Vagabond de Tokyo (le) - Résidence Dokudami Vol.1 - Actualité manga

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Manga - volume

Vagabond de Tokyo (le) - Résidence Dokudami Vol.1

Rated
16+
Note de la rédaction
Note des lecteurs
Price
23.00 €
Yoshio Hori a : 22 ans et pas de chance, un poil dans la main donc pas de job, beaucoup de fantasmes mais pas de nana.  Il s’obstine pourtant à vivre dans sa chambre crasseuse de la bien-nommée résidence Dokudami —Dokudami signifie mauvaise graine en japonais.
Le Vagabond de Tokyo livre le portrait plein d’humour de ce loser errant de déboires en déboires. Au fil de ses rencontres toute la population des bas-fonds de Tokyo se découvre, ridicule, mesquine, attendrissante. Yoshio le malchanceux se retrouve ainsi aux prises avec de plantureuses créatures, de moins plantureuses, des vendeurs de nouilles ambulants, des yakuzas et même des travestis...

Ce choix d’éditer « le vagabond de Tokyo – la résidence dokudami » me semble étrange sur plusieurs points. D’abord, un seul tome « best of » est proposé par le lézard noir alors même qu’au Japon c’est une longue chronique de la vie d’un marginal alcoolique, fainéant et obsédé (presque tout le portrait de son créateur, Takashi Fukutani). Il est donc difficile de juger de la qualité globale de cette série de plus de six cents épisodes sur la seule publication des six ou sept qui nous sont montrés. Une volonté de rester sur des séries courtes (1 ou 2 tomes) de la part de l’éditeur ou une timide exploration du marché pour percer avec une série continue et longue ?
En tout cas, je n’en redemande pas. Quand le lézard noir publie un manga, il y a souvent une volonté esthétique (ou artistiquement élevée) et l’envie de faire ressortir une personnalité peu commune de la production japonaise.
Ce n’est pas du tout le cas ici. Le graphisme oscille entre les portraits les plus réalistes d’un dr slump de Toriyama et les emprunts très appuyés au style érotique d’un Sesaku Kanoh. Les personnages sont laids et salement caricaturaux. L’histoire en elle-même retranscrite de façon sordide la vie d’un abruti flemmard et libidineux dans les milieux les plus pauvres et répugnants de Tokyo. C’est un ensemble de portraits au vitriol de ce qui se fait de plus marginal dans la société. Cela passe par les idiots congénitaux venus de province, aux fétichistes les plus crades en passant par les travelos les plus moches.
Il n’y a vraiment pas grand-chose à sauver dans ce manga à l’humour vulgaire, aux illustrations de moments intimes parmi les plus déviants. La lecture d’un ou deux épisodes suffit à donner la nausée. Je n’ai même pas pu finir de lire ce truc de peur d’avoir envie de m’arracher les yeux après.
La biographie exhaustive de Takashi Fukutani (toujours un travail éditorial impeccable) souligne de manière évidente la médiocrité de sa vie et de son œuvre. Des déménagements fréquents et plusieurs femmes qui le quittent probablement dégoutées par son alcoolisme aggravé. Il est sujet au delirium tremens sur les dernières années de sa vie. Jamais capable de tenir ses dates de publications, accusé de plagiat graphique, insultant les parias dont il dresse le portrait,…
Il est à espérer que les efforts louables de cet éditeur ne se perdront plus sur les gribouillis médiocres d’un triste sire qui ne mérite pas un tel honneur posthume.


néun11septembre

    Disponible en version originale


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