Dvd - Volume
Kagemusha - L'ombre du guerrier
- Title JP: N/C
- Translated title: Kagemusha
- Studios: TÔHÔ
- Writer: KUROSAWA Akira
- Réalisateur: KUROSAWA Akira
- Type: Live
- Genre: Action , Historique
- Publisher: 20th Century Fox
- Release date: 26 June 2002
- DVD_ORIGINE: Japon - 1980
- Language: vf/vostf
- Number of episode(s): 1
- For mature public: non
- EAN Code: 3344428007591
1572 - Dans un Japon en proie à des guerres incessantes, Shingen Takeda, voudrait agrandir son territoire mais se heurte à d’autres chefs de clans prestigieux. Au cours d’une bataille, Shingen Takeda est blessé à mort. La nouvelle se répand vite chez ses ennemis, mais aucun n’a la preuve qu’il est vraiment mort. Fort de ce doute, celui-ci fait promettre avant de mourir à ses généraux de garder le secret de sa mort pendant trois ans, période durant laquelle il sera remplacé par un « Kagemusha » ou « ombre du guerrier ». Ses qualités font du Kagemusha un seigneur aussi efficace et respecté que le vrai, ce qui lui vaut la jalousie du prince héritier, Katsuyori. Mais le stratagème est bientôt éventé…
Au XVI° siècle, le Japon est en proie à des guerres incessantes entre clans. Le clan Takeda fait partie des plus puissants. Son chef, Shingen Takeda, rêve de prendre Kyoto et de s'emparer ainsi de tout le pays. Mais lors du siège du château de Noda, il est mortellement blessé. Pour protéger le clan, il ordonne à ses vassaux de dissimuler sa mort pendant une durée de trois ans. Le frère de Shingen, qui lui servait de doublure à l'occasion, met la main sur un sosie parfait. Voleur porté vers la boisson, il reçoit pourtant la confiance du seigneur. Il devra braver les intrigues, tromper l'entourage de Shingen et défendre le territoire des Takeda, pendant trois ans.
Kagemusha est un film mémorable. Il représente un aboutissement pour Akira Kurosawa, l'un des meilleurs cinéastes japonais, qui est ici à son plus haut niveau. Fresque épique, Kagemusha n'est pas un modèle des films de samouraï ou films de guerre nippons : il est bien plus que cela, riche et beau.
La scène d'ouverture présente un plan statique de six minutes, un montage, le frère présentant au seigneur le fameux sosie venant d'échapper à la crucifixion. On a d'ailleurs très peur en assistant à cette première scène du film, en intérieur fermé, le grain de l'image ne pouvant être totalement adapté aux normes actuelles. La mise en scène et l'image ont vieilli, mais de manière générale, hormis cette première scène, le film reste superbe. Cinéma japonais des années 70-80 oblige, la caméra est souvent fixe, l'absence de mouvements est caractéristique. Tout se joue sur un plan, hormis les scènes où les armées se déplacent, et où l'on peut admirer un nombre impressionnant de figurants pour l'époque. L'ambiance du Japon féodal n'a jamais été aussi bien retranscrite que dans les films de Kurosawa. Avec Ran, autre chef d'oeuvre du cinéaste, Kagemusha en est le meilleur exemple. Au niveau des décors, des costumes, de la reconstitution, le travail effectué est phénoménal. Amateurs des mangas Vagabond et de l'Habitant de l'infini, jetez-vous sans hésiter sur Kagemusha. Vous ressentirez la même chose qu'à la lecture des oeuvres précitées : l'ambiance forte d'une période charnière de l'histoire nippone.
Doté d'une faculté d'adaptation impressionnante, le Kagemusha parvient à se sortir de toutes les situations avec les honneurs : habile maître de guerre, dirigeant fidèle aux valeurs du clan, grand-père affectueux. Conforté dans sa posture, évitant justement toute imposture, c'est en étant trop confiant que le Kagemusha se conduira lui-même vers sa propre perte. Au départ pochtron vulgaire, on observe pendant tout le film la métamorphose du personnage. Sa mue sera facilitée par le contact avec le petit-fils, qui sera le seul à insister sur la supercherie, puis appréciera ce grand-père plus affectueux et disponible que l'ancien.
Kagemusha regorge de scènes cultes. Des scènes filmées de façon discrète (la découverte du corps du seigneur par son sosie dans une urne funéraire), des scènes oniriques (la scène du lac, les batailles). Mais c'est la scène finale de Kagemusha qui reste dans les mémoires, particulièrement intense. Une leçon de vie, et de cinéma, est donnée avec beaucoup d'abnégation. A force de se faire passer pour quelqu'un, on finit par le devenir soi-même. Mais Kagemusha va au-delà de cette réflexion, en exposant un personnage meurtri, qui avait réussi à devenir quelqu'un d'autre, à comprendre les desseins d'autrui et à les faire respecter mieux que l'original lui-même ! Akira Kurosawa évoque ainsi la transcendance de l'individualité, et rares sont les cinéastes qui réussiront aussi bien à développer le sujet.
Kurosawa a de même su insuffler à Kagemusha un humour discret. Cet humour s'appuie notamment sur Tatsuya Nakadai, jouant Shingen Takeda puis le Kagemusha, qui livre une interprétation absolument grandiose. Les expressions du visage de Nakadai sont saisissantes, et le Kagemusha devient terriblement attachant et légitime, la fin n'en étant que plus cruelle. Tsutomu Yamazaki, jouant le frère du seigneur, est tout aussi bon.
On regrette fortement l'absence totale de bonus : aucune information sur la réception par le public japonais, pas plus que sur la Palme d'or obtenue à Cannes.
Pour apprécier Kagemusha, le spectateur doit en adopter les règles : s'habituer à un rythme lent et contemplatif. Comme certains Kubrick, le film d'Akira Kurosawa a vieilli. Pour autant, passer à côté de tant de richesse pour une raison de temps qui passe serait une bêtise : tout cinéphile averti sait qu'il ne doit pas faire preuve de chronocentrisme. Cet effort est nécessaire et comporte une bien belle récompense : un régal visuel, une réflexion sur la place d'un homme.
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Enigma
D'où vient cette réplique ?
Personne n'a envie d'être témoin de la bêtise humaine
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