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NEMIRI Nicolas

Scénariste Dessinateur Auteur  
Manga news - NEMIRI Nicolas

Nicolas Nemiri est né le 3 janvier 1975 à Mulhouse. Enfant, il est déjà un grand amateur de lectures en tout genre, mais surtout de bande dessinée. Il est d'une nature curieuse et passionnée, et son parcours scolaire est celui d'un élève studieux, assoiffé de découverte. En bande dessinée, ses préférences vont à Moebius, Giraud, Pratt et Franquin. Après le Bac, il suit les cours des Beaux Arts d'Angoulême pendant trois ans. Il retient surtout de ces années, sa rencontre avec Dominique Bertail et Marc Rigoux, des amis qui le suivent toujours aujourd'hui. Nicolas Nemiri a 20 ans, son diplôme en poche, et envie de goûter à autre chose. Il arrête donc de dessiner pendant deux ans et vit de petits boulots. Il realise bien quelques illustrations pour des magazines de mode japonaise mais ne s'investit pas dans une carrière de dessinateur. Inquiète de cette échappée, sa maman envoie en 1998 ses dessins aux Éditions Glénat. Jean David Morvan les découvre et adresse une lettre à leur auteur (lettre que Nicolas possède encore aujourd'hui) pour lui proposer de travailler avec lui. Nicolas est enthousiaste mais refuse néanmoins de dessiner Reality show, qui ne l'inspire pas, pour finalement choisir un triptyque Je suis morte, dont le premier tome est paru chez Glénat. À cette même époque, Jean David a déjà le projet de Hyper l'hippo qui prend naissance quelques années tard aux Éditions Delcourt. Il s'agit de sa première oeuvre jeunesse.
Nicolas Nemiri est un grand amateur de manga et de japanimation (Samouraï Shamploo, Mind Games). Il a surtout été marqué par le travail d'Otomo mais apprécie également la lecture de Tajima (MPD Psycho, Pika), Umezu (L'École emporté, Glénat), de Samura (L'habitant de l'infini, Sakka) et de la série Coq de combat (Delcourt/Akata). Il déclare lire aujourd'hui plus de manga que de bande dessinée franco-belge. Nicolas se dit même un peu otaku.
Il prépare un nouveau projet avec Jean David Morvan au scénario mais a aussi bien l'intention de se lancer dans la réalisation complète d'une oeuvre lorsqu'il aura acquis un peu plus d'aisance. En attendant, il dessine le deuxième tome de Je suis morte.

Après Tony Sandoval et Patrick Morin, Nicolas Nemiri est le troisième est dernier auteur que nous avons rencontré à l'occasion de la sortie du deuxième opus d'Interfaces. Portrait d'un dessinateur passionné par le Japon!
 

       
   
Manga-news: Comment êtes-vous devenu mangaka?
Nicolas Nemiri: J'ai suivi un cursus en arts appliqués puis fait mes études supérieures à l'école nationale de la bande dessinée d'Angoulême. A l'issue de mes études, je me suis désintéressé de la BD pendant deux ans. Je suis alors parti au Japon, où j'ai réalisé des dessins de mode pour des magazines underground.
En fait, mon travail consistait à faire des illustrations de défilés.
 
 
Comment êtes-vous revenu à la BD?
C'est sous l'impulsion de Jean David Morvan (scénariste de BD, ndlr), que je me suis mis à faire de la bande dessinée. Nous avons réalisé plusieurs projets ensemble, comme Annie Zoo et Hyper l'hippo.
  
 
   
     
On a pu lire que vous aviez un côté Otaku. Comment se traduit ce côté chez vous?
En fait, je me considère comme Otaku pour ce qui concerne le milieu de underground. J'aime les gens qui ont leur propre langage...
En tant que consommateur de mangas, bandes dessinées et comics, j'apprécie beaucoup les titres un peu déviants et décalés. Après, je ne suis pas un collectionneur de mangas et de figurines: la plupart du temps, je donne les titres après les avoir lus...
 
 
Il n'y a pas un manga que vous avez particulièrement aimé et que vous souhaitez garder?
En général, quand j'aime vraiment une œuvre, j'ai envie de la partager! Néanmoins, je garde la plupart des séries de Katsuhiro Otomo, qui m'ont été offertes, et aussi les séries de Moebius, un auteur que j'apprécie beaucoup.
 
 
Plus généralement, qu'est-ce qui vous plaît dans le manga?
Pour moi, le manga est plus qu'un moyen de s'évader, c'est un bon exutoire social, surtout au Japon.
 
 
Vous avez été publié au Japon... Pouvez-vous nous en dire plus à ce sujet?
Mon premier projet professionnel au Japon consistait à la réalisation d'une histoire de 20 pages, avec un sujet libre, pour un magazine japonais qui s'appelait Mandala. Sous l'impulsion de l'éditeur, plusieurs étrangers ont d'ailleurs participé à ce projet. J'ai donc réalisé pour ce magazine une histoire qui mettait en scène deux femmes assez étranges en train de se bagarrer. Il n'y avait pas de dialogues.
Mon deuxième projet fut une œuvre un peu érotique. Mon troisième projet fut un travail de commande.
Au final, c'est mon deuxième récit qui a eu le plus de succès. J'ai le projet de réécrire l'histoire, afin qu'elle soit plus longue. Avec l'éditeur, nous aimerions soit publiée en volume relié. Elle devrait compter un tome. J'ai également un projet de publication d'une série dans le Morning 2 de l'éditeur Kodansha.
 
 
Avez-vous des projets en France actuellement?
J'ai un album en cours de finalisation chez Glénat, qui doit sortir pour le troisième trimestre 2010: il s'agit du troisième et dernier tome de Je suis morte (voir les deux premiers volumes ci-dessous, ndlr).
  

  
   
Quelles sont selon toi les différences entre un éditeur français et un éditeur japonais?
Je trouve que les éditeurs français ne s'occupent pas assez de leurs auteurs et ne suivent pas vraiment ce qu'ils produisent... On finit par penser que certains pourraient tout aussi vendre des tapis sans y voir de différence... Je trouve dommage qu'un tel cycle «industriel» s'impose de nos jours en France...
 
  
Pourtant, c'est un peu la même chose au Japon...
Oui, mais au Japon les éditeurs s'occupent de leurs auteurs: une BD est dans ce pays le fruit d'un vrai travail d'équipe.
 
 
Comment êtes-vous arrivé à participer au projet Interfaces?
Au départ, c'est l'artiste chinois Benjamin qui m'avait contacté pour réaliser un projet similaire. J'ai rencontré Benjamin à Paris et nous sommes depuis devenus amis. Lorsque les éditions Paquet furent intéressées par ce concept, c'est naturellement qu'elles m'ont sollicité pour le projet. Vous connaissez la suite!
  
 
  
  
Quels termes utiliseriez-vous pour décrire votre univers graphique?
Je ne me considère pas comme un dessinateur réaliste. Par exemple je n'aime pas trop dessiner des objets du quotidien. J'appartiens plus à un style onirique.
 
Ci-dessous, la dédicace de Nicolas à l'occasion de notre rencontre:
    

    
   
Dernière question... Vous naviguez entre la France et le Japon... Qu'est-ce que vous aimez et détestez chez ces deux pays?
Pour les deux pays, j'apprécie la gastronomie.
Chez les japonais, j'aime la manière dont ils voient le monde et comment ils considèrent l'imaginaire... même lorsqu'ils sont adultes, les japonais ont encore tendance à croire aux légendes et au folklore. A l'inverse, j'apprécie peu la pression sociale qui s'exerce en permanence sur une grande majorité de la population.
En France, j'aime beaucoup l'esprit critique, qui existe peu au Japon. Mais je trouve que notre pays est un peu trop "fliqué".
 
 
Nicolas Nemiri, merci beaucoup pour cet entretien!
Merci!
  
 
Remerciements à Nicolas Nemiri et aux éditions Paquet.
 
En guise de conclusion, découvrez en la dédicace réalisée par Nicolas Nemiri à l'occasion de l'entretien:
  




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Enigma

D'où vient cette réplique ?
A 27 ans, elle ne trouvera personne d'autre !
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