YAMAZAKI Mari - Actualité manga

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YAMAZAKI Mari

Scénariste Dessinateur Auteur  ヤマザキマリ
Manga news - YAMAZAKI Mari

Mari Yamazaki est née en 1967 à Tokyo de parents musiciens professionnels. Dès l’âge de 14 ans, poussée par sa mère qui aime lui répéter que «le monde, ce n’est pas seulement le Japon», elle entreprend seule un voyage en Europe.
C’est à cette occasion que l’adolescente visite la France, l’Allemagne et qu’elle croise la route d’un vieil homme italien sur le quai d’une gare, rencontre déterminante puisqu’elle épousera bien des années plus tard le petit-fils de cet ancien potier avec lequel elle est restée en contact.


En 1984, après le lycée, Mari, alors âgée de 17 ans, décide d’étudier le dessin. Elle songe d’abord à intégrer une école en France mais le vieil homme italien la persuadera d’intégrer les Beaux-Arts de Florence. En Italie, Mari Yamazaki vit des années difficiles.
Amoureuse d’un poète qui comme elle manque cruellement d’argent, elle connaît les coupures d’électricité et travaille dur pour rembourser ses dettes et assurer le quotidien. Elle multiplie les petits boulots, restaure des œuvres, réalise des portraits de rue, joue les guides touristiques (elle organise notamment une rencontre entre une chorale japonaise et le Pape !), et monte sa propre boutique de souvenirs. Ces années de pauvreté et de dur labeur seront néanmoins formatrices et lui donneront la force de se forger un avenir meilleur.


Devenue mère d’un petit garçon et lasse de cette vie de galères, Mari Yamazaki quitte l’Italie et retourne au Japon. Débrouillarde et passionnée par les arts et les cultures, elle devient journaliste pour la télévision, lectrice dans une université avant de se tourner vers le manga, qui lui permet, bien plus que la peinture classique, de subvenir aux besoins de sa famille.
En 1995, Mari remporte un concours de jeunes talents organisé par une maison d’édition japonaise. C’est ainsi que débute sa carrière de dessinatrice.
Auteure de plusieurs séries, ses thèmes de prédilection sont l’Italie et sa belle- famille, le Japon de l’ère Shôwa (1926-1989), les voyages, l’histoire, les arts et les cultures... Parmi ses mangas, citons Moretsu! Italia Kazoku, Italia Kazoku: Furin Kazan, Pil, Ryoko-san no Iu Koto ni wa, Sekai no Hate demo Manga Kaki, Sore dewa Sassoku Buonappetito!, Sweet Home Chicago, ou bien encore Yumeijin. Thermæ Romæ est en 2009 la série de la consécration, un succès inattendu et hors du commun.

Mari n’a cependant jamais cessé de voyager!
Comme elle combine le dessin à la main et sur ordinateur, elle travaille à distance avec son éditeur et ses assistants japonais. Elle a vécu en Italie, au Moyen-Orient, au Portugal et est aujourd’hui installée à Chicago, avec son fils et son second mari, le petit-fils du vieil
homme italien.

Tandis que Thermae Romae était lancé en grandes pompes au Salon du Livre, les éditions Casterman en profitaient pour inviter son auteure, Mari Yamazaki, que nous avons eu la chance de rencontrer. Avant de débuter le compte-rendu de notre interview, nous vous proposons de découvrir le parcours atypique de cette grande dame. Jugez vous-mêmes.

Mari Yamazaki est née en 1967 à Tokyo de parents musiciens très ouverts, si bien qu'à seulement 14 ans, sa mère l'envoie visiter d'autres horizons que le Japon à grands coups de pied au derrière. Ainsi, elle voyage seule en Europe, visite la France, l'Allemagne, rendant visite aux amis musiciens de sa mère. Alors qu’elle se dirige vers Lille, elle rencontre à la gare de Bruxelles un potier italien avec lequel elle garde contact, et dont elle épousera le petit-fils des années plus tard.
En 1984, alors qu’elle a 17 ans et vient de finir le lycée, le potier l’invite à venir en Italie, une opportunité pour elle qui souhaitait se lancer dans le dessin. Elle étudie donc aux Beaux-Arts de Florence, pendant des années parfois difficiles où elle entretient une relation avec un poète sans le sou et doit travailler dur pour rembourser dette et factures d'électricité. Ainsi, elle multiplie les petits boulots, restaure des œuvres, réalise des portraits de rue, joue les guides touristiques (elle organise notamment une rencontre entre un chorale japonaise et le Pape !)... Elle considérera plus tard ces années comme très formatrices.
Après dix années en Italie, elle est devenue mère d'un petit garçon, est un peu lasse, retourne au Japon où elle devient journaliste pour la télévision, lectrice dans une université, puis se tourne vers le manga. Elle participe au concours de mangaka débutants d’une maison d’édition dans le but de remporter une somme d’argent, elle est sélectionnée et c’est comme ça qu’elle fera ses débuts dans le monde du manga.
Elle s’installe à Lisbonne en 2003 après avoir résidé au Japon, au Moyen-Orient ainsi qu’en Italie. A partir de janvier 2008, elle publie dans le magazine mensuel Comic Beam (Enterbrain) la série Thermae Romae. Le premier tome sort en novembre 2009 et connaît un succès immédiat. En mars 2010, Thermae Romae est lauréat du grand prix du manga et reçoit en avril le 14e prix de la culture Osamu Tezuka.
Elle réside actuellement à Chicago avec son fils et son mari, l’Italien rencontré à Bruxelles.

 
  
Manga-News: Mari Yamazaki, bonjour et merci d'avoir accepté cet entretien.
Mari Yamazaki: Merci à vous.


Comment a germé en vous l’idée de Thermae Romae, où se mélangent voyages dans le temps, parallèle entre différentes cultures, et votre amour des bains ?
Il y a eu beaucoup d'éléments qui m'ont donné l'idée de ce manga. 
Tout d'abord, il ne faut pas le prendre comme un manga de science-fiction : il s'agit moins de parler de voyages dans le temps que d'évoquer les points communs qu'il peut y avoir entre les cultures japonaises contemporaines et la Rome Antique. Pour ce comparatif, j'ai ensuite eu l'idée de prendre le thème des bains, car moi-même, j'adore ça. L'idée des voyages temporels n'est là que pour permettre plus facilement de faire ce comparatif. Il s'agit d'un artifice me permettant à moi, ayant un intérêt pour la culture japonaise contemporaine et pour la Rome Antique,  de relier ces deux thèmes.
En outre, mon objectif est de faire découvrir, toutes proportions gardées, la culture romaine des bains, tout autant que la japonaise.


Comment est né votre héros, Lucius Modestus, homme caractère assez orgueilleux et opportuniste ?
A l'origine, je voulais que mon héros soit un employé de bureau japonais, un salaryman, version Rome Antique : il délaisse sa femme, sa famille, pour se concentrer uniquement sur son travail .


Pourquoi le nom de Lucius Modestus ? Modestus, est-ce un clin d’œil ironique à son orgueil ?
Pour ce qui est du prénom, Lucius, j'ai été inspirée par la série télévisée Rome, que j'adore, et dont l'un des principaux personnages se nomme Lucius Borenus.
En ce qui concerne son nom de famille, Modestus, il connote effectivement son côté un peu orgueilleux, mais également son aspect sérieux, mesuré. Il s'agit de l'une des définitions latines du mot.


Dans votre série, en plus du sujet des bains, on sent une certaine peinture historique, par exemple avec Hadrien, son amour tragique avec Antinoos, son envie de consolider l’intérieur du pays plutôt que d’étendre les frontières. Est-ce un aspect que vous continuerez de développer au-delà des 2 premiers tomes ?
Le quatrième volume vient de sortir au Japon, et on en est à un point de l'histoire qui ne me permet pas de continuer à développer cela. Mais je vais pouvoir reprendre ça dans le volume 5.
Hormis ceci, j'ai effectivement un grand attachement pour la figure d'Hadrien, et je souhaite donc que mon récit, parallèlement aux aventures de Lucius, suive le règne de cet Empereur jusqu'à son terme.


Quelle documentation utilisez-vous pour vos références historiques ?
Je me documente énormément, bien sûr. Je me réfère à des ouvrages japonais, mais ce n'est pas suffisant, la Rome Antique n'étant pas le sujet le plus courant là-bas. Je me procure donc également beaucoup de livres anglais, parfois français.


Des titres en particulier ?
Les ouvrages d'Edward Gibbon restent pour moi une référence. Sinon, les Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar, un livre que j'ai lu il y a très longtemps et que j'aime toujours autant, et qui est également l'une des origines de mon envie de placer Thermae Romae à l'époque d'Hadrien.
 
 


Votre coup de crayon est très imprégné de culture occidentale. Lucius, par exemple, possède un vrai physique de sculpture romaine...
C'est vrai (rires). L'objectif était de rendre en manga  l'esthétique romaine. En film ça n'aurait pas été possible, d'ailleurs ça ne l'a pas été, mais en manga c'était tout à fait faisable.


Avez-vous participé à l’adaptation animée de votre manga ? Que pensez-vous du résultat ?
Je n'ai absolument pas participé à l'adaptation animée. On me montre les épisodes quand ils sortent, mais je laisse faire le studio.
La principale différence avec l'animation japonaise habituelle, c'est que les épisodes sont faits en flash. IL y a un sens de l'humour très subtil, également très japonais, et c'est quelque chose que j'apprécie beaucoup.


Votre manga contient lui-même beaucoup d'humour.
Effectivement, mais il y a certaines situations comiques qui sont plus faciles à expliciter en dessin animé. En tout cas, le résultat de l'adaptation animée m'a beaucoup plu.


On sait désormais que la fin de Thermae Romae arrivera au tome 6. Est-ce une volonté de vous arrêter en pleine gloire, ou avant de ne plus avoir d’idées ?
En réalité, dès le début du manga, nous nous sommes dit, avec mon éditeur, que ce n'était pas un manga fait pour s'éterniser.
Bien sûr, c'est une chose que je regrette un peu, car ça ne m'aurait pas déplu de continuer à dessiner les aventures de Lucius, mais le plus important, c'est qu'en s'arrêtant au volume 6, mon manga prendra normalement fin à un moment où les lecteurs aimeront encore Lucius.

 


Du coup, avez-vous déjà en tête un autre projet ?
Oui, mais je ne peux pas trop vous en dire. Tout ce que je peux dire, c'est que ça parlera encore de Rome, et qu'il n'y aura pas de voyages dans le temps, ni dans l'espace jusqu'au Japon.


A votre avis, quelles sont les plus grandes vertus d'un bon bain ?
Un bon bain, c'est avant tout un bain qu'on ne prend pas seul, mais avec beaucoup de gens, dans un espace plus vaste. C'est quelque chose de convivial, où l'on est tous dans le plus simple appareil, et où il faut beaucoup de personnes âgées. Dans cette configuration, les différences de statut social, de travail... disparaissent, car dans la nudité, nous sommes tous pareils, et c'est quelque chose que je trouve formidable. C'est comme si, en étant nus, tous les critères disparaissaient, de même que la violence que l'on a en nous, les bains étant des espaces paisibles.


Des sources d'eau boueuse aux Îles Eoliennes, des bains japonais, des bains chez soi, des hammams, des spa européens... Vous avez expérimenté beaucoup de sortes de bain. Quelle est l'expérience qui vous a laissé le plus fort souvenir ?
Je garde une préférence pour les bains japonais, mais mon plus fort souvenir reste sûrement à Alep, en Syrie, dans un hammam très très ancien, qui me donnait l'impression d'être dans la Rome Antique.


Remerciements à Mari Yamazaki, au traducteur Vladimir Labaere, aux éditions Casterman, et au Salon du Livre.




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Enigma

D'où vient cette réplique ?
Aruitemo, aruitemo. Je continue à avancer, sans cesser de marcher. Jamais.
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