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Dvd - Volume

Sparrow

Age conseillé
16+
Note de la rédaction
Price
19.95 €

À Hong Kong, un « Sparrow » est un pickpocket. Kei est le plus habile de tous. Un jour, il croise la route d’une femme, Chun Lei. Chaque membre du gang va tomber sous le charme de cette femme qui ne les a pas croisés par hasard. Elle veut que les pickpockets dérobent pour son compte quelque chose de très précieux…

À Hong Kong, Kei (Simon Yam) est le plus habile des pick pockets. Entre deux vols de portefeuilles avec les membres de son gang, il aime arpenter la ville à vélo, et prendre des photos. Les quatre membres du gang rencontrent tour à tour Chun Lei (Kelly Lin)... ce qui leur occasionne de sérieux ennuis. Car cette femme ne les a pas croisés au hasard.

Nouveau film de Johnnie To, maître du polar hong kongais, Sparrow ressemble une parenthèse durant laquelle le réalisateur a décidé de se faire plaisir. Le tournage de Sparrow aura été particulier, le réalisateur tournant quelques scènes tous les trois ou quatre mois, quand une idée lui venait. Plus expérimental au niveau esthétique, et écartant le rythme nerveux des thrillers hong kongais, ce film n'en demeure pas moins intéressant. Le titre joue sur un double sens : « sparrow » signifie à la fois « pick pocket » dans l'argot hong kongais et « moineau » selon une traduction anglaise plus littérale. Ce jeu de mots habile illustre le scénario du film : les quatre pickpockets devront réussir à libérer le moineau (Chun Lei) de la cage où il est enfermé.

Sparrow s'affranchit donc de tous les codes du cinéma habituel de Johnnie To (hormis ses acteurs fétiches et l'humour de situations, typique) pour apparaître comme une comédie légère et mélancolique. Sparrow est donc résolument différent des autres films signés To. Au niveau du jeu de caméras, le cinéaste se focalise sur les décors ou les détails, une première. Niveau rythme, il prend son temps, et le film apparaîtra sans doute un peu trop lent aux yeux de certains. Malgré tout l'attachement qu'on peut avoir à observer les réunions du gang lors du petit-déjeuner dans leur restaurant habituel, voir déambuler Kei en vélo, reconnaître dans la scène du moineau sur la fenêtre un symbole fort, on s'ennuie quelque peu, c'est indéniable.

Mais tout est relatif. Car certaines séquences sont immanquables. Celle qui met en scène la laborieuse matinée de « travail » est par exemple excellente. La petite chorégraphie des voleurs est réglée comme une boîte à musique. Les pickpocjets jonglent tels des automates avec les porte-feuilles et Johnnie To prouve témoigne de toute sa maîtrise avec un jeu de caméras malicieux « bousculade/dérobade », un coup j'te vois/un coup j'te vois pas. Tout cela prend place sur une petite musique parfaitement adaptée des Français Xavier Jamaux et Fred Avril. La dernière scène, ballet sous la pluie, que l'on pourra juger stylisée à outrance mais qui reste agréable, est un hommage non dissimulé aux Parapluies de Cherbourg.

Mais les plus malins vont vite être manipulés à leur tour. C'est leur coeur que la mystérieuse Chun Lei leur dérobe. Elle les embauche à leur insu dans son petit vol à elle. Et chacune des scènes où elle les fait tomber un à un dans son filet sont délicieusement burlesques et sentimentales : un ballon de baudruche dans un ascenseur... Une fois découverte, Chun Lei saura persuader les quatre amis, chacun étant fâché contre l'autre d'avoir pu succomber aux charmes de la belle, de se réunir pour l'aider : une scène à l'humour irrésistible durant laquelle tous portent les stigmates (bandages et plâtres) de leur roulement dans la farine. Les pickpockets se décideront à affronter un ennemi redoutable, qui pratiqua jadis leur art, devenu chef de triade : Monsieur Fu, dont Chun Lei veut fuir l'influence. Les rebondissements de ce concours entre professionnels peinent à donner un rythme au film mais l'essentiel n'est pas là. Johnnie To en profite pour rendre hommage à sa ville, Hong Kong, comme d'autres ont pu rendre hommage à New York, Paris, Barcelone, Tokyo. Le réalisateur a souvent fait de Hong Kong la métropole des sept pêchés capitaux (dont de la gourmandise avec le génial acteur Lam Suet !), mais jamais il ne l'avait filmé ainsi : une ville agréable où il fait bon vivre, à la fois immense et simple. Johnnie To rend enfin hommage à la culture hong kongaise, avec une fin où les grandes vertus asiatiques (dignité, simplicité) prévalent sans prétention aucune.

Côté casting, observons que Simon Yam est encore impeccable. Jouant à peine, tout lui semble naturel. Le duo Simon Yam - Johnnie To est décidément un gage perpétuel de qualité. Les autres membres du gang sont joués par des acteurs moins connus mais tous sont impeccables. Kelly Lin livre enfin une interprétation correcte. D'ordinaire fadasse, elle réussit à imposer un autre style, à susciter désir et compassion.

Malgré de la tranches-de-vie poussive, Sparrow n'a aucun mal à susciter l'intérêt en étant différent. La nouveauté (esthétique inventive, scénario sympathique) mêlée aux habitudes (casting et humour typique à Johnnie To) en font un bon bol de fraîcheur.


Rogue


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Je suis une solitaire... Ça m'emmerde de passer des coups de fil, d'écrire...
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