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The Last Guardian

Le test du jeu video:

Publié le Vendredi, 03 Février 2017

S'il y a un jeu qui aura fait couler de l'encre chaque année depuis son annonce et ce jusqu'à sa sortie en 2016, c'est bien The Last Guardian. Du même côté que Final Fantasy XV ou encore Beyond Good & Evil 2, TLG a été une grande arlésienne dans l'univers du jeu vidéo, à se demander souvent si l'on finirait par voir le jeu sortir un jour ou non. En effet, suite à son annonce, très peu de nouvelles et d'informations ont été données en suivant, cela jusqu'à son annonce en fanfare à l'E3 2015. A croire que l'on était en plein rêve : le titre est sorti dans la même semaine que FFXV ! Bref, le dernier bébé de Fumito Ueda est enfin disponible, mais l'attente aura-t-elle valu la peine ?

Avant de parler du jeu, revenons en sur son créateur. Fumito Ueda n'a pas forcément un grand panel de titres à son actif, trois seulement pour être précis, mais tous ont été acclamé grandement par la presse et les joueurs. Le premier est Ico, sorti en 2001 sur PS2, qui nous conte globalement l'histoire d'un jeune garçon prisonnier d'un gigantesque donjon et cherchant à s'échapper avec une autre jeune fille. Quelques années plus tard sortait sur la même console Shadow of the Colossus, où l'on contrôlait cette fois-ci un homme partant défier 16 colosses dans l'espoir de sauver une princesse. Tout deux furent acclamés grâce à la large dimension poétique de leur univers unique, et d'une aventure mémorable que l'on ne retrouvait nulle part ailleurs. Rarement nous avons pu ressentir des phases si épiques que lorsque l'on chevauche un colosse en cherchant son point faible, le tout agrémenté d'une musique augmentant fortement l'ambiance. Deux titres majestueux donc, et qui auront fait rêver de nombreux joueurs à l'idée d'un nouveau soft du même créateur, surtout du fait que Ueda a toujours parlé d'une trilogie. Jusqu'à l'arrivée de The Last Guardian...



Un Ueda au sommet de son art

Encore une fois, nous revoici plongé ici dans un univers similaire à Ico et SOTC et où l'histoire est bien floue. Vous vous réveillez dans la peau d'un enfant au beau milieu d'une grotte. Pourquoi est-il ici ? Il ne le sait pas, et vous non plus. Pourquoi a-t-il le corps couvert de tatouages ? Une nouvelle question sans réponse. Mais surtout, qu'elle est donc cette bête attachée à vos côtés et qui semble bien dangereuse ? C'est Trico. Véritable chimère entre un aigle, une souris, un chien et on ne sait quoi, Trico a l'allure d'un griffon mais retouché par le talent graphique de son créateur. Mais pourquoi cette situation générale ? Cela, il vous faudra bien du temps avant de le découvrir... Car comme dans ses autres jeux, le réalisateur laisse le joueur découvrir petit à petit l'histoire du héros et crée un univers qui s'ouvre peu à peu au joueur au fil de l'aventure. En attendant de découvrir ce qui vous a amené ici, vous allez devoir tenter de fuir ce gigantesque donjon, architecture majestueuse composée de grandes tours blanches reliées par de multiples ponts. Malheureusement, votre petite taille et votre faible force seront rapidement une contrainte et il ne vous restera plus qu'une seule chose à tenter : libérer la bête, et tenter de l'apprivoiser. Seulement cela ne sera pas une mince affaire, surtout que d'étranges armures dotées de vie semblent vouloir vous capturer, que le lieu est parsemé d'embûches en tout genre notamment avec de nombreuses énigmes, et qu'il semblerait que vous ne soyez pas si seuls que ça dans ces lieux...



De la poésie à toutes les saveurs

Ce n'est absolument pas nouveau, mais nous parlons souvent de jeux poétiques depuis plusieurs années : ce genre de titres qui nous transportent, qui mêlent avec brio le fond et la forme de manière à nous laisser des souvenirs impérissables de nos parties. Bien évidemment, les titres de Ueda en font partie ayant même inspirés tout une vague de créateurs par la suite, et sans surprise The Last Guardian entre clairement dans cette catégorie lui aussi. Premièrement, on remarque ce qui fait la patte d'Ueda : un jeu sans aucune interface à l'écran, aucun temps de chargement, tout est minimaliste dans le système au point de nous faire oublier que l'on joue à un jeu vidéo. Même les cinématiques se fondent dans les séquences de jeu, ce qui rend le tout encore plus cinématographique.
L'univers du jeu est lui aussi très similaire à Ico et SOTC : on retrouve une architecture impressionnante par son gigantisme et dont on se demande comment elle a pu être construite, une nature très présente avec du végétal qui arrive à garder une forte présente parmi les diverses constructions, et bien sûr des motifs en tout genre qui donne un véritable cachet à l'univers. On retrouve aussi l'utilisation de la lumière avec des couleurs très saturées offrant un très bel effet, notamment quand votre personnage passe de l'intérieur à l'extérieur. Les graphismes sont d'ailleurs dans la même veine que les précédents titres, en étant bien sûr plus beaux grâce à la console, et encore plus si vous jouez sur PS4 Pro.
L'ambiance sonore de The Last Guardian participe fortement à la qualité du titre, et ce même si les musiques ne sont pas si nombreuses et présentes. En effet, celles-ci sont placées scrupuleusement dans le jeu de manière à appuyer certaines scènes : ainsi, les musiques accentuent grandement les phases où votre héros est en danger, mais aussi les phases où vous accomplissez quelque chose de grandiose avec Trico. La scène du pont que l'on a pu voir plusieurs fois avant la sortie du jeu est certainement une des scènes les plus marquantes, et la vivre à travers la manette est d'autant plus merveilleux. Mais n'imaginez pas donc que le reste du temps l'absence de fond sonore ennuie, au contraire même puisque cela participe à l'immersion, où à l'instar du héros nous n'entendons que le bruit du vent venant s'écraser contre les parois des falaises, l'herbe qui se plie au gré de celui-ci, ou encore les pas de notre ami emplumé qui vous suit. Mention spéciale à la musique de la dernière phase du jeu (je n'en dis pas plus pour ne pas spoiler), qui donne un côté absolument épique que l'on a rarement vu dans un autre titre !



L'apogée d'un travail de longue haleine

Comme dit plus tôt, The Last Guardian est dans un certain sens le dernier volet d'une trilogie (même si les jeux n'ont concrètement aucun lien hormis les théories qu'ont pu faire les fans). Si vous avez fait Ico et SOTC, vous remarquerez très vite que TLG est un savant mélange entre ces deux titres : on retrouve l'idée d'une fuite d'un donjon, la dimension épique en plus avec votre ami Trico et sa taille gigantesque et ce qui vous attend au fil de votre progression. Votre aventure aussi est similaire à celle d'Ico et de Wanda (héros de SOTC) : vous ne pouvez réussir votre mission seul et votre ami sera votre plus précieux allié, mais aussi l'inverse ! Car si Trico vous permet de bondir d'une falaise à l'autre d'un simple saut, lui ne pourra pas activer les mécanismes du donjon. En terme de gameplay le jeu se veut très ingénieux : l'enfant ne peut pas se battre, est plutôt faible (tout objet est plutôt lourd pour lui, il ne peut pas manier d'arme quelconque et escalader un rocher ou sauter de haut lui sera forcément compliqué); cependant il arrivera petit à petit à dompter Trico de manière à lui donner des ordres à son avantage. Ainsi, Trico pourra escalader des décors trop hauts ou compliqués pour notre héros, écraser vos assaillants sans le moindre problème, ou encore cracher des lasers par la queue à certains moments du jeu. Mais l'un ne pouvant agir sans l'autre, vous devrez être également à son écoute et ainsi le nourrir par le biais de tonneaux, le rassurer après un affrontement, retirer les pieux du corps que lui lanceront vos ennemis et surtout détruire ces symboles en forme d'oeil qui semblent mystérieusement l'effrayer au plus haut point.


La parfaite symbiose entre l'homme et l'animal

La grande beauté du titre réside dans la relation qu'entretient l'enfant et Trico. Le jeu vous émouvra très certainement rapidement si vous avez déjà eu un animal de compagnie qui a grandi à vos côtés car vous reconnaîtrez cette relation. Pour le coup, l'IA de Trico est clairement impressionnante, et que ce soit dans ses gestes, ses mimiques ou ses petits gémissements, vous comprendrez directement ce qu'il cherche à vous dire. Le jeu est tellement immersif à ce stade là que vous vous sentirez forcément mal quand vous devrez abandonner votre ami en passant par un passage dont il ne peut accéder ou bien encore lorsqu'il se fera attaquer par vos assaillants. En revanche, vous n'aurez qu'une envie de le câliner quand celui-ci vous sauvera la vie d'une chute ou bien quand il sera énervé après vous avoir défendu. Tout passe dans son regard justement, et ses yeux changent de couleur en fonction de son tempérament : jaune lorsqu'il apercevra la nourriture que vous allez lui offrir, vert lorsqu'il est curieux, et rose quand il est énervé ou apeuré.
Forcément, à l'instar du garçon, plus vous avancez dans le titre et plus vous vous attachez à Trico, et c'est là où The Last Guardian devient un jeu particulièrement émouvant tant chaque situation envers l'animal vous affectera jusqu'au grand final, mais je n'en dirai pas plus...



La perfection n'existe pas

Et oui, il faut bien se rendre à l'évidence et avouer que malheureusement - et ce malgré son long développement - The Last Guardian n'est pas parfait. Cependant ses défauts sont sujet à débat, et si certains joueurs les pointeront fièrement du doigt, d'autres en verront là une certaine manière de rendre le jeu d'autant plus immersif. Explications.
Lors de votre partie, vous vous retrouverez parfois dans des situations plutôt frustrantes. Lorsque vous donnerez des ordres à Trico, celui-ci mettra parfois de (trop) longs moments à agir comme vous le souhaitez, ce qui vous donnera à réfléchir si votre idée est la bonne. Malheureusement, il vous arrivera de trouver la clé à l'énigme directement mais le comportement de Trico vous perturbera et vous fera tourner en rond inutilement. Dans un certain sens, on peut donc reprocher au jeu de ne pas vraiment récompenser le joueur et d'au contraire le tourner en bourrique ce qui en énervera certains. Pour le coup, je vous donne un avis objectif en ayant lu des avis de joueurs ici et là, car pour ma part, je n'ai quasiment jamais ressenti ce sentiment (peut être est-ce du à la chance ?). Ce genre de défaut peut être excusé dans une certaine mesure où l'on peut se dire que ça renforce l'idée que Trico est avant tout sauvage et que l'on ne peut pas le commander à 100%. Comme dit précédemment, sujet à débattre, à vous de faire votre propre opinion.
Là où par contre c'est assez gênant, c'est au niveau de la caméra qui a vite tendance à s'emballer, surtout lorsque vous grimpez sur votre cher ami. Personnellement cela m'a gêné plusieurs fois et il faut bien noter que cela est souvent grisant à certains moments du jeu. Sans être gravissime non plus, on aurait pu cependant attendre un travail davantage méticuleux sur ce détail qui n'est pas des moindres.



Graphismes :
Si certains diront que la technique est dépassée, la majorité sera d'accord pour dire que le jeu est juste magnifique. Le style graphique est propre et fidèle à son créateur et rare est le plaisir de pouvoir évoluer dans un univers peint de la sorte.

Durée de vie :
Comptez aux alentours de 15 heures pour finir le titre, ce qui est tout à fait convenable tant l'aventure ne perd jamais en rythme et au contraire va crescendo jusqu'au final plus que grandiose.

Jouabilité :
Le titre est assez complexe au final au niveau de sa prise en main mais l'on s'y habitue vite. Ni trop simple, ni trop compliqué, le jeu devrait convenir à tout type de joueurs. On reprochera cependant cette caméra un peu folle et l'ascension de Trico parfois hasardeuse.

Bande-son :
Bien que discrète, la musique du jeu est toujours insérée aux bons moments de manière à rendre l'oeuvre encore plus poignante. Notons que le moindre bruitage accentue également l'immersion du titre, pour notre plus grand bonheur.

Scénario :
Encore une fois nous avons droit à une très belle histoire digne d'un conte et qui se dévoile au joueur petit à petit. Les mystères sont assez nombreux pour nous faire poser de multiples questions jusqu'à la fin de l'aventure, où l'on finit la bouche et les yeux grands ouverts.

Conclusion :
Au final, The Last Guardian est une oeuvre à part entière, belle du début à la fin avec son lot de passages qui vous marqueront à vie. On se croit au cinéma avec des séquences épiques au point de nous donner des frissons, et d'autres tristes au point de vous donner la larme à l'oeil. Melting-pot de qualités des deux premiers titres de Fumito Ueda, The Last Guardian a tout pour séduire le public de la première heure du créateur tout comme les nouveaux joueurs. Bref, pour ma part certainement un voire le jeu le plus beau auquel j'ai pu joué de ma vie (et j'en ai fait des titres...), au point de me donner les larmes aux yeux à la fin pour la première fois devant un jeu. Comment vous dire de ne pas vous jeter dessus ?

PS : Et j'en profite pour faire un peu de publicité aux éditions Third qui publieront en mars 2017 un livre sur tout le travail de Fumito Ueda, un ouvrage qui s'annonce déjà fort intéressant !

Chroniqueur: Kiraa7


Note de la rédaction








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