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Dvd - Volume

Le Vieux Jardin

Age conseillé
16+
Note de la rédaction
Note des lecteurs
Price
9.95 €

Corée, 1980. Jeune militant socialiste recherché par l'armée, Hyun-woo trouve refuge auprès de onn-hee, avec qui il vit une histoire d'amour passionnée. Mais il est finalement arrêté et passe 17 ans en prison. A sa sortie, il redécouvre son pays transformé et se souvient de son passé avec Yooon-hee.


Dvd Bonus:

Introduction au film par le réalisateur
Un requiem dédié aux années 80 en Corée : making-of (26’)
> Faire ce film :
- L’esthétique 3D : séquences avant/après trucages numérique (15’)

- Un devoir inachevé : retour sur la fin du film avec le réalisateur (2’)

- Un jour, un cri : tournage des scènes de manifestation (7’)

- L’affiche : making-of des séances photos (5’)
> Souvenirs de la Corée des années 80 :
- La situation historique : retour sur le contexte historique dans lequel s’inscrit le film (8’)

- Je peux en parler, maintenant : montage d’archives d’époque sur les manifestations (vidéo + photos) (4’)

- Une jeunesse sans couleur : la vision d’une jeunesse coréenne des années 80 (4’ 30)
- Galerie Photos
- Filmographies
- Bande-annonce
- Liens Internet


Highlight of the dvd:

Avec cette adaptation du roman de Hwang Sok-yong (au succès foudroyant en Corée, avec plus de 80 000 exemplaires écoulés en 3 semaines, et récompensé de plusieurs prix littéraires), Im Sang-soo, déjà réalisateur de President’s last Bang et Une femme coréenne, poursuit sa relecture de l’histoire contemporaine sud-coréenne en rappelant les troubles et manifestations de Kwangju en 1980 (suite au coup d’état de 79 en Corée).
Avec Jin-hee Ji (Perhaps Love) et Yum Jung-ah (2 sœurs, 3 Extrêmes).

Sélection officielle au Festival du Film Asiatique de Deauville 2007 et au Festival de San Sebastian 2006

Hyun-Woo est un militant socialiste. Il participe aux manifestations de 1980, consécutives au coup d'Etat du général Chun Doo-Hwan. Recherché par la police, Hyun-Woo doit s'exiler. Il est recueilli par Yoon-Hee, une enseignante passionnée de peinture. Décidant de repartir en ville pour combattre, Hyun-Woo est retrouvé et emprisonné pendant 17 ans. À sa sortie de prison, il retourne dans la région où il a connu Yoon-Hee. Mais celle-ci est décédée de maladie peu avant la libération de Hyun-Woo.

Le vieux jardin est adapté du roman éponyme de Hwang Sok-Yong, écrivain célèbre en Corée du Sud.

Après The president's last bang, qui décrivait les circonstances de l'assassinat du dictateur Park Chung-Hee, Im Sang-Soo poursuit sa lecture de l’histoire contemporaine sud-coréenne. Le vieux jardin a en effet pour toile de fond le soulèvement de Kwangju, en 1980, consécutif à l'état de siège décrété après le coup d'Etat du général Chon Tu-Hwan.

Le vieux jardin est marqué par l'empreinte de la mélancolie et par l'identité forte de sa narration. Le film est construit sur deux aspects, dont on a du mal à distinguer lequel des deux est le véritable point central. Et c'est tant mieux. Ainsi, Le vieux jardin entremêle une (belle) histoire d'amour à une (belle) intrigue politique.

Le vieux jardin, c'est avant tout l'histoire d'un drame entre deux personnes qui se glisse dans une période historique difficile pour la Corée du Sud. Le vieux jardin rappelle un des chefs d'oeuvre de Sydney Pollack, Nos plus belles années, qui sur le même modèle, narre une histoire d'amour (Barbra Streisand/Robert Redford) sur fond de maccarthysme aux Etats-Unis. Im Sang-Soo en tire une leçon qui en fera frémir plus d'un : une histoire d'amour ne peut être vécue lorsque, fidèle à ses convictions, l'un des membres estime avoir encore quelque chose à accomplir. Cruel, le film d'Im Sang-Soo l'est sur de nombreux points.

D'une part en ce qu'il oppose la force des convictions face à celle des sentiments. Que choisir ? La réponse diverge chez Hyun-Woo et Yoon-Hee. L'un tente de convaincre l'autre que le destin du pays influe sur celui de la population. Il parviendra même à l'entraîner, l'espace d'un instant, dans sa lutte. Il tente aussi de se convaincre lui-même, tiraillé par ce choix. L'autre se focalise sur l'art. Seul celui-ci autoriserait un sacrifice qui serait plus fort que l'amour. La scène de la séparation entre les deux êtres est digne des plus grands films du genre. Toutes les pensées de Yoon-He, qu’elle n’ose pas dire à Hyun-Woo, nous sont révélées. On lit dans le même temps dans les yeux de Hyun-Woo : on y voit tantôt la détermination, tantôt le refus d'abandonner cette femme qu'il aime. La douleur du pays entier s’incarne dans le destin du personnage principal, héros inconnu luttant pour la démocratie.

D'autre part, Le vieux jardin a lieu au cours d'une période durant laquelle les révoltes sont légions. La violence est présente par bribes, pour mieux acculer le spectateur. L'armée réprime, la police tabasse, avec sang-froid. Les manifestants crient, une jeune fille s’immole par le feu, et des années plus tard, les traces demeurent visibles. Hyun-Woo fuit mais tombe. Emprisonné, sa fragilité ne se révèle que dans la solitude, narguant le gardien qui le torture, mais sanglotant une fois plongé dans la pénombre. Yoon-Hee tente bien de venir le voir, mais en tant qu'opposant au régime, les visites sont forcément complexes.

Hormis cette dualité, particulièrement intéressante, entre convictions et sentiments, Le vieux jardin se caractérise par un rythme lent et contemplatif, qui ne gêne clairement pas. Le début nous montre Hyun-Woo sortant de prison. Toute l'intrigue est narrée sous forme de longs flash-backs, avec de courts retours dans le présent. Et la fin tend vers le futur, puisque Hyun-Woo fera la rencontre d'une personne à laquelle il ne s'attendait pas. Cette inscription du film dans ce rapport au temps trouve toute sa signification dans l'image. Les saisons se succèdent, la Corée change de visage. Cheveux coupés, cheveux devenus gris, cheveux perdus dans la maladie : quelques métaphores sont présentes ça et là pour nous rappeler l'importance du temps qui passe.

Si la bande-son est excellente, la mise en scène reste peu étonnante. L'image est belle, comme dit précédemment, notamment avec le climat et la végétation des saisons qui changent, mais surtout grâce à la scène des adieux, sous une pluie battante. On n'aura jamais autant haï cette pluie tropicale qui s'abat sur Hyun-Woo et Yoon-Hee, qui ne laisse aucune chance en s'abattant avec une telle violence.

Im Sang-Soo se place de temps à autre d'un point de vue ironique. En plus de poser la question, si difficile, du choix entre convictions et sentiments, le cinéaste vise d'autres choses. Ainsi, Hyun-Woo, militant, a le luxe d'avoir sa famille derrière lui comme soutien, notamment financier, avant et après sa sortie de prison (une réplique acerbe d'un membre de la famille ne manque pas de souligner cet aspect). Est-ce là un rappel à la dure réalité ? Que les convictions appellent un soutien, sans quoi elles ne peuvent être décemment menées ? Autre remarque : Yoon-Hee, femme de caractère, se moque de la politique, cynique face à ceux qui, au nom du bien collectif, semblent eux se moquer des personnes qui les aiment.

Côté acteurs, Ji Jin-Hee livre une interprétation excellente. Point noir toutefois, puisque personne dans l'équipe n'a semble-t-il jugé opportun d'enlaidir l'acteur. Sortant de prison après 17 ans d'enfermement, bien que les cheveux blanchis, le personnage de Hyun-Woo demeure trop beau, pas assez fatigué ou même sali. Maquillage à revoir messieurs, Ji Jin-Hee est encore bien trop présentable et aboutit à un manque de réalisme flagrant. Yeom Jeong-A quant à elle est convaincante.

Les bonus DVD sont intéressants, et l'on constate tout le travail autour de la reconstitution des décors, calqués sur les images d'archives du soulèvement de Gwangju. On appréciera une VF assez satisfaisante.

Im Sang-Soo montre que les genres et les sens peuvent se confondre. Le vieux jardin est passionnant par sa thématique duale d'histoire d'amour sur contexte politique difficile. Un très beau film, mélancolique et sensible.


Rogue


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