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Yo-kai Watch

Le test du jeu video:

Publié le Mercredi, 16 Août 2017

Depuis l'année dernière et son lancement en grandes pompes dans de nombreux pays d'Europe, la licence Yo-kai Watch a su facilement conquérir nombre d'enfants. Tous les supports sont exploités par la saga crossmédia : le manga, la série animée diffusée à la télévision, le premier film qui a droit à une sortie au cinéma, les nombreux jouets à succès... et les jeux vidéo, pierre angulaire de la saga développée par le studio Level-5, à qui l'on doit d'autres grands succès comme Professeur Layton et Inazuma Eleven.

Sorti au Japon en juillet 2013, le premier jeu Yo-kai Watch a donc mis près de trois années avant d'arriver chez nous, puisque c'est seulement fin avril 2016 qu'il est arrivé sur nos 3DS intégralement traduit en langue française.



Au programme, un départ simple, mais qui va changer la vie de Nathan, 11 ans, écolier dans la ville de Granval. Quand, au sanctuaire, il tourne une étrange machine à boules, il ne sait pas encore que son prix sera... Whisper, un étrange fantôme ! Plus précisément, il s'agit d'un yo-kai. Qu'est-ce que les yo-kai ? Des créatures invisibles aux yeux des humains normaux, et qui pourtant se cachent tout autour d'eux en influant souvent sur leur quotidien de diverses manière. Désormais possesseur de la yo-kai watch, une montre spéciale permettant de voir les yo-kai à travers sa loupe, Nathan devra parcourir tous les quartiers de Granval afin de résoudre les problèmes des gens, aider son entourage... voire éviter le pire ! Le tout, en rencontrant et/ou combattant les yo-kai, et en se liant d'amitié avec ceux qui le souhaitent pour ensuite les intégrer dans ses rangs.



L'aventure d'un jeune héros qui doit rencontrer des créatures étranges, les combattre, les capturer, les renforcer au fil des combats, les faire évoluer parfois... cela vous dit quelque chose ? On vous arrête tout de suite : avant même de sortir en France, Yo-kai Watch était souvent (et est toujours, régulièrement) comparé à Pokémon et considéré comme un ersatz de celui-ci, ce qui est complètement faux. En effet, les seuls points communs sont les très grandes lignes évoquées juste avant, et très vite le jeu de Level-5 développe son propre gameplay en révélant pas mal de richesses.



L'une des premières choses avec lesquelles on se familiarise dans le jeu, c'est forcément son système de combat, car ici combattre les yo-kai "sauvages" avec son équipe de créatures est inévitable.

Pour les affrontements, Level-5 a opté pour quelque chose d'assez original : une roue de combat. Votre équipe, pouvant contenir jusqu'à 6 yo-kai, est placée dans un cercle. Les créatures sont mises cote-à-cote de façon circulaire, et seuls 3 sont au combat en même temps, tandis que les trois autres sont dans la face arrière du cercle. Si vous souhaitez changer de yo-kai en combat, rien de plus simple : il suffit de tourner la roue avec le stylet et, selon votre choix, un, deux ou la totalité de vos 3 remplaçants se retrouvent en combat tandis que les autres laissent le relai. En plus d'être très intuitif (en un coup de stylet, vous changez en un rien de temps les créatures en combat), ce système de roue et de division entre yo-kai en combat et yo-kai "remplaçants" dévoile très vite d'autres qualités, liées à ce que vous pouvez faire en combat.



Ici, une précision s'impose d'emblée : concrètement, vos yo-kai en combat n'ont pas besoin de vous pour se fighter ! On ne leur dicte pas les techniques à utiliser, ils le font tout seul, et choisissent d'eux-mêmes s'il vaut mieux attaquer, être plus technique, envoûter un ennemi (les ennemis pouvant apparaître de 1 à 3 à la fois), ou... flâner, certains pouvant avoir un poil dans la main. Votre rôle consiste alors en 4 taches. Premièrement, utiliser des objets divers (trouvés ou achetés au fil du jeu) sur vos créatures pour leur apporter des bonus en combat (restitution de vie, restitution d'âme, augmentation temporaire de force/vitesse/esprit...), ou alors utiliser ces mêmes objets sur les ennemis pour essayer de faciliter la naissance d'une amitié avec eux juste après le combat, ce qui est très important puisque en de hors de certains cas spéciaux, votre seule manière de vous lier d'amitié avec un yo-kai est que celui-ci vienne vers vous après l'affrontement. Deuxièmement, cibler un adversaire avec une épingle pour qu'il soit attaqué en priorité, ce qui est fort utile parfois, voire indispensable dans certains combats contre les boss yo-kai. Troisièmement, purifier vos alliés qui auraient été envoûtés par l'ennemi, et pour cela vous devez obligatoirement le faire sortir du combat temporairement (en glissant la roue, comme toujours). Quatrièmement, activer l'Âmultime d'un yo-kai allié, une technique spéciale redoutable ne pouvant s'activer qu'une fois sa jauge d'âme remplie. Autant le dire, l'Âmultime est votre meilleur allié dans les combats.



Notons que l'activation de l'Âmultime et la purification ont un supplément en commun : loin de devoir juste cliquer sur le bouton avec le stylet, il faut aussi accomplir à chaque fois un "mini-jeu" pour accomplir la purification ou charger l'Âmultime. L'idée est excellente et aurait pu briser la possible monotonie des combats, et les mini-jeux sont très faciles (faire tourner le stylet, reproduire une forme...), mais le problème est que dans chacun des deux cas, ceux-ci se limitent au nombre de trois. Autant dire qu'on en fait le tour dès le début du jeu, qu'ils reviennent constamment, et que finalement ils deviennent juste un petit réflexe parfois un peu lourd. Dommage que la variété ne soit pas plus présente.

Un autre élément mal jaugé survient quand il faut se lier d'amitié avec les yo-kai, juste après les combats : cet aspect apparaît au final très aléatoire. Par exemple, vous pourrez balancer à la créature quelques bons gros hamburgers, mais cela ne signifiera pas forcément qu'elle s'approchera ensuite de vous pour devenir votre ami. A contrario, très régulièrement vous ne faites absolument rien, n'offrez rien à la créature, mais celle-ci vient quand même vous voir... C'est un aspect assez étrange qui rend assez caduque et bancal le système d'"offrandes" au yo-kai, et c'est très souvent frustrant, car il est finalement relativement rare que les petits monstres viennent vous voir...



En dehors de ça, pas mal de petits suppléments viennent s'ajouter au fil du jeu pendant les combats. Par exemple, l'épingle de ciblage pourra aussi servir à tirer sur des lueurs apparaissant parfois à l'écran et apportant divers bonus, attaquer un ennemi envoûté permettra à votre yo-kai de remplir plus vite sa jauge d'âme... Ainsi, avec tout ça, on n'a jamais le temps de s'ennuyer pendant ces combats rapides, assez brefs (sauf contre les boss), alors même que les yo-kai combattent par eux-mêmes.

L'originalité de ce système aurait pu avoir un gros point faible : amenuiser l'aspect stratégique. Et effectivement, du fait qu'on ne choisit pas les techniques des yo-kai, il n'y a pas une dimension tactique pouvant être aussi poussée que dans un jeu Pokémon par exemple. Mais cela n'empêche pas Level-5 de combler cette possible lacune (tout dépend de ce que vous attendez du jeu) et amenant quelques autres richesses. Et le choix des yo-kai de votre équipe pourra bel et bien avoir son importance... ainsi que leur place sur la roue !

En effet, dans le jeu, chaque yo-kai fait partie d'une "tribu" : Costaud, Mignon, Vaillant, Mystérieux... il y en a 8 au total, et chacune d'elle a une spécialité : les "Vaillants" sont plus forts en attaque, les "Mystérieux" ont des techniques plus puissantes, les "Costauds" ont une excellente défense... Avoir dans son équipe plusieurs yo-kai d'une même tribu peut avoir ses avantages, en modifiant le déroulement d'un combat, et en apportant des bonus : par exemple, placer entre 2 et 3 yo-kai de la tribu "Mignon" cote-à-cote dans la roue de combat confère un bonus de vitesse.

Ensuite, chaque yo-kai a sa personnalité pouvant avoir une influence sur sa façon de combattre, avec ses hauts et ses bas. Par exemple, un yo-kai ferme et prudent flânera peu et sera meilleur en défense du fait de sa prudence. Il est possible de faire changer la personnalité en lui donnant des livres conçus dans ce but, ce qui pourra parfois être très utile en combat.



De même, chaque créature à son propre talent parfois très utile : certains attaquent de façon dévastatrice un ennemi ou tous à la fois s'il y en a plusieurs en combat, d'autres peuvent renforcer la vitesse ou la défense, d'autres encore peuvent soigner les alliés... Avoir une équipe complémentaire peut alors très vite se révéler utile.

Notons aussi que chaque yo-kai est placé sous le signe d'un élément : feu, eau, foudre, terre, glace, vent, et vortex, chacun d'eux ayant à la fois un élément contre lequel il est très efficace et un autre élément qui est son point faible. Une recette très classique dans ce type de jeu, mais qui a fait ses preuves. Et pourtant, dans la part stratégique, il s'agit sûrement de l'aspect le moins bien exploité : il est rare de vraiment ressentir les différences entre éléments en combat, et vous pourrez même rester sans gros problème sans connaître les éléments de vos yo-kai.

Vous pouvez également équiper les yo-kai de certains objets pouvant les rendre plus puissants, par exemple en augmentant un peu leur élément : un yo-kai ayant l'élément foudre offrira des attaques plus fortes en tenant une bague de la foudre.

On devine aussi que le studio level-5 a dû effectuer un gros travail sur tous les yo-kai, car chacun d'eux à sa technique d'envoûtement (brûler, rendre paresseux, figer, etc...), son Âmultime... Selon les yo-kai que vous avez dans votre équipe, deux combats similaires peuvent donc sembler très différents.



Bien que parfois redondant (notamment à causes de la pauvreté des mini-jeux, qui auraient pu être plus nombreux), le système de combat est donc riche et sait plutôt bien tirer parti des nombreuses spécificités des différents yo-kai. De quoi bien accompagner votre aventure, qui évidemment ne se limite pas à la simple baston.

Le jeu offre la formule, très classique dans ce type de soft, où l'on alterne entre les missions de l'histoire principale et les missions annexes.
Bénéficiant d'une meilleure mise en scène, l'histoire principale n'a en réalité d'histoire que le nom : il ne faut s'attendre à rien de fou, mais plutôt à une succession de 12 chapitres où, au fil de ses vacances d'été, Nathan doit venir en aide à ses principaux amis (la mignonne Katie, le costaud Balaize, et l'aisé Matt), résoudre de plus gros mystères et mettre fin aux nuisances de certains yo-kai plus imposants, les boss, non sans visiter des sortes de petits donjons bien fichus avant de les atteindre. Cette trame principale offre tout de même un peu plus de consistance sur la fin, mais la terminer est avant tout un objectif qui permet de s'acclimater peu à peu à tous les richesses du jeu, à découvrir les différents quartiers de la ville, et à suffisamment bien entraîner votre équipe pour ensuite s'attaquer à la plus grosse partie du jeu : les très nombreux objectifs annexes !

(source de l'image : jv.com)

Le plus évident vient bien sûr des quêtes annexes, indispensables à bon nombre de rpg. Ici, nombre d'habitants confient des missions pouvant être de deux types : les requêtes ne peuvent être accomplies qu'une fois, tandis que les services peuvent être refaits régulièrement. Certaines quêtes annexes sont très bateau (par exemple, aller acheter un objet dans un magasin et le ramener...), tandis que d'autres sont un peu plus fouillées (résoudre des énigmes, par exemple). Dans tous les cas, ça a le mérite d'être très variés : aller chercher un objet, retrouver telle personne, résoudre des petits énigmes, jouer à cache-cache, attraper tel insecte ou tel poisson... Les quêtes les plus intéressantes restent évidemment celles impliquant des yo-kai ! En effet, il n'est pas rare du tout de tomber sur une personne ayant un comportement bizarre parce qu'un yo-kai la possède, et il faut alors repérer le yo-kai et le combattre pour qu'il arrête de nuire. A l'inverse, certaines missions vous demanderont d'amener à la personne le yo-kai qui sera capable de résoudre son problème. Il y a ainsi plusieurs dizaines de quêtes annexes, qui se débloquent au fur et à mesure de votre progression dans le jeu, et il y a facilement de quoi vous occuper plusieurs heures de plus sans trop se lasser, et avec la satisfaction de rendre service à nombre d'habitants.



A cela s'ajoute bon nombre de choses, à commencer par la pêche aux poissons et la chasse aux insectes. En parcourant forêts, parterres et rivières, l'occasion vous est donnée de tenter de capturer ces petites bébêtes, l'intérêt étant entre autres de pouvoir les échanger dans un magasin de troc. En plus d'apporter une fraîcheur supplémentaire qui donne envie de flâner encore plus dans certains coins de la ville pour capturer lesdits animaux, il s'avère que les espèces sont bien variés, qu'il est possible d'en trouver des rares, et que leur capture demande de réussir un petit jeu où il faut utiliser le stylet au bon moment. On notera quand même un léger problème de calibrage, le curseur ayant parfois un petit temps d'avance ou de retard par rapport à l'endroit où vous avez cliqué, mais rien de grave.



L'un des éléments essentiels est à chercher du côté de la recherche et du tissage de liens d'amitié avec les yo-kai. Une tache qui risque de vous occuper un très long moment puisqu'il y a plus de 220 créatures dans ce premier jeu ! L'essentiel pour accomplir cet objectif est de parcourir la ville, à la recherche des endroits où ils se terrent. Dès qu'il y en a un à proximité, votre yo-kai watch s'agite, et il ne vous reste plus qu'à activer votre loupe pour le dénicher... ou presque. Car une fois le lieu trouvé, il faut encore réussir à localiser et identifier le yo-kai en ce lieu, une tache pas toujours aisée étant donnée que la créature bouge et qu'il faut la suivre sur l'écran avec la loupe. Il s'agit encore une fois d'une sorte de mini-jeu amenant un peu plus de variété dans l'utilisation de l'écran... mais avouons que c'est parfois très lourd, certains yo-kai étant tellement difficiles à suivre (ils vont trop vite, et diriger la loupe avec le joystick n'est pas toujours évident) que vous finirez par laisser tomber en étant frustré.

En plus de dénicher des yo-kai, vous pouvez utiliser la loupe pour dénicher des objets en ville, et ils sont très nombreux. Ainsi, il ne faut jamais hésitez à parcourir soigneusement les recoins, les dessous de voiture, les parterres, les poteaux ou les poubelles afin de dénicher des choses utiles : aliments redonnant de la vie aux yo-kai (vous êtes sympa de nourrir ces braves petites bêtes avec des vieux bonbons poisseux collés dans une poubelle ou des maquereaux séchés trouvés dans le caniveau), bagues, orbes augmentant l'expérience...



Parmi d'autres activités, il y en a une particulièrement intéressante à débloquer assez vite dans le jeu : celle de la fusion, une technique permettant de fusionner deux objets trouvés... voire deux yo-kai ! En effet, certaines créatures ne peuvent s'obtenir qu'en en fusionnant deux, ce qui rend la tâche un petit peu plus variée pour le collectionneur de yo-kai.

Il y a bien d'autres petits choses à faire : acheter dans les magasins (un point qui reste un peu pauvre car on retrouve souvent les mêmes objets), dénicher tous les miroirs Télémir vous permettant de vous déplacer en ville plus vite d'un point à un autre, se battre contre des amis, arrêter les yo-criminels (des yo-kai criminels) vagabondant dans les rues, échapper à la Terr'heure (un événement arrivant sans prévenir, où l'on se retrouve plongé dans un autre monde où il faut éviter un démon oni et ses sbires, débloquer les verrous pour accéder à des zones supplémentaires, simplement marcher jusqu'à découvrir des yo-kai spéciaux... Tout est fait pour donner envie d'errer, de flâner dans la ville de Granval jusqu'à en découvrir tous les recoins.



Une ville qui est d'ailleurs très bien modélisée. Level-5 n'a plus à démontrer son expertise sur le plan technique et nous le prouve encore ici : c'est vraiment beau. Les rues et les bâtisses sont très bien faites et variées d'un quartier à l'autre, c'est coloré, c'est fluide quand on se déplace, les mouvements des yo-kai sont très bien faits, la 3D est omniprésente et est bien conçue... C'est vraiment très bon. Même topo sur le plan sonore. Les musiques ont tendance à trop revenir pour certaines (surtout lors des combats) mais restent agréables, et le doublage français est aux petits oignons en offrant des voix adaptées et en ayant su conserver une autre marque de fabrique du jeu : son humour très présent, souvent décalé ou un peu idiot.



Au final, l'expérience de jeu est très bonne, même si certains joueurs pourraient trouver l'univers trop enfantin ou se lasser de certaines mécaniques redondantes. Il y a quelques limites, des choses qu'on aurait aimé voir plus poussées (comme les mini-jeux en combat), quelques problèmes de calibrage qui nous rappellent qu'il s'agit d'un premier jeu, mais dans l'ensemble Yo-kai Watch est un soft facilement prenant, beau, très agréable à parcourir, plus riche qu'il n'y paraît, et pouvant facilement nous occuper pendant plusieurs dizaines d'heures. Il n'y a plus qu'à espérer que les quelques défauts ont été gommés dans les jeux Yo-kai Watch 2: Esprits Farceurs et Fantômes Bouffis, sortis en France en avril 2017 !

Chroniqueur: Koiwai


Note de la rédaction








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