Sugarmilk - Actualité manga

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Manga - volume

Sugarmilk


Cette image est destinée à un public majeur.
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18+
Note de la rédaction
Note des lecteurs
Price
12.20 €
Cote : 8.00 €
La cote correspond au prix de vente moyen constaté dans les boutiques d'occasion

Soutenu par un graphisme magnifique, Sugarmilk est un recueil de sept nouvelles très fraîches, parfois douces-amer, d’une sensualité débordante, décrivant un spectre très large de l’amour gay.


Top de la rédaction:

"Un titre savoureux qui s'éloigne des stéréotypes du genre."

« A ce moment là, en tenant sa main, je me suis dit que nous allions partir très loin, dans un autre monde où nous serions enfin seuls. »

Le voilà, enfin. Premier manga des Editions H, Sugarmilk aura fait parler de lui. Ayant bénéficié d’une bonne publicité, d’un bouche à oreille très efficace et surtout de la vague de fans du genre, le titre ne pouvait pas passer inaperçu, et c’est avec une certaine impatience que l’on se lance dans la lecture. Cinq nouvelles et un bonus, voilà ce qui attend le lecteur fébrile. Dans l’ensemble, elles sont courtes, simples, efficaces. Sauf « Milk » et « Sugar », qui se rattachent au bonus et nous livre un peu plus de détails sur ses personnages. La première histoire, par exemple, relate le début d’une relation pour un jeune homme un peu perdu, impulsif et très émotif. On assiste sans broncher à ses sentiments, ses peurs et ses essais parfois un peu audacieux. Au final, rien d’exceptionnel, pas de grandes crises ni de beaux discours dramatiques … Et c’est ça que l’on aime. Cette première nouvelle, bien que la moins travaillée du volume (car on oublie totalement de prendre en compte Yamabe), donne le ton à l’ensemble du travail de Jaryu Dokuro, et que dire si ce n’est que sa narration est d’une fraicheur incroyable ? La lecture est fluide, les sentiments que l’auteur a voulu mettre en place sont facilement compréhensibles, et le lecteur a l’impression de retrouver une scène quotidienne, normale. Comme un aperçu de la vie de quelques personnes, une photographie qui laisse place à l’extrapolation et au questionnement. Et pour notre plus grande satisfaction, toutes les autres histoires sont dans le même style.

Un lecteur averti en vaut deux. Alors même si ce titre est annoncé comme libéré des stéréotypes habituels, on reste à l’affut pour se trouver obligé de constater … qu’en effet, il n’y en a pas. Les histoires peuvent partir de deux personnages déjà homosexuels ou non. Au final, on s’en fiche. Ce qui compte, c’est l’histoire d’amour qui nait ou se développe sous nos yeux, et même le redoutable moment de la liaison professeur / élève passe étonnamment bien, sans aucun à priori. Quel intérêt de s’attacher à des détails sans importance comme si untel ou untel était auparavant déjà attiré par les hommes … De même, à l’intérieur de ces relations, pas d’affichage évident seme / uke, puisque de toute façon une seule nouvelle va aussi loin (Sugar-Milk). Celle-ci est ainsi la seule à mettre en scènes les passages érotiques de l’histoire du couple, et ce à plusieurs reprises (dans le bonus également, bonus qui soit dit en passant n’est pas superflu, car nous permettant de nous familiariser encore un peu plus avec les héros de Sugarmilk), avec brio. Ces moments sont toujours très bien intégrés dans la psychologie des personnages, n’exhibent pas les corps sans raison apparente, bref respectent le cours naturel des choses. C’est ça, c’est exactement cela que l’on attendait dans les dernières sorties yaois. De la simplicité, des émotions, de l’authenticité, même dans les relations les plus singulières. En deux mots comme en cents, originalité et différence font un savant mélange au sein de ce manga.

Ce qu’on apprécie particulièrement dans le trait de la mangaka, c’est sa diversité. Elle est capable de bien différencier ses personnages, en leur attribuant un charisme singulier à chacun. Deux blonds ne se ressemblent pas forcément, et Dokuro parvient même à mettre en scène une histoire qui présente un personnage plus âgé (que l’autre, et en général). En jouant sur la poésie d’un trait qui peut paraitre incertain au premier abord, l’auteur réussit l’exploit de paraître sûre d’elle et maladroite à la fois. C’est de ce délicat mélange que nait le style particulier de la mangaka : légèreté, expressivité, sensibilité, amour, désir et désemparement … Tout passe par son trait fin, adapté et sans défaut notoire. Le tout s’accorde parfaitement avec la maturité de la narration, malgré la présence d’un humour plus ou moins développé. La dynamique de la mise en page est réussie, l’alternance entre les dialogues conséquents, et donc les pages bien remplies, et les grandes étendues blanches est assez déconcertante, mais en se laissant porté par l’histoire il n’est absolument pas étrange de constater que le « vide » au niveau des arrières plans ne gâche en rien la lecture, au contraire. Trop charger les planches n’aurait fait que desservir le manga, qui a besoin de respirer pour nous faire passer tout ce qu’il a à offrir.

Un petit mot sur l’édition afin de finir … Première réaction : c’est cher ! Évidemment que c’est cher. Mais le format est agréable, parfaitement adapté au contenu, la couverture très facile à prendre en main et la souplesse du tout est très bien dosée. La typographie interne est bien choisie, la qualité des images et des nuances au rendez vous, bref tout cela pourrait justifier entièrement un prix aussi dérangeant, s’il n’y avait pas eu un détail ou deux … La sur-couverture, aux endroits immaculés, laisse transparaitre la couverture rigide du manga et, plus généralement, les pages du titre sont un peu fines pour permettre un blanc vraiment blanc : la transparence gâche légèrement le tout. Presque parfait, mais pas encore … Et puis il faut bien admettre, même si le travail d’édition est bon, il n’est pas donné à tout le monde de céder pour ce genre de titre, ce qui est bien dommage. Au final, je ne saurais dire si la volonté de s’adresser à un public essentiellement « gay » est passée, en tout cas dans le domaine du yaoi lu par une fan « classique », il en ressort quelque chose d’extrêmement positif au niveau du choix du titre. Voilà qui commence bien ! Avec Sakura gari juste avant, on ne peut que se réjouir de voir arriver une nouvelle salve de bons titres ! Alors maintenant, il devient urgent de s’intéresser à ce manga, et plus largement à la collection qui l’accueille. A quand une autre sortie du même acabit ?


NiDNiM



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