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Dvd - Volume

Roi des Ronces (le)

Title JP: いばらの王 -King of Thorn-
Translated title: Ibara no Ou - King of Thorn

Studios: Sunrise 

Writer: IWAHARA Yûji 

Character Designer: MATSUBARA Hidenori 

Réalisateur: KATAYAMA Kazuyoshi 

vidéo manga - Roi des Ronces (le)
Average MN rating 14/20
Average reader rating 18/20

De plus en plus de personne, tout comme Kasumi, sont victimes du virus Medusa, une maladie qui calcifie les cellules du corps. Choisie pour faire partie d’un programme scientifique, elle est séparée de sa soeur jumelle Shizuku, afin d'être cryogéniser pour se réveiller une fois un remède trouvé. Le réveil du coma artificiel dans lequel elle et 159 autres personnes ont été plongées va être brutal: confrontés à un environnement hostile inattendu, rongés par la maladie, poursuivis par des bêtes féroces, peuvent-ils seulement espérer survivre ?


Highlight of the dvd:

Adapté du manga de Yuji Iwahara (6 volumes chez Soleil), Le Roi des Ronces est une nouvelle preuve de l’imagination fertile des auteurs japonais, et du savoir-faire des studios d’animation nippon. A la frontière entre survival horreur et film d’action, Le Roi des Ronces, sélectionné dans de nombreux festivals internationaux (Les Utopiales, Sitges, Future Film Festival...) concilie en effet un scénario rythmé et des scènes d’action magistrales, à une ambiance mystérieuse et oppressante servie par des décors somptueux et une galerie de créatures fascinantes.
Sorte de relecture futuriste (et un peu gore) du conte de la Belle au Bois Dormant, avec le château et ses ronces et les personnages plongés dans un sommeil séculaire, Le Roi des Ronces mélange tous les ingrédients du cinéma de divertissement fantastique : intrigue mystérieuse, poursuite en huis clos à la Cube, créatures extraordinaires à la Alien... Un condensé de suspense psychologique et d’action qui s’inscrit dans la grande tradition du studio Sunrise.

"Il n'y a pas de miracles sans qu'on en fasse d'abord le vœu"

Dans un futur assez proche, l'humanité sera confronté à un nouveau fléau : le virus Medousa. Ce syndrôme de calcification des cellules entraine en quelques semaines la mort des personnes infectées en les transformant littéralement en statue de pierre. Dans l'attente d'un jour meilleur où un remède sera trouvé, la fondation Vega entreprend une opération de cryogénisation d'une centaine d'élus. Parmi eux, une jeune fille japonaise, Kasumi, séparée de sa soeur jumelle. Mais à leur réveil, les choses semblent ne pas s'être déroulées comme prévu : le centre est infestée de gigantesques ronces, et hormis les patients sortant de leur long sommeil, il n'y pas âme qui vive... si ce n'est de terrifiants monstres ! Ainsi, ces quelques personnes devront à la fois survivre à une menace extérieure et intérieure...

Film d'animation sorti dans les salles japonaises en mai 2010, Le Roi des Ronces est l'adaptation du manga éponyme de Yuji Iwahara (Nekoten, Le Monde de Misaki) et devenu notoire grâce (ou à cause) de sa version couleur aux éditions Soleil Manga. Cette série d'action, matinée d'une ambiance à la survival horror, réunit des ingrédients dignes d'un long métrage à suspens, et méritait donc logiquement une version animée digne de ce nom. La Sunrise, société de production du film, a su s'entourer d'un casting expérimenté pour cette adapration, avec notamment Kazuoyshi Katayama à la réalisation à (Argento Soma The Big O) ou Kenji Andô au mosnter-design (Karas). Avec un tel condensé de talents et une base prometteuse, nous pouvions espérer un résultat à la hauteur... Hélas, de nombreux points laisseront perplexes les lecteurs de la première heure.

En effet, cette version cinématographique s'autorise de nombreux écarts par rapport au manga. Si cet aspect est généralement incontournable dans les adaptations pour enlever certaines longueurs, le résultat est ici très inégal. Dès le départ, le ton n'est pas le même. Alors que dans le manga, les bases de l'intrigue et l'introduction de Kasumi dans le centre avant son réveil sont réglés en quelques pages, l'introduction du film se veut beaucoup plus explicative, avec l'illustration très détaillée de la maladie, la présentation de la fondation et même la rencontre préalable avec les futurs survivants. Alors que cette mise en situation se veut très longue, le récit s'accélère de manière bien trop abrupte lorsque l'intrigue commence enfin. Là où le manga parvient à dépeindre l'angoisse des survivants, le film enchaine les séquences d'action, les alternant avec des phases de révélation beaucoup trop "premier degré" : si Iwahara morcelait son intrigue au travers de flash-backs subjectifs pour que le lecteur reconstitue le puzzle, ici les explications sont trop franches et déséquilibrent le rythme du long métrage. Cela n'empêchera pas d'ailleurs d'aboutir à un final cryptique où les derniers mystères seront bien difficiles à appréhender pour le spectateur peu attentif.

Sans trop se défaire du manga, ce film perd néanmoins l'essentiel : l'ambiance si unique qu'ont les récits de Yuji Iwahara, parvenant à mêler intrigues lourdes et une certaine candeur. Cet aspect ressort principalement au niveau des personnages qui ne sont que l'ombre d'eux-mêmes. Seuls Kasumi et Marco seront vraiment mis en avant, tandis que les autres paraissent bien transparents, ne servant qu'à faire des paris sur le prochain à y passer. Les morts sont d'ailleurs le moment où on se rend compte de ce manque d'attachement, puisqu'aucune émotion ne ressort ! Enfin, l'habitué du manga s'étonnera du changement de caractère et de passé de certains protagonistes. Marco y perd son statut de bad boy, tandis que Tim passe d'un garçon pleurnichard à un gamin insouciant fan de jeux vidéos... ça passe ou ça casse ! Le film tente de se rapprocher de l'œuvre originale en rappelant souvent ses références à la belle au bois dormant, le conte ponctuant le récit entre chaque chapitre. Néanmoins, il en aurait fallu d'avantage pour arriver à séduire les adeptes de l'auteur.

Le film se démarque néanmoins par sa réalisation de haut vol, où l'on notera une intégration parfaitement réussie de modèles 3D en cel-shading, notamment pour le bestiaire mais aussi pour les personnages pour les séquences les plus dynamiques. Il faudra un petit moment pour se rendre compte de cette transition, qui se ressent surtout au niveau des expressions des protagonistes. On regrettera en revanche d'avoir perdu le chara-design rondouillard d'Iwahara pour aller vers un style plus classique. La palette de couleurs est un peu terne, gâchant l'oppression qu'aurait pu susciter le lieu, mais les effets de lumière et d'explosion garantissent le succès du dynamisme de l'action. Seule la partie finale nous laissera plus mitigés par sa surenchère visuelle. Sans être inoubliable, la bande-son colle parfaitement à l'ambiance avec quelques sonorités médiévales rappelant l'architecture du centre.

Comme on pouvait s'y attendre, cette édition simple du film ne contient aucun supplément, sinon les sempiternelles bandes-annonces de Kazé. Le support est néanmoins d'une qualité raisonnable. Disponibles en trois langues, les sous-titres contiennent néanmoins quelques problèmes de placement. La version française, quant à elle, sera acceptable malgré un certain manque d'intensité général. Mais étonnamment, cela ne dénature pas avec l'ambiance assez morne de cette adaptation.

Au final, cette version cinématographique du Roi des Ronces perd beaucoup de l'esprit originel de la série et du talent du mangaka. Il en devient donc un divertissement très classique, mais superbement réalisé, prouvant qu'animation 2D et 3D peuvent faire bon ménage. Le spectateur néophyte y trouvera son compte malgré quelques problèmes de rythme et une conclusion difficile à suivre, tandis que le lecteur connaissant les rebondissement du manga restera de son côté plus perplexe. Comme quoi, adapter un manga s'inspirant du cinéma peut finalement être un problème épineux...


 


Tianjun


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