Dvd - Volume
In The Mood For Love
- Title JP: N/C
- Translated title: N/C
- Studios: Block 2 Pictures Paradis Films Jet Tone Films
- Writer: WONG Kar-Wai
- Réalisateur: WONG Kar-Wai
- Type: Live
- Genre: Drame , Romance
- Publisher: Ocean Films
- Release date: 15 May 2003
- DVD_ORIGINE: Hong Kong - 2000
- Language: vf/vostf
- Number of episode(s): 1
- For mature public: non
- EAN Code: 3384442013611
A Hong-Kong, en 1962, deux couples emménagent le même jour dans une petite pension. M. Chow (Tony Leung) et sa voisine de palier Mme Chan (Maggie Cheung) découvrent bientôt que leurs conjoints respectifs entretiennent une liaison. Choqués par cette découverte, les époux trompés se rapprochent l’un de l’autre et essayent de comprendre. Mais au fil de leurs rencontres, M. Chow sent ses sentiments changer envers sa confidente…
En 1962 à Hong Kong, Monsieur Chow (Tony Leung Chiu-Wai), rédacteur en chef d'un journal local et Madame Chan (Maggie Cheung), secrétaire auprès d’un homme d’affaires, emménagent avec leurs conjoints, le même jour, dans des appartements voisins, le premier chez Monsieur Koo (Wong Man-Lei) et la seconde chez Madame Suen (Rebecca Pan). La femme de Monsieur Chow est souvent absente et le mari de Madame Chan part fréquemment à l'étranger. Très vite, Monsieur Chow et Madame Chan comprennent que leurs conjoints respectifs entretiennent une relation amoureuse adultère en secret. Eux-mêmes se voient de plus en plus souvent mais le voisinage commence à s'en apercevoir. Leurs sentiments changent. La retenue et les réserves hantent les deux individus qui ne semblent pas pouvoir vivre une relation amoureuse.
Sorti en 2000, In the mood for love est un film hong-kongais réalisé par Wong Kar-Wai. Le titre cantonais du film (Fa yeung nin wa) ne signifie pas In the mood for love (« D'humeur amoureuse ») mais « Le temps des fleurs », le titre d'une chanson de Zhou Xuan, une célèbre chanteuse de Shanghai dans les années 1930 (une chanson qui, dans le film, est commandée à la radio par Monsieur Chan pour l'anniversaire de son épouse). Bien que cela soit peu évoqué pendant le film, la date de 1962 à Hong Kong correspond aux émeutes entreprises par la Chine contre les autorités britanniques de tutelle, ces deux autorités extérieures remettant en cause l'identité et la souveraineté de Hong Kong. In the mood for love est aussi une suite plus ou moins avouée d'un précédent film, Nos Années Sauvages (où l'on pouvait observer Rebecca Pan et Maggie Cheung et très subrepticement Tony Leung). In the mood for love a lui-même une suite, sortie quelques années plus tard et intitulée 2046.
Mélange de mélancolie et de sensualité intense, In the mood for love est construit sur un postulat qui ne plaira pas à tout le monde : il s'agit pour le cinéaste de proposer sa vision de l'amour entre deux êtres. Un objectif plus que complexe, dont pourtant Wong Kar-Wai parvient à tirer un des films les plus beaux et sensuels jamais conçu. Oui, rien que ça. Tout le film est fait des atermoiements des personnages. Il réhabilite l'amour platonique renié dans une société actuelle très « physique », où la place du corps semble prévaloir sur la profondeur des sentiments. Certains spectateurs ne verront dans la relation décrite qu'une coquille vide de sens... Erreur fatale, car In the mood for love donne aussi sa place au corps, dans une dimension plus esthétisante.
Rappelons donc que c'est un événement indépendant de leur volonté qui rapproche Monsieur Chow et Madame Chan : ils découvrent que leurs compagnons ont une liaison ensemble. Ils se lieront d'amitié, tentant lors de promenades ou de dîners au restaurant, de comprendre comment chacune de leur moitié a pu se livrer à l'adultère. Cela se fait à travers de petits jeux, chacun jouant le rôle du conjoint de l’autre. Les deux personnages finissent par échanger des confidences et apprennent à se connaître. Monsieur Chow souhaitant écrire un roman de chevalerie, genre dont Madame Chan est passionnée, il prend une chambre dans un hôtel où elle le rejoint dès qu’elle le peut afin de l’aider de ses conseils. Ils en profitent pour répéter ensemble la scène de rupture qu’ils devront avoir avec leurs conjoints. Malgré cette relation naissante, ils peinent à se parler lorsqu'ils se croisent, par crainte des ragots du voisinage et se référant à un sens viscéral de la fidélité conjugale, de l'honneur. La mise en scène nous confronte donc à des chassés-croisés entre ceux qui ne pourraient ressembler qu'à de simples voisins de palier, à des frôlements dans des couloirs étroits où ils se démantibulent pour pouvoir passer, telles des marionnettes. La romance est donc en permanence contenue, étouffée, impossible. Un amour voué à l'échec, une impasse. Wong Kar-Wai avait déjà exposé cette thématique dans Nos années sauvages. Les dialogues sont donc peu nombreux. Et chaque fois que les langues se délient, l'on ressent cependant une réserve. Les sentiments sont implicites et passent par les regards, la gestuelle... ou de rares dialogues où la complicité est palpable. Le rapport entre les personnages en serait presque caricatural : face à l'adultère de leurs compagnons, Madame Chan est fragile, Monsieur Chow en apparence intact. Les personnages sont évidemment plus complexes, et les rôles s'inversent. La fin, poignante, est bien cruelle pour Monsieur Chow. On ne peut que s'émouvoir face au destin de Monsieur Chow et rester songeur quant aux choix de Madame Chan.
Lyrisme, délicatesse, subtilité. Quelques scènes quasi-oniriques apparaissent çà et là, comme lorsque Monsieur Chow se rend au Cambodge pour couvrir la visite officielle du Général De Gaulle. Parcourant les ruines d’Angkor, son secret trouvera refuge dans la faille d'un mur qu'il rebouchera avec une poignée de terre afin qu'il reste scellé à jamais. Wong Kar-Wai, avec cette histoire d'amour qui ne mûrit pas, montre un sens particulier de la tragédie. On pense au Cid de Corneille, ou le chef d'oeuvre Sur la route de Madison de Clint Eastwood (deux êtres s'aiment mais préfèrent renoncer à leur amour plutôt que de flétrir les idéaux auxquels ils croient). Dans In the mood for love, le renoncement des deux personnages à vivre pleinement leur relation est traité comme une tragédie. Et plus que renoncement, il y a enfermement.
In the mood for love se distingue de même en proposant une esthétique perfectionnée et perfectionniste. Le choix des couleurs saturées est capital. Le Hong Kong de 1962 baigne dans un filtre rougeoyant. L'ambiance est assez irréelle. Une impression de chaleur, même en hiver, se dégage des intérieurs, riches, fourmillant de détails (quel travail sur les décors !). Le décor en profondeur de l'escalier, assemblé à un jeu de caméra renversant, permet de profiter des plus belles scènes du film, avec une sensation paradoxale d'étroitesse du lieu mais d'intimité grandissante entre les deux individus. Les robes longues et moulantes, sublimes, allongent le corps de Maggie Cheung, tandis que les costumes serrés de Tony Leung Chiu-Wai accentuent sa fragilité et son élégance. Ce sens de l'esthétique aboutit à une mise en scène pure et originale. Mais en dépit de l'originalité, elle est tellement perfectionnée qu'elle en devient, là aussi de façon totalement paradoxale, conformiste dans son propre nouveau genre, tout étant trop parfait et maîtrisé.
On ne peut que rendre hommage aux musiques du film, dont on ne saurait citer tous les compositeurs, même si tous ont livré un travail formidable. Des musiques qui, ce n'est pas une surprise, servent l'ambiance à merveille.
Enfin, s'agissant des interprétations, les éloges sont là encore de rigueur. Maggie Cheung est d’une sensualité frémissante. La fin la confortera dans son personnage complexe, sa personnalité devenant même frustrante, puisqu'il est inconcevable de pouvoir comprendre ses choix. Tony Leung Chiu-Wai est quant à lui délicieusement sobre, et redonne tout son sens au « charme » masculin. Il tient là le meilleur rôle de sa carrière. Son interprétation est aussi salvatrice : à quelques mois de la disparition de Leslie Cheung, on se dit, en voyant Tony Leung dans In the mood for love, que l'on peut au moins compter sur lui pour endosser les rôles sensuels. Rebecca Pan en Chinoise joviale et expansive et Wong Man-Lei en excentrique sont aussi très bons.
Esthétisant et poétique, In the mood for love ne peut décemment pas être considéré comme une oeuvre prétendument vide de sens car évoquant un amour platonique. Plus que la réhabilitation de cette forme de relation, cette oeuvre sublime, récit d'un amour avorté, réclame un sens de l'abstraction fort et un travail sur soi-même important pour être comprise.
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Enigma
D'où vient cette réplique ?
Le temps s’était dressé contre moi et s’écoulait lentement.
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