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Pact Vol.5

Critique du volume manga

Publiée le Vendredi, 13 Octobre 2017

A l'heure où Misaki était proche de la mort, deux visions de la situation se sont confrontées : alors que Haru souhaitait poursuivre la mission au plus vite en laissant la blessée derrière, Neko ne pouvait se résoudre à abandonner celle qui fut pour elle une sorte de mère de substitution. Finalement, tous deux ont pu s'expliquer, Neko finissant même par entrevoir le passé douloureux de Haru et ses profonds regrets et tourments liés à certaines morts qu'il a provoquées pendant "cette guerre". Alors qu'une nouvelle promesse, celle de tous les deux s'en sortir et d'accomplir leur mission, naît entre ces deux-là, l'heure n'est plus à la traîne : il faut finir la montée de la tour pour désamorcer la dernière bombe à azote menaçant le Japon, mais pour cela il reste de nombreux ennemis, mannequins et missiles à tête chercheuse, à affronter...


Pour son dernier volume, Pact, série plutôt séduisante jusqu'à présent, s'engouffre dans une voie assez axée action, puisque la montée de la tour pour atteindre la bombe connaît encore nombre d'embûches... Mais hélas, Shinnosuke Kuji tend cette fois-ci à rallonger la sauce. Certes, son dessin, malgré ses irrégularités, reste très efficace pour entretenir une atmosphère froide, pesante et suffocante, où le danger de mort n'est jamais loin, surtout avec ces bombes à tête chercheuse pouvant surgir du brouillard à tout moment pour s'abattre sur leur cible. Mais malheureusement le mangaka étire l'escalade de la tour et finit par tourner un peu en rond dans son action, où les adversaires se limitent toujours à la même recette : des mannequins et des bombes). Mais le plus gros problème est que pendant que l'action s'étire, le mangaka peine à trouver un dernier souffle pour conclure son récit sans frustration.


Véritable coeur de l'oeuvre depuis ses débuts, les promesses et pactes passés entre les différents personnages sont globalement conclus, sur ce point-là ça va. Par contre, les dernières promesses passées dans ce tome s'avèrent jetées de façon très lisse (surtout celle entre Kurosaki et Misaki... bon, au moins, ça a le mérite d'enfin offrir un rôle à Kuro), et au bout de la lecture il y a la sensation que tout se termine un peu trop facilement et un peu trop bien. On se demande vraiment comment certains personnages, vu tout ce qu'ils se sont mangé pendant la montée de la tour, ont pu quand même survivre... Ça aurait pu faire un joli message d'espoir dans ce monde en guerre... si seulement le sujet de la guerre avait été plus traité ! Après avoir balancé pas mal de pistes intéressantes concernant "cette guerre" dans les volumes précédents, ici le mangaka ne les utilise plus du tout et ne les évoque même pas, en laissant du coup sur une certaine frustration. Il y a aussi le regret de voir que certains personnages, qui pour certains ont parfois eu un rôle important dans les tomes précédents, sont oubliés ici...


Le point étrange est que l'on n'a même pas l'impression que Pact a été arrêté en cours de route. Il y a bien des éléments qui se concluent (les promesses, le désamorçage des trois bombes), et l'auteur prend son temps dans le dernier désamorçage. Mais c'est comme si, au bout du compte, le mangaka avait connu une grosse panne d'inspiration dans sa dernière ligne droite, en proposant un déroulement finalement très banal et en laissant en plan certaines choses. La lecture reste prenante, mais il y avait beaucoup mieux à faire.


Après sa conclusion au bout de 146 pages, Pact laisse la place, dans ce dernier tome, à deux histoires courtes. On découvre avec intérêt "Lost Man", l'histoire courte qui a révélé le mangaka en lui permettant de gagner le prestigieux prix Tetsuya Chiba, et qui, sous couvert d'une petite intrigue inquiétante où un homme masqué semble kidnapper une fillette pour l'amener au parc d'attractions, révèle en réalité un homme marqué par les douleurs passées et ne voulant pas que d'autres enfants subissent les mêmes traumatismes que lui. Dans "La boucle de Möbius", un manga inédit, le mangaka nous plonge, le temps de 26 pages, sur une planète terre qui a été détruite par une guerre nucléaire, où l'on suit l'évolution au fil des années de la dernière représentante de l'espèce humaine et d'un robot qui reste auprès d'elle. Les deux récits, bien qu'un peu trop courts, se lisent bien et laissent encore entrevoir la capacité de Kuji à créer des ambiances dures. Espérons que l'on reverra ce mangaka en France.


Critique 1 : L'avis du chroniqueur
Koiwai

11.5 20
Note de la rédaction






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