Dvd - Volume
Sympathy For Mister Vengeance - Collector
- Title JP: N/C
- Translated title: Boksuneun naui geot
- Studios: CJ Entertainment
- Writer: PARK-Chan-Wook
- Réalisateur: PARK-Chan-Wook
- Type: Live
- Genre: Drame , Policier
- Publisher: HK Vidéo
- Release date: 09 June 2004
- DVD_ORIGINE: Coree - 2002
- Language: vf/vostf
- Number of episode(s): 1
- For mature public: non
- EAN Code: 3512391809508
Jeune sourd-muet, Ryu est prêt à tout pour sauver sa soeur qui a désespérément besoin d’une greffe de rein. Puisqu’il n’est pas donneur compatible et qu’il n’a pas les moyens de payer l’opération, Ryu se tourne vers des trafiquants d’organes, mais il se retrouve avec un rein de moins et presque plus d’argent… Son amie, anarchiste pure et dure, le convainc de kidnapper la fille du richissime Dongjim, pour obtenir la rançon qui financera l’opération. Cet acte va marquer le début d’une sombre spirale où une vengeance va en appeler une autre…
Dvd Bonus:
Bonus vidéo
DVD 1 :
Commentaire audio de Park Chan-wook et Ryu Seung-san
Bandes-annonces
DVD 2 :
Rencontre avec Park Chan-wook
Making of
Interviews des acteurs
Equipes techniques : direction technique, direction artistique
Story-boards animés : séquence des trafiquants, séquence de la rivière, séquence des anarchistes
L’ambiance sonore du film
Filmographies
Bande-annonce
Bonus informatique
Lien Internet
Ryu (Shin Ha-Kyun) est sourd et muet. Ayant peu de moyens pour subvenir à ses besoins, il reste animé d'une profonde innocence et bonté. Prêt à offrir un de ses reins à sa sœur mourante, il n'est pas un donneur compatible. À court d'argent, et après avoir démissionné de son travail, il s'adresse au marché noir... Ceci marquera le début d'une longue souffrance. Cette tentative échouant, sa petite amie (Bae Doo-Na) le convaincra de kidnapper la petite fille de Park Dong-Jin (Song Kang-Ho), son ancien patron, afin d'obtenir une rançon qui permettra de financer l'opération. Mais rien ne va se passer comme prévu.
Premier film d'un triptyque portant sur la thématique de la vengeance, Sympathy for Mr Vengeance transcende les habitudes du thriller sud-coréen qui est connu pour se démarquer par sa vision pessimiste et négative de l'Homme. Plus violent et choquant que tout ce qui a été fait avant lui, il se pose en nouveau standard du genre. Eprouver de la compassion face à une personne s'illustrant par sa débauche de violence vengeresse ? Park Chan-Wook montre que cela est tout à fait envisageable.
« Rien ne va se passer comme prévu ». Sympathy for Mr Vengeance donne à ces mots une signification qui n'a jamais été aussi fataliste. Les situations tragiques vont s'enchaîner sans que les personnages y soient vraiment pour quelque chose, et sans que l'ensemble paraisse exagéré. C'est tout le cinéma de Park Chan-Wook qui apparaît. Les personnages principaux de Sympathy for Mr Vengeance, Ryu et Park Dong-Jin, sont bons, mais affaiblis par la pression d'une société intransigeante, et victimes des aléas et de la malchance. Difficile de comparer ce cinéma à un autre : on pourrait tout au plus tenter un rapprochement avec la misère sociale accablante des oeuvres de Alejandro Gonzalez Inarritu. Park Chan-Wook se distingue néanmoins en faisant de la violence physique une réponse de ses personnages face à des situations insupportables.
En cela, le terme « Sympathy » prend toute son ampleur. Faux-ami dans la langue française, il ne signifie aucunement qu'il faille éprouver une quelconque « sympathie » pour les martyrs vengeurs, mais de la « compassion ». Pari réussi. Impossible de rester de marbre face à ces personnages. Mais le réalisateur ne se contente pas d'une vision simpliste. Certes, le fatalisme est présent, mais les personnages évoluent radicalement. Soumis à une souffrance insurmontable, tous décident de mener leur vengeance : faibles, les personnages se muent en meurtriers perfectibles.
Sympathy for Mr Vengeance, comme aucun autre film, montre qu'il est possible de se métamorphoser après une expérience douloureuse. Pas de recherche de rédemption et de pardon : les personnages cèdent à la violence pour se sentir mieux, une quête contre ceux qui les ont fait souffrir. Une quête qui n'apparaît pas instinctive mais réfléchie. Au lieu de nous resservir une vengeance bienveillante, où le martyr se ravise, Park Chan-Wook choque en poussant le concept de vengeance primaire, par une annihilation purifiante et assainissante. « Tuer celui qui a fait mal », un sentiment humain refoulé depuis l'instauration d'une morale chrétienne et d'un ordre public nécessaire, trouve dans ce film le meilleur écho qui puisse être.
Ce qui prédomine dans le film, c'est bien une violence sous ses deux formes. Loin d'illustrer avec facilité et vulgarité une violence physique jouissive et libératrice, le cinéaste sud-coréen développe aussi une violence psychologique et sociale, proche de celle de Pedro Almodovar, et de celle plus discrète dans un A History of Violence de Cronenberg. Les personnages de Sympathy for Mr Vengeance, avant de passer à une violence physique, pour tuer, souffrent suite à des événements qu'ils n'ont pas pu forcément contrôler. La violence physique est une réponse à la violence psychologique. Park Chan-Wook, tel un professeur dans un laboratoire, son film étant une éprouvette, saisit l'animalité de l'Homme. Il démontre, dans une chronique de la violence sociale (pression de la société, manque d'argent, situations familiale et professionnelle difficiles), qu'en ayant recours à la violence physique, l'Homme ne fait que réagir en s'adaptant à son environnement, tel un mécanisme de défense. Dans leur quête de vengeance, ce n'est plus vraiment la volonté de nuire, de défaire les coupables que l'on décèle chez les personnages, mais une épopée salvatrice pour eux-mêmes.
Le réalisateur en profite pour dénoncer les excès d'une société sud-coréenne ultra-libérale : marché noir mafieux, couverture santé insuffisante, pression de la société, licenciements abusifs. La compagne de Ryu, jouée par Bae Doo-Na, parfaite, est une militante d'extrême gauche tendant vers un comportement asocial et marginal. L'ensemble s'incorpore parfaitement au récit puisqu'il conduit aux événements entraînant justement la vengeance.
Dans Sympathy for Mr Vengeance, la violence n'est pas esthétisante et épurée comme peut l'être celle du troisième opus du triptyque, Lady Vengeance. La manière de filmer de Park Chan-Wook n'est jamais perverse ou malsaine. Certaines scènes sont difficilement supportables, dont celle dans un crématorium, dont le degré d'intensité est assommant. Et la perte d'humanité des personnages justifient tous les excès : déjeuner face à une scène de torture, rouer de coups jusqu'à ce que les limites physiques se fassent sentir...
Le scénario est basique, la narration beaucoup plus savante. Le film peut être décomposé en deux parties. Première partie : les événements qui vont conduire à la vengeance (le cinéaste s'axe sur Ryu). Seconde partie : la vengeance elle-même (le cinéaste s'axe sur Park Dong-Jin). Toutefois une constante demeure : ce n'est pas un Mister Vengeance mais à deux que l'on sera confrontés... Ryu et Park Dong-Jin revêtent chacun ce rôle. Une dualité qui permet un parallèle passionnant, enrichissant ces deux personnages, jusqu'à une lutte finale entre les deux logique, mais pourtant si douloureuse et inégale. En ayant fait preuve de compassion pour ces deux personnages tout au long du film, la scène finale n'en est que plus forte : le spectateur est tiraillé, espérant à tout prix que quelque chose vienne mettre fin à ce combat pour l'un, car il ne le mérite pas, et espérant dans le même temps que l'autre parvienne à ses fins... Un paradoxe sadique est posé par le cinéaste à ses spectateurs.
L'image et le jeu de caméras sont excellents : on passe tantôt de l'hôpital aseptisé à des intérieurs poisseux, jusqu'aux bords d'un lac bleu-vert. Côté son, c'est tout aussi magistral : musique classique (violons), à la fois agressive et mélancolique.
Le jeu des acteurs n'est pas en reste. Il n'est pas aisé de jouer des personnages s'adonnant à tant de violence. Pourtant, on n'a jamais perçu un tel réalisme, une telle humilité, dans les yeux des acteurs lors de ces séquences. Sympathy for Mr Vengeance dérange aussi pour cela : jamais l'on a vu violence aussi réaliste. L'on est complètement dans le film, on ressent tout ce qui s'y passe, et c'est bien pour ça que la violence, sous ses deux types, semble insoutenable. Shin Ha-Kyun (vu dans JSA) réalise là l'une des plus grosses performances dans un thriller sud-coréen. Song Kang-Ho, plus célèbre, se voit ici ramener à un rôle où il doit abandonner tout excès : il étonne en évoluant du personnage amorphe, touché à vif par ce qui lui arrive, vers un personnage qui s'éveille en se livrant à des joies sadiques, la souffrance le faisant d'ailleurs tendre vers le mutisme, dont est atteint son adversaire.
L'édition collector rend hommage à l'oeuvre. On a droit à une superbe jaquette où les deux personnages principaux se croisent sur une ambiance verdâtre sombre mais surtout à un boîtier métallisé marqué par un simili-jet de sang. Excellente idée que ce boîtier métallisé : au toucher, la jaquette est aussi froide que le film ! Pas de livret collector mais un intérieur très classe. Les DVD regorgent de bonus : making-of, très nombreuses interviews, commentaires audio... Classique mais abondant.
Trop de violence ? Trop de noirceur ? Inspiré par l'univers de Dostoievski, Park Chan-Wook livre une oeuvre très personnelle dans laquelle la cruauté est palpable. Apprécier Sympathy for Mr Vengeance dépend du sens des réalités de chacun. Ce monde si pessimiste n'est peut-être pas si éloigné qu'on veut bien le croire. Violence et beauté se côtoient dans cette oeuvre magistrale, fer de lance d'un genre dans le cinéma coréen. Ce film brille sur tout ce qui fait le cinéma : image, son, acteurs, dialogues... et sens. Le sens de Sympathy, on l'a bien compris, c'est de montrer qu'aussi laide soit-elle, la vengeance demeure toujours une issue pour s'en sortir. Se remettre d'aplomb. Et continuer d'avancer. Peut-être.
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Enigma
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"Si personne ne s'en souvient, alors ça n'a jamais existé"
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