'est utilisé de cette manière, on ne peut qu'apprécier.
Quelques bandes-annonces sont présentes, pas de traces d'interviews ou autres bonus.

Zatoïchi, en plus de présenter une histoire passionnante, renvoie au Japon traditionnel. Scénario, décors, son, la maîtrise de Kitano est omniprésente, même si on déplorera que tout est finalement assez prévisible. Si le scénario reste trop classique, les touches d'originalité interviennent dans le domaine musical et dans l'aspect esthétique. Certaines scènes comme les batailles, le passé de Hattori et la danse finale transcendent littéralement le genre.

Sergio Leone a réinventé le western. George Lucas et James Cameron réinventent la science-fiction.

Le cinéaste japonais contemporain le plus connu ne déçoit pas.
Takeshi Kitano avait déjà réinventé le film de yakuza.
Takeshi Kitano explore avec Zatoïchi, de la plus belle des manières, le film de samouraï, sans le réinventer, mais y apposant sa patte irrésistible.


Rogue


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