Dvd - Volume
Locataires
- Title JP: N/C
- Translated title: Bin-jip
- Studios: Cineclick Asia KIM Ki-Duk Film
- Writer: KIM Ki-Duk
- Réalisateur: KIM Ki-Duk
- Type: Live
- Genre: Drame , Action
- Collection: Asian Side
- Publisher: Wild Side Video
- Release date: 04 March 2008
- DVD_ORIGINE: Coree - 2004
- Language: vf/vostf
- Number of episode(s): 1
- For mature public: non
- EAN Code: 3700301014436
Tae-suk arpente les rues à moto. Il laisse des prospectus sur les poignées de porte des maisons. Quand il revient quelques jours après, il sait ainsi lesquelles sont désertées. Il y pénètre alors et occupe ces lieux inhabités, sans jamais rien y voler. Il va même jusqu’à laver le linge et réparer les objets cassés qui l’entourent.
Un jour, il s’installe dans une maison aisée où habite Sun-houa, une femme maltraitée par son mari. Dès qu’il découvre sa présence, il quitte les lieux. Pourtant, ne pouvant l’oublier, il revient sur ses pas pour l’emmener avec lui. Dès lors, d’appartements en villas, de demeures en maisons, le couple partage en silence la solitude qui les unit. Alors que tout le monde cherche à les séparer, un étrange lien aussi puissant qu’invisible semble les confondre.
Highlight of the dvd:
Réalisateur de plus en plus admiré dans le monde et de plus en plus
connu en France, KIM Ki-duk livre avec LOCATAIRES son film le plus
abouti.
Une étrange et pénétrante évasion, faite autant de poésie et
d’amour fou que de satire sociale : aussi tendre qu’il paraît cruel,
LOCATAIRES charme indubitablement (près de 150 000 entrées au cinéma).
Une
expérience intense magnifiée par des comédiens solaires et servie par
une réalisation très inspirée : à votre tour d’être conquis…
Tae-Suk (Lee Hyun-Kyoon) arpente les rues à moto. Il laisse des prospectus sur les poignées de porte des maisons. Quand il revient quelques jours après, il sait ainsi qu'elles sont désertées. Il y pénètre alors et occupe ces lieux inhabités, pour y passer la nuit et se restaurer, sans jamais rien y voler. Il effectue de petites réparations, lave le linge des occupants absents, arrose les plantes... Un jour, il s'installe dans une maison plus luxueuse, sans s'apercevoir qu'une femme y loge, Sun-Hwa (Lee Seung-Yeon), maltraitée par son mari Min-Gyu (Kwon Hyuk-Ho). Après leur rencontre, Sun-Hwa s'enfuira avec Tae-Suk. Ensemble ils pénètrent dans d'autres habitations. Mais il sera bien vite mis un terme à la complicité silencieuse qui s'établit entre eux.
Kim Ki-Duk, connu pour ses oeuvres précédentes considérées comme de vraies fables cinématographiques, signe avec Locataires un film onirique et surréaliste, tiré d'un scénario simple mais dont il parvient à dégager toute la quintessence.
Locataires peut conduire à un changement des mentalités des spectateurs habituellement réfractaires au cinéma étranger. Des personnes peu attirées par des versions originales avec sous-titres y verront un film dans lequel tout passe par l'image, une des caractéristiques du film étant la rareté des dialogues. De même, pas la peine de craindre un décalage culturel puisque Locataires s'inscrit dans une thématique universelle : la rencontre de deux êtres, dont l'un est marginalisé par la société, et l'autre marginalisée par un autre individu qui la bat.
Locataires est un très beau film qui explore la comédie avant de virer au drame et termine très habilement sur du fantastique, contribuant à faire de l'ensemble une poésie mystique. Evitant le superflu et marqué par une simplicité remarquable, le film regorge de métaphores visuelles et d'une symbolique forte.
C'est d'abord le symbole du génie malin qui transparaît à travers le personnage de Tae-Suk, qui pénètre à l'intérieur d'habitations vides et y effectue des tâches dans le dos des propriétaires. Il insuffle de la vie et de la gaieté dans des appartements à l'abandon. Lorsque, changeant de lieu, le jeune homme rencontre fortuitement Sun-Hwa, jeune épouse battue, toute la réflexion autour de la solitude et de l’aliénation de l’être surgit. La découverte de Tae-Suk par Sun-Hwa (ou le contraire... car en fait, qui découvre l'autre ?) est une scène sublime. Celle-ci s'apparente à une rencontre entre une bête et un humain. L'un s'est introduit tel un chat errant, l'autre a le visage tuméfié après avoir été battue. Par conséquent, qui est la bête, qui est l'humain ? Entre ces deux individus naîtra une relation où la communication orale est absente. Cela donne lieu à une mise en scène délicate, où chacun des personnages comprend l'autre par la gestuelle et les regards. Tout est finalement très simple : Sun-Hwa s'interpose pour faire comprendre à Tae-Suk qu'il doit s'arrêter, Tae-Suk sonde à l'infini le visage de Sun-Hwa pour la voir sourire. Kim Ki-Duk met en avant la puissance du corps, la quasi-résurgence du mime. En cela, on peut se poser la question du rapport à l'érotisme des deux personnages. Le romantisme est voilé dans le mutisme des personnages mais on ressent bien une certaine attirance, liée au jeu de regards furtifs. Toute leur relation n'est que suggestive. Locataires filme, au-delà d'une rencontre, la reconstruction d’une femme, son épanouissement dans une relation toute autre que celle qu'elle mène avec son mari. Plutôt que d'être battue, elle s'épanouit avec Tae-Suk dans la spiritualité. Elle adopte son mode de vie, partage des moments de vie... et peut enfin vivre, elle-même, enfin, loin de la violence de son mari. Une tension indéniable ressort du mutisme permanent, tant à cause du fait que l'on ne se doute pas un seul instant de ce qui va bien pouvoir advenir des personnages et de leur relation, mais aussi parce que l'ambiance silencieuse intrigue et captive plutôt que d'endormir. Ainsi, jamais l'ennui ne s'installe.
Toujours du point de vue de la symbolique, Locataires met en exergue l'importance des choix de vie. Tae-Suk n'est pas dépourvu de moyens et de domicile par fatalité (le cinéaste délivre quelques indices sur le passé du personnage), mais par choix. Kim Ki-Duk pose la question, sans jamais être moralisateur ou bien-pensant, d'une société coréenne qui ne tolère pas ceux qui vivent autrement et qui sont durement réprimés. Dans le même temps, le réalisateur opte pour la symbolique d'un retour aux traditions coréennes, puisque les amants découvriront une maison traditionnelle coréenne, synonyme d'apaisement complet. Après les nombreuses références à la peinture dans ses précédents films, Kim Ki-Duk utilise dans Locataires la photographie. C'est la symbolique de l'habitat qui est ici évoquée. Des individus vivant dans la même demeure acquièrent un patrimoine sentimental commun. Ainsi, Tae-Suk, avec son appareil numérique, s’approprie une part de la vie de familles qui lui sont étrangères, tentant de se constituer des souvenirs, en photographiant les lieux dans lesquels il a passé une courte partie de son existence.
Pour autant, Locataires n'est pas dépourvu de violence. Celle-ci est souvent ironique et humoristique (une balle de golf qui provoque un accident mortel en pleine rue, une vengeance personnelle de Tae-Suk) ou plus grave et dénonciatrice (la violence habituelle du mari sur Sun-Hwa, la vengeance du mari s'abattant sur Tae-Suk sous l’oeil complaisant d'un policier). L'humour demeure savamment utilisé, notamment parce que le réalisateur détourne certaines images de la société sud-coréenne (le golf, sport bourgeois ici pratiqué par Tae-Suk qui est SDF et l'utilise pour se venger d'individus plus aisés).
Puis, en fin de film, Locataires vire au fantastique. Une tournure logique, bienvenue, et très maîtrisée. Ayant développé une sorte « d'art martial » en prison, Tae-Suk se rend invisible aux yeux des occupants des habitations. Il s'affranchit des contraintes de la réalité, et la fin est grandiose en termes de sensibilité.
Sur le plan esthétique, alors même que la majorité des scènes se situent en intérieur, la beauté des images est un envoûtement. La musique est quasiment absente. Kim Ki-Duk a opté pour une nouvelle originalité selon laquelle un même morceau est diffusé dans les différentes maisons visitées (via les chaînes hi-fi), et, hormis cet aspect, la bande-son est vierge.
Le casting est parfait. Lee Hyun-Kyoon est subtil et tout en contraste : d'une présence légère et éphémère lorsqu'il pénètre dans les habitations, il passe à une interprétation plus marquée lors de certains passages. L'actrice Lee Seung-Yeon, dont le personnage est mannequin pour photos érotiques et artistiques, est elle-aussi divine, grâce à des sourires trop rares et une beauté altérée par la violence.
On regrettera que l'édition DVD soit si avare en bonus...
Locataires est une oeuvre complète, le travail sur l'image étant lié à une narration et un scénario très simples. Un film beau, captivant, sensible,
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La dernière légende de cette Terre allait enfin commencer
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