Dvd - Volume
Mother
- Title JP: N/C
- Translated title: Madeo
- Studios: Barunson Film Division CJ Entertainment
- Writer: BONG Joon-ho
- Réalisateur: BONG Joon-ho
- Type: Live
- Genre: Drame , Policier
- Publisher: Diaphana
- Release date: 02 June 2010
- DVD_ORIGINE: Coree - 2009
- Language: vf/vostf
- Number of episode(s): 1
- For mature public: non
- EAN Code: 3384442242950
Une veuve élève son fils unique Do-joon qui est sa seule raison d’être. À 28 ans, il est loin d’être indépendant et sa naïveté le conduit à se comporter parfois bêtement et dangereusement ce qui rend sa mère anxieuse. Un jour, une fille est retrouvée morte et Do-joon est accusé de ce meurtre. Afin de sauver son fils, sa mère remue ciel et terre mais l’avocat incompétent qu’elle a choisi ne lui apporte guère d’aide. La police classe très vite l’affaire. Comptant sur son seul instinc maternel, ne se fiant à personne, la mère part elle-même à la recherche du meurtrier, prête à tout pour prouver l’innocence de son fils…
Dvd Bonus:
Documentaire sur le tournage du film (20’)
Analyse de l’oeuvre de Bong Joon-ho (15’)
Bandes-annonces
« Toi, c’est moi. Nous étions seuls au monde ! »
Corée du Sud contemporaine. Une veuve (Kim Hye-Ja) vit avec son fils unique âgé de 28 ans Yoon Do-Joon (Won Bin), qu'elle surprotège car il est atteint d'un déficit mental léger. Du fait de ses fréquentations, le jeune homme a souvent des ennuis avec la police. Le jour où une jeune fille est retrouvée morte, Yoon Do-Joon est le suspect n°1. Jugé coupable, l'affaire est vite classée. Mais sa mère va mener un combat pour prouver son innocence. Son fils est sa seule raison de vivre, elle est la seule à croire à son innocence, la seule à pouvoir le sauver.
Fort d'un cinéma populaire, Bong Joon-Ho s'intéresse ici à un foyer sud-coréen, celui d'une vieille veuve qui travaille dans une petite herboristerie et doit prendre, non pas un, mais deux destins en main. Son propre destin ainsi que ce lui d'un fils qui oublie dans la minute ce qui vient de se passer lors de la précédente. Il se fait accuser à la place de ses amis, des petites frappes. Méprisé du village dans lequel il vit, idiot, totalement immature, à la parole sporadique, mu par des manies dignes d’un fou, pauvre de surcroît, Yoon Do-Joon est un coupable idéal.
Comme dans ses films précédents, Bong Joon-Ho dénonce habilement les notables. Après la police dans Memories of Murder et les politiciens dans The Host, le réalisateur met ici en exergue un avocat égoïste et opportuniste. Bong Joon-Ho se pose en sociologue cynique et pessimiste. Exemple d'une scène de karaoké, où l’avocat du fils, saoul et en compagnie de call girls et d’anciens camarades d’université bien placés, propose à la mère un accord : plaider la folie pour permettre au fils de ne faire que quatre ans de prison (et l'avocat de rajouter que cela équivaut au temps entre les deux Coupes du monde de football au cours desquelles l’équipe coréenne s’est distinguée). Cyniques, toutes les personnes entourant la mère et son fils, le sont aussi, les abandonnant vite. C'est la mère qui reprendra le rôle de la défense de son fils. Mother dresse ainsi le portrait d’une femme mettant tous les moyens en œuvre pour prouver l'innocence de celui pour qui elle a tout donné. TOUS les moyens, et c'est bien ce qui fait l'intérêt du film.
L'enquête menée par la mère est le fil conducteur de la narration. Pourtant celle-ci s'efforce aussi de traiter un sujet fort : la culpabilité. Cachée devant son attitude de surprotection à l'égard de son fils, la mère garde un lourd secret. Ces regrets de la mère sont tout à fait intéressants du point de vue scénaristique, mais ils ne produisent pas leur effet à l'écran, car une scène surjouée par la mère aussi bien que par le fils fait tache dans ce tableau dramatique. Hormis cette fameuse scène, Won Bin et Kim Hye-Ja sont époustouflants. Kim Hye-Ja, en Corée du Sud reconnue comme l'une des plus grandes, incarne dans Mother un rôle à contre-emploi de ceux qui ont fait sa célébrité (la mère idéale dans de nombreux téléfilms). Bong Joon-Ho prenait donc un risque en rompant ainsi un lien entre l'actrice et son public. Mais évidemment, le talent du cinéaste et de l'actrice donne lieu à une interprétation extraordinaire. L'actrice revêt tous les masques possibles du drame : froide lors de l'interrogatoire d'un autre jeune homme, éplorée et perdue, furie vengeresse cédant aux instincts les plus primaires, ou femme cassée mais apaisée. Notons en cela une fin absolument géniale, jouant sur des phases émotionnelles contradictoires, métaphores du calme après la tempête. Won Bin est lui-aussi impeccable.
La richesse de la mise en scène complète le film. Contrairement à un Memories of Murder classique de ce point de vue, Bong Joon-Ho emploie de nouvelles idées de montage. Des nouvelles idées qui s'imposaient pour explorer la diversité des situations : tout est quasi-métaphorique dans Mother. Le cinéaste filme la surprotection et l'enfermement à travers les intérieurs exigus. La danse de la mère dans de grands champs de blé évoque la liberté retrouvée après une quête exténuante... et même bien plus que cela. Lors de son enquête, la mère est humiliée, presque ruinée. Que la maternité tende ainsi vers l'acharnement hystérique et la folie obsessionnelle est un sujet tabou. Il n'est pas étonnant que ce soit un cinéaste sud-coréen qui en parle le mieux, étant donné le regard acerbe porté sans crainte par le cinéma sud-coréen sur certains thèmes « inexplorables ». En effet, derrière le quotidien simple de la mère et de son fils, devant une maternité, se cache une horreur qui va naître de la banalité. La véritable culpabilité est en fait dissimulée sous la complexité d'un rapport mère-fils particulier. Mother crée le flou autour de l’attribution des responsabilités. Do-Joon se fait laver, nourrir, dort avec sa mère. Le fils est dressé. « Quand on te frappe, tu frappes ». Et quand sa mère parle, le fils écoute aveuglément. Ce qui implique quoi ? Que l'innocence n'est jamais là où on la croit. Et l'issue de ce thriller n'en est que plus savoureuse.
Fort d'un mélange des genres typique des thrillers sud-coréens contemporains, le burlesque apparaît... mais Bong Joon-Ho ne l'utilise qu'en début d'intrigue, preuve qu'il a voulu évité tout égarement lorsqu'il se focalise sur la quête de la mère.
Il faut aussi relever deux faits remarquables.
D'une part, Bong Joon-Ho, avec Do-Joon, nous présente encore un personnage atteint de déficit intellectuel. Or, des personnages de ce genre étaient déjà présents dans Memories of murder et The Host, des personnages tenant d'ailleurs des rôles principaux. Aucune trace cependant d'une éventuelle question pertinente d'un journaliste lors du making-of : il faudra attendre pour savoir pourquoi Bong Joon-Ho est si attaché à ce genre de personnages. Au-delà, on peut d'ailleurs retrouver ce genre de personnage chez d'autres réalisateurs, dans des rôles secondaires mais capitaux pour le bon déroulement du scénario (chez Park Chan-Wook par exemple). Il s'agit là d'une spécificité étonnante du cinéma sud-coréen qui mérite d'être creusée.
D'autre part, Mother est sorti la même année qu'un autre grand film dressant le portait d'une vieille femme confrontée à l'horreur : Poetry, de Lee Chang-Dong. L'ensemble de la critique s'est amusée de cette coïncidence, sachant qu'en plus, les deux films ont été salués sur un pied d'égalité (à savoir l'excellence et des prix remportés un peu partout dans le monde). En dépit de la différence de réalisateur, les deux films se complètent parfaitement ! Un diptyque purement hasardeux ? On en douterait !
Niveau édition, pas grand chose à se mettre sous le dent si ce n'est les traditionnels making-of et interviews.
Servi par des interprétations prodigieuses, une mise en scène osée et une intrigue dont le suspens est géré à la perfection, Mother est une nouvelle réussite pour Bong Joon-Ho et le cinéma sud-coréen.
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Chaque homme a un rêve qui l'obsède et qui finit par le tuer
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