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Dvd - Volume

Lady Vengeance - Edition Collector 2 DVD

Age conseillé
16+
Note de la rédaction
Note des lecteurs
Price
9.99 €

Geum-ja obtient une remise de peine après avoir purgé 13 années de détention. Celle qui a obtenu une libération anticipée pour sa conduite admirable et exemplaire en prison tourne subitement le dos à tous ceux qui l’ont aidée à sortir. Elle est consumée par la haine et le remord. Elle voue désormais son existence entière à l’assouvissement de sa vengeance contre un mystérieux enseignant.


Dvd Bonus:

Le film en deux versions :

    * version cinéma (VF DTS)
    * director’s cut (VOST DTS)

Livret
Bonus vidéo
Making of
Interview du réalisateur
Interviews des acteurs

Injustement accusée du kidnapping et du meurtre d'un enfant, Lee Geum-ja se retrouve incarcérée dans une prison pour femmes. Pendant des années, elle supporte la mesquinerie et l'enfermement... et fomente un plan pour se venger du vrai coupable, qui l'a accusée à sa place. Au sortir de l'enfer, le plan est arrivé à maturité... Geum-Ja retrouve la liberté et n'a pour seul but que de retrouver Monsieur Baek, enseignant pervers assassinant ses élèves.

Après Sympathy for Mr Vengeance et Old Boy, le réalisateur Park Chan-Wook nous propose avec Lady Vengeance son troisième et dernier film d'un triptyque portant sur la thématique de la vengeance. Les trois films sont indépendants les uns des autres, devant être regardés comme trois segments enrichissant une problématique globale dont les aspects sont multiples.

Lady Vengeance dispose du scénario le plus classique du triptyque. Ceci est encore plus flagrant puisqu'il fait suite à Old Boy, manipulateur et longtemps impénétrable (jusqu'à une fin en apothéose). Pour autant, Lady Vengeance ne souffre aucunement de cette simplicité, en parvenant à créer quelque chose de très fort. Lady Vengeance a son identité propre, Park Chan-Wook ayant encore évolué dans ses désirs, son jeu de caméras... Le nom du film en dit beaucoup : la volonté de Park Chan-Wook est de traiter la vengeance d'un point de vue féminin. Un sujet tabou, puisque la femme, donnant la vie, censée être plus sage et réfléchie dans ses actes, est considérée comme ne pas pouvoir faire preuve d'une violence vengeresse démesurée. Park Chan-Wook l'a bien compris : Lady Vengeance est beaucoup moins violent que ses prédécesseurs, le personnage de Geum-Ja préférant une violence psychologique à la violence physique pure, une femme n'ayant pas la même manière d'exprimer sa souffrance. Le talent du réalisateur est d'avoir su, pour la troisième fois consécutive, adapter sa violence. Le film est donc une ode à la violence stylisée. Geum-Ja surprend par une personnalité presque excentrique, volontairement trop maquillée pour ne pas paraître aimable, se faisant construire un pistolet esthétique, gravé et sur mesure (pas d'armes blanches, pas d'outils), choisissant les pièges plutôt que les coups, partageant sa vengeance avec autrui plutôt que de la mener de façon égoïste et solitaire, « d'homme à homme » (ce qui était le cas des deux précédents opus). La féminité du personnage n'appelle plus un déchaînement de violence reposant sur la force pure. La vision de Park Chan-Wook est parfaitement transmise : la violence dégagée par Geum-Ja a du charme. L'efficacité de cette violence stylisée s'appuie nécessairement sur une condition, et pas la moindre : le personnage de Lee Geum-Ja, et donc forcément l'actrice, qui se doit d'être irréprochable. C'est évidemment le cas. La superbe Lee Young-Ae porte le film. A tel point que le tueur d'enfants, Monsieur Baek, interprété par Choi Min-Sik (le Old Boy !), en apparaît presque fade. D'ailleurs, Park Chan-Wook ne s'intéresse pas plus que cela à ce personnage.

Le cinéaste rajoute une touche malsaine qui fait l'intérêt de son cinéma : le tueur d'enfants est enseignant et s'avère tourner des snuff movies avec ses élèves. Cette légende urbaine rajoute un ton encore plus pessimiste au film. Rarement évoquée au cinéma ou dans la littérature, c'est encore une fois un sud-coréen qui ose... Les connaisseurs feront un parallèle avec Gunslinger girl, chef d'oeuvre du manga seinen qui n'hésite pas à s'illustrer lui aussi intelligemment dans le domaine. D'autres scènes marquantes surprennent, notamment celle, fameuse, de la « thérapie de groupe » où Geum-Ja est parvenue à réunir l'ensemble des familles qui ont perdu leur enfant à cause du coupable. Une scène difficilement supportable, qui sonne comme un parallèle à la scène du crématorium de Sympathy for Mr Vengeance. Surtout, Park Chan-Wook tente d'explorer tous les aspects d'une vengeance de femme, introduisant la fille de Geum-Ja, lui conférant un rôle important : la maternité est-elle soluble dans la quête menée ?

Lady Vengeance est un enchantement car le cinéaste sait ce qu'il veut. Comme dans Sympathy et dans Old Boy, la violence est sans concessions. Pas de cris suppliant d'épargner, pas d'hésitations. Il est loin le cinéma occidental bienpensant avec des personnages hésitants et nobles, accordant le pardon après d'interminables questionnements. Ici, comme dans Sympathy et Old Boy, la violence est brute et simpliste. La souffrance ne peut être apaisée que par la vengeance privée, la vendetta (à ce titre, l'appellation italienne du film, Lady Vendetta, à la Mostra de Venise, était encore plus porteuse !), l'annihilation de celui qui a provoqué les maux. Geum-Ja a souffert, elle ne méritait pas ça : elle tue. Vengeance pure : vengeance apaisante. Et vengeance pas si irrationnelle que voudrait nous le faire croire toute une partie de la pensée occidentale.

Une fois de plus, Park Chan-Wook nous donne une leçon de narration. Sympathy for Mr Vengeance suivait une narration pouvant être décomposée en deux parties. Les flash-backs occupaient une place considérable dans Old Boy. Lady Vengeance part sur autre chose : l'introduction de fantasmes, de rêves et d'hallucinations de Geum-Ja, portant sur la manière de poursuivre sa vengeance. Par un aspect lent, Lady Vengeance semble même servir de terreau pour la fable déjantée et controversée du même réalisateur, I'm a cyborg but I'm ok, sorti postérieurement.

Puisque Lady Vengeance fait la part belle à une violence stylisée, l'image a évidemment été privilégiée. Park Chan-Wook a osé certaines choses, et cela fonctionne pas mal : utilisation d'images de synthèse, caméras placées dans des recoins. Mais il revient souvent à des plans classiques mais efficaces (travelling pendant un gun-fight, caméra en mode subjectif lors de la thérapie de groupe dans une salle de classe). L'image est de même très raffinée grâce à Lee Young-Ae, divine, renvoyant à une figure mythologique de la femme vengeresse. Maquillage exagéré, garde-robes, postures... Sur le plan physique, on croirait presque que ce personnage a inspiré les développeurs de Platinum Games pour le design de leur héroïne de jeu vidéo Bayonetta.
Côté son, Park Chan-Wook ne change pas : une musique classique ténébreuse pour une ambiance froide.

Le pari de faire tenir une bonne partie du film sur l'actrice Lee Yeong-Ae est osé et réussi. Park Chan-Wook fait souvent le lien entre le personnage de Geum-Ja et ses ex-camarades prisonnières, à travers de courts flash-backs. L'intérêt de ceux-ci n'est pas négligeable, permettant de voir tout un pan de la prison pour femmes (rare dans le cinéma occidental), dominée par la mesquinerie entre détenues. Là encore, Park Chan-Wook se permet une référence à la mythologie grecque, avec une petite scène macabre mais jouissive (Agamemnon n'en dirait pas autant). Le réalisateur excelle dans l'humour noir, qui survient par petits pics. Le cinéaste ne fait pas vivre à son personnage une expérience traumatisante au sein de l'établissement pénitentiaire. Geum-Ja ne devient pas plus violente et ne s'endurcit pas à cause de la difficulté des situations dans lesquelles elle se retrouve en prison, elle l'est uniquement à cause de cette mise en prison injustifiée et dans le but de préparer sa vengeance. La prison revêt l'aspect d'un aquarium où elle va pouvoir développer sa vengeance dans des conditions idéales, où sa conscience et ses objectifs restent en éveil.

Niveau édition, cette édition collector est superbe. La jaquette très classe est dans la continuité du film : un blanc épuré accompagné du visage maquillé de notre Lady. Pas moins de 3 DVD sont disponibles. L'un contient le film (on préfèrera la VO même si la VF est très réussie) ainsi que des commentaires audio de l'équipe du film. L'autre contient une version director's cut du film, avec passage progressif de la couleur au noir et blanc : pas indispensable mais très sympathique, et l'on continue de s'apercevoir du travail fait sur l'image. Le troisième DVD contient un maximum de bonus : making-of très complet, interviews, présentation à la Mostra de Venise... Cette édition contient aussi un livret introduisant quelques commentaires sur le succès et l'intérêt du film mais surtout de superbes images reprenant les affiches cinéma coréennes, où l'on voit que la symbolique religieuse était mise en avant. Une édition de grande qualité donc.

Le voile de l'excellence à tout niveau plane sur Lady Vengeance. Park Chan-Wook parvient à maîtriser de bout en bout sa vengeance au féminin. La douceur et la beauté de l'actrice contrastent en permanence avec la quête qui doit être poursuivie. Moralité choquante et pourtant si logique en fin de film dans l'esprit du spectateur : la vengeance peut être belle.


Rogue


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