Dvd - Volume
Dolls
- Title JP: N/C
- Translated title: N/C
- Studios: Bandai Visual Office Academy Office Kitano
- Writer: KITANO Takeshi
- Réalisateur: KITANO Takeshi
- Type: Live
- Genre: Drame , Tranche-de-vie
- Publisher: Lancaster
- Release date: 01 July 2005
- DVD_ORIGINE: Japon - 2002
- Language: vf/vostf
- Number of episode(s): 1
- For mature public: non
Trois histoires d’amour inspirées d’un spectacle de poupées du théâtre Bunraku. Dans la première, Matsumoto et Sawako forment un couple heureux, mais les pressions exercées par leurs deux familles vont les forcer à faire un choix tragique. Dans la deuxième, Hiro, un chef yakuza, retourne dans un parc où il avait l’habitude de voir sa petite fille, es se souvient… Dans la troisième, Haruna, dont le visage est recouvert de bandages, passe le plus clair de son temps à regarder la mer. Peu de temps auparavant, elle était une star de la musique, habituée à signer des autographes et à se montrer à la télévision…
Matsumoto finit par succomber à la pression de son entourage familial et professionnel, acceptant de renoncer à Sawako, sa fiancée aimante mais pauvre, pour épouser la fille de son patron. Un yakuza âgé se rappelle son amour de jeunesse, abandonné à regret. Un fan est prêt à tout pour communier avec la star qu'il adule.
Vous prend-il l'envie d'entrevoir l'amour dans toute sa complexité ? L'amour confronté à diverses forces extérieures sait-il résister ? Dans Dolls, Takeshi Kitano a filmé l'amour mortifère.
Le film résonne comme une mise en garde : les erreurs en amour ne se réparent pas. En plus de résonner, Dolls a donc aussi vocation à raisonner. L'amour doit être vécu pleinement lorsqu'il se présente sous peine de se retourner contre soi. Dans les films de Kitano, le spectateur initié connaît sa double attirance permanente pour les opposés. Mort et légèreté (Hana-Bi), mélo et humour (L'été de Kikujiro)... Dans Dolls, l'amour est beau et pourtant si laid, à ne laisser aucun répit aux individus. Pour illustrer cela, le réalisateur avait besoin de trois scénarios dans lesquels l'amour pourrait révéler son côté sombre.
Dans le premier, Matsumoto et Sawako forment un couple heureux, mais les pressions exercées forcent Matsumoto à faire un choix. Alors que son amante abandonnée sombre dans la folie après avoir perdu celui qui était sa seule richesse, le jeune homme déserte la cérémonie de son mariage pour se dévouer désormais entièrement à celle qu'il aime. Mais elle est folle, elle reste folle. Il s'enchaînera à elle pour qu'elle ne s'enfuit pas. La désocialisation progressive des deux personnages les conduira vers une errance sur les routes du Japon... Dans le second, Hiro, un chef de clan, retourne dans un parc où il avait l'habitude de voir sa petite amie trente ans plus tôt. Il était à l'époque un ouvrier pauvre et s'était retrouvé forcé de se séparer de la jeune fille pour intégrer le milieu des yakuza. Il lui avait fait promettre de l'attendre sur « leur » banc, dans le parc. La femme l'a attendu, trente ans. Le vieil homme tentera de la reconquérir, en dissimulant son identité. Dans le troisième, Haruna, est une lolita star de la pop. Après un accident de la circulation, elle a le visage recouvert de bandages et passe son temps à regarder la mer. Nukui est son plus grand fan. Suivant les exigences de celle qu'il adule, qui ne veut pas être vue, il se crèvera les yeux pour pouvoir la rencontrer. Ces trois scénarios sont imbriqués les uns dans les autres. La narration est lente et le choix de ne pas les décomposer est, au vu du résultat, une bonne chose. Il est néanmoins dommage que les personnages ne se croisent pas, même un instant infime, tel un clin d'oeil du réalisateur.
Dolls rend hommage au bunraku, l'un des genres traditionnels du théâtre japonais avec le no et le kabuki. Présent notamment dans la séquence d'ouverture du film, le bunraku est né au XVI° siècle et met en scène des marionnettes en bois de 3 à 20 kilos (d'où le titre, Dolls, soit « poupées » en anglais) animées simultanément par trois hommes dont deux couverts d'une capuche noire. Trois protagonistes restent visibles au public : l'un des animateurs, le narrateur (tayu), et un joueur de shamisen (instrument à trois cordes). L'art du bunraku n'est pas inconnu à Takeshi Kitano, puisque sa grand-mère était conteuse de bunraku et joueuse de shamisen. Il y a aussi dans Dolls la volonté de rendre hommage à l'univers de Monzaemon Chikamatsu, auteur japonais du XVII° siècle (époque Edo), dont les tragédies, aux dilemmes sans issue, ont fortement influencé le théâtre japonais moderne. Pourquoi dans Dolls une telle référence au théâtre traditionnel de marionnettes, le bunraku ? Tout simplement parce que, telles des marionnettes, les personnages de Dolls sont manipulés par l'amour, qui en fait ce qu'il en veut. L'amour deviendrait presque un personnage du film. Cette force invisible guide les personnages et ils semblent en avoir conscience, car ils savent être amoureux. Mais ils n'ont pas conscience que ce sentiment les guide vers leur fin, et tout l'intérêt du film est là. La réparation des erreurs est une constante dans les trois histoires, de même que le rapport au temps. Plus osé encore, le réalisateur japonais met en exergue le suicide comme un accomplissement, loin de la culture occidentale qui le rejette absolument.
Au niveau esthétique, le film est un pari de Takeshi Kitano. Après qu'on lui ait fait remarquer que la majorité de ses films s'ancraient dans des atmosphères uniformes, le réalisateur a voulu mettre en avant les quatre saisons. C'est chose faite. Kitano montre ainsi le printemps à travers les cerisiers en fleurs sous lesquels le couple amoureux déambule, l'été à travers la mer devant laquelle se réfugie la star défigurée, l'automne avec les feuilles rouges des forêts et l'hiver dans la montagne. Les prises de vue se sont étalées sur quarante jours de novembre 2001 à avril 2002. Le Japon, pays de la modernité et des mégapoles écrasantes ? Non, un pays où la nature, très belle, fait partie de la vie de ses habitants. La modernité se lie à la nature. C'est la fameuse harmonie nippone. Au calme presque inquiétant d'une femme ayant patienté pendant trente ans, et préparant chaque semaine un bentô avec amour pour celui qui l'a délaissée, succèdent les néons, les brouhahas des signatures d'autographes, les chansons acidulées.
L'ensemble des choix de Kitano se justifient par l'esthétique plus que par le scénario. Ainsi, les costumes conçus par Yohji Yamamoto, de renommée mondiale, ont su capter l'attention de Kitano qui les a retenus au détriment d'une certaine logique. La première histoire verra donc Matsumoto et Sawako déambuler en costumes néo-traditionnels nippons. Dolls fait apparaître le côté styliste plus que scénariste de Kitano, car les trois histoires servent avant tout un thème plutôt que la logique. Résolument poétique, Dolls pêche par un réalisme absent. L'histoire de Matsumoto et Sawako tend vers l'invraisemblable, voire une imagerie grotesque (des amoureux enchaînés qui déambulent), l'histoire de Nuiki et de l'ancienne star déchue est de façon identique plus symbolique que réaliste (se crever les yeux pour approcher celle qu'on aime qui ne veut pas être vue). Seule celle du vieux chef yakuza peut prétendre pouvoir acquérir un certain degré de réalisme... et encore... En fait, Dolls ne montre pas la vie telle qu'elle est (le réalisme) ou telle qu'elle devrait être (la morale) mais ce vers quoi elle tend (le symbole). Les personnages se laissent broyer par des situations qu'ils ne maîtrisent pas. S'ils avaient su accepter l'amour comme il se présentait, leur destin aurait été modifié. Ces personnages sont des poupées humaines. Ainsi, le film laissera perplexe un public qui n'acceptera pas son approche exclusivement lyrique.
Kitano joue sur les sens. L'amour exclut toute approche physique car chaque fois, l'un des sens est absent. Dolls se rapproche de la figure asiatique des trois singes, dont l'un se cache les yeux, le second la bouche, le troisième les oreilles. La folie de Sawako (le langage n'existe plus), les convictions de la femme sur son banc (elle ne veut pas voir la réalité en face ?), le fan qui se crève les yeux et la star qui n'a pas su voir combien ce fan était amoureux (l'aveuglement).
Le jeu des acteurs est très retenu et les dialogues sont extrêmement rares. Cette économie de moyens est volontaire, en ce qu'elle induit le spectateur à approfondir sa contemplation, à accorder son attention à chaque détail. Selon la même logique, la musique de Joe Hisaishi est beaucoup plus discrète qu'à l'accoutumée : l'essentiel de Dolls passe par le visuel.
On regrettera l'absence de bonus, tant le travail sur l'esthétique a dû être complet et acharné (un petit making-of, ce serait trop demander ?).
Dolls est un très beau film, comme seul le Japon sait en produire. Kitano rend un formidable hommage au cinéma japonais connu pour certains des plus grands chefs d'oeuvre esthétiques et poétiques. Sensibilité intense, poésie macabre, il y a du Kurosawa, du Ozu, du Mizoguchi dans l'air.
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Enigma
D'où vient cette réplique ?
Une peau trop bronzée, un regard fier, des cheveux rougis par le chlore. Sale caractère, arrogante, fille facile. On me juge toujours mal à cause de mon apparence.
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